Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Vauchez, Albert Georges

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Notice rédigée par : Jean-Michel Martin

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 11 septembre 1857

à Montmartre (Seine), aujourd'hui Paris 18e ()

Décès

le 11 novembre 1900

()

Inhumé à : Luçon

Notice biographique

Notice biographique

Albert Georges VAUCHEZ (1857-1900).

 

Premier Directeur-fermier de l'Ecole pratique d'agriculture et de laiterie de Pétré "Fondation Albert Laval", Sainte-Gemme-la-Plaine de 1887 à 1900.

 

Albert Georges Vauchez naît le 11 septembre 1857 à Montmartre (bientôt 18e arrondissement de Paris), d’un père et d’une mère d’origine franc-comtois. Il est le neveu d'Emmanuel Vauchez, de la Ligue française de l’enseignement. À 16 ans, il habite Bruxelles et entre, le 20 octobre 1873, à l’institut agricole de l’État à Gembloux, la plus ancienne institution belge d’enseignement et de recherche. Consacrée exclusivement à l’agronomie et à l’ingénierie biologique, elle a été créée en 1860 et elle est située dans la partie francophone du pays, entre Namur et Bruxelles. Il en sort avec le diplôme d’ingénieur agricole en 1876, puis obtient celui décerné par l’Institut national agronomique vers 1880.

 

Il rejoint le département de la Vendée en qualité de professeur départemental de l’agriculture, dépendant du préfet et du ministère de l’Agriculture. Son rôle est de promouvoir auprès des agriculteurs des méthodes modernes d’agriculture, la lutte contre les maladies et l’application des nouvelles techniques. Dans les communes du sud de la Vendée, il va entamer une série de conférences, rencontrer les agriculteurs chez eux pour leur apporter son aide et son savoir et assurer avec eux le développement de l’agriculture par les champs de démonstration.

 

Aussitôt le vote de la loi du 21 mars 1884 instituant les syndicats en agriculture, Albert Vauchez crée le « syndicat agricole départemental », la même année que le « syndicat des agriculteurs de la Vendée », mais d’approche politique différente. Tous deux vont développer chacun de leur côté l’instruction professionnelle agricole, la mise en place des caisses rurales et du crédit agricole, les achats groupés des produits nécessaires à l’agriculture. De ces groupements d’achats naîtront les coopératives d’approvisionnement. Les instruments agricoles seront diffusés par ces réseaux. Le professeur d’agriculture bénéficiera de l’appuie de la presse locale dans son entreprise. Dans l’édition de L’Avenir et l’Indicateur de la Vendée du 3 mai 1885, il fait savoir qu’une conférence est prévue dans la commune de L'Hermenault à midi, le 10 mai, et une autre l’après-midi du même jour, à Maillezais, fixée à 4 heures. Bien que très jeune, il n’a pas encore 30 ans, il acquiert dans le monde rural une notoriété digne d’un grand notable. La municipalité de Fontenay-le-Comte l’aide dans sa démarche, mettant à disposition régulièrement une salle, informant les agriculteurs de ses conférences et les incitant à y participer.

 

La Vendée, comme ses départements voisins, est violemment frappée par le phylloxera qui y détruit en grande partie le vignoble. C’est la désolation chez les agriculteurs, mais Albert Vauchez étudie le problème et constate que les plans qu’il a fait venir d’Amérique résistent à la maladie. Une pépinière de plans américains est installée à Fontenay-le-Comte sous sa direction pour développer des boutures en grand nombre en vue de replanter les zones dévastées, comme en rend compte le journal, le 10 février 1886.

 

Une école de greffage voit le jour en 1887, à Fontenay-le-Comte, en lieu et place de la pépinière américaine, et le professeur déclare dans l’édition de La Vendée républicaine du 3 mars " qu’il importe de soustraire la culture à la routine, celle de la vigne non moins que celle du blé ; car pour être rémunératrice et prospère, la culture doit devenir une science dont tous les procédés doivent être raisonnés. Il faut tendre à améliorer à la fois le rendement et la qualité du produit, et à les porter au maximum. Mais pour connaître ces procédés, il faut les apprendre et, en attendant que la libre circulation des plants soit autorisée dans tout le département et qu’une école de greffage puisse être créée dans chaque arrondissement, les propriétaires et les fermiers sont invités à envoyer pendant quelques jeudis un de leurs ouvriers ou de leurs fils, afin de suivre l’enseignement spécial qui va y être donné au sujet de la culture de la vigne. Ces cours gratuits, théoriques et pratiques ont pour but de permettre aux propriétaires de reconstituer leur vignoble à l’aide des plants américains. Les réunions seront publiques, précise M. Vauchez, et les élèves réguliers recevront à la fin de la formation, après examen, un diplôme d’ouvrier greffeur ".

 

Régulièrement, le journal rend compte des conférences et publie des articles d’A. Vauchez à destination des agriculteurs et vignerons, dont les sujets sont inlassablement la vigne, le phylloxéra, le mildiou, les céréales et les engrais assortis des méthodes de culture et de traitement.

 

Le 30 septembre 1887, la décision de créer une école d’agriculture à Pétré est prise par Jules Viette, ministre de l’Agriculture. Après avis favorable prononcé par le préfet de la Vendée, le 18 octobre, le décret d’application du 16 décembre paraît au Journal officiel le 20 décembre. Un arrêté du ministre de l’Agriculture en date du 16 décembre 1887 crée à Sainte-Gemme-la-Plaine une école pratique d’agriculture et de laiterie, sur le domaine de Pétré appartenant à la ville de Fontenay-le-Comte à laquelle Laure Laval, née Tessier, l’a légué pour cet objet. Le 30 décembre 1887, Georges-Albert Vauchez, " ingénieur agronome, conseiller agricole départemental, conférencier, spécialiste de la vigne et des maladies, phylloxéra, mildiou " est nommé par le ministre directeur-fermier de cette « fondation Albert Laval ». Il signe aussitôt avec la ville de Fontenay-le-Comte un bail de 18 ans renouvelable. Il est aussi directeur de l’école de greffage et de la pépinière américaine de Fontenay, qui a produit cette année-là 180 000 boutures, ainsi que du laboratoire départemental transféré de La Roche-sur-Yon à Pétré, tout en continuant à dispenser ses conférences agricoles et à apporter son aide aux agriculteurs.

 

Au début de 1888, Vauchez, âgé de 30 ans, est nommé officier dans l’ordre des Palmes académiques. En septembre 1888, il accueille une première promotion de 14 élèves, pour une durée de deux années. Les candidats devaient avoir un bon niveau d’instruction primaire et satisfaire à un examen d’entrée. Le 1er mai 1889, c’est l’ouverture officielle de l’école et le journal local en fait l’éloge. Le domaine de 75 hectares en comprend 23 en terre labourable, situés en plaine, et 52 en prairie, situés dans le marais. La ferme construite peut recevoir 60 pièces de gros bétail dans la vacherie, 9 chevaux dans l’écurie, 100 moutons dans la bergerie et 48 porcs à la porcherie. L’établissement possède une laiterie à vapeur, avec centrifugeuse permettant la fabrication du beurre fin. Les élèves pourront être internes, externes ou demi-pensionnaires. Les cours dispensés sont le français, l’orthographe et style, l’arithmétique et le système métrique, l’histoire et la géographie de la France. Les candidats doivent avoir 13 ans au moins et 19 au plus, et chaque élève doit pourvoir à ses frais à son habillement, pour lequel toute liberté est laissée aux familles. Les efforts sont récompensés, l’école est lauréate du Concours général agricole de Paris en 1891, dans la 4e catégorie (fromages divers non compris dans les autres catégories) et se voit décerner la médaille d’argent (à noter que la médaille d’or n’a pas été décernée pour cette catégorie.) L’école est de bonne renommée et reçoit la visite su sénateur Auguste Dide, personnage influent. Elle sera inaugurée officiellement le 7 août 1892.

 

Les promotions de 1888, 1889, 1890 et 1891 décident de créer un " mouvement " qui permette aux anciens élèves de se regrouper, de garder des contacts entre eux, de se revoir. Les quarante-six premiers anciens élèves décident fin 1893 de créer une Amicale. Les statuts composés de trente-huit articles sont déposés à la Préfecture de La Roche-sur-Yon le 15 novembre 1894 pour validation de l’association qui prend le nom de : " Amicale des anciens élèves de l’École d’agriculture pratique " Albert Laval " de Pétré prés Luçon ".

 

Sa santé fragile oblige Albert Vauchez, en juin 1894, à céder la direction des laboratoires d’analyses à Marchal, qui après concours a été nommé directeur de la station agronomique de l’État par arrêté du ministre de l’Agriculture. Le ministre de l’Agriculture adresse une lettre le 19 août une lettre à Vauchez : « Monsieur le Directeur, il ressort d’un rapport que m’adresse Mr Prillieux, inspecteur général de l’enseignement agricole, que, grâce à votre excellente direction et au concours dévoué que vous prête le personnel de votre établissement, l’école pratique d’agriculture de Pétré devient de jour en jour d’avantage, tant au point de vue du domaine que de la marche de l’enseignement technique, un de nos meilleurs établissements d’instruction agricole. J’ai l’honneur de vous informer que je suis très heureux de constater ces résultats et que je tiens à vous en féliciter en même temps qu’à exprimer ma satisfaction aux professeurs et aux chefs de pratique de votre école pour la manière dont ils s’acquittent de leurs fonctions ».

 

En janvier 1899, Albert Vauchez, chevalier du Mérite Agricole depuis le 16 juillet 1883, est promu officier pour avoir introduit dans la région de nombreux procédés de culture et contribué à la reconstruction des vignobles.

 

Le 11 novembre 1900, Albert Vauchez décède en pleine force de l’âge, Le Patriote de la Vendée écrit « il souffrait depuis quelques années déjà de la maladie qui vient de l’emporté à 43 ans, mais qui n’avait abattu ni son énergie ni son activité. Il est mort en pleine intelligence, en plein travail, et il laisse après lui d’unanimes regrets ». Marié à Paris, il n’aurait pas d’enfant.

 

Le journal L’avenir et l’indicateur de la Vendée écrit : " Républicain convaincu, d’un caractère très loyal et très droit, Mr Albert Vauchez s’était créé en Vendée de nombreuses et solides amitiés. Tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître conserveront le souvenir de cet homme de cœur et de ce sincère républicain ". Ses obsèques civiles ont eu lieu au cimetière de Luçon le 14 novembre 1900 [1] où une foule impressionnante l’accompagna à sa dernière demeure.

 

Le Patriote de la Vendée reproduit dans son journal du 9 Décembre 1900, un article, paru dans le journal du jura Le petit Comtois, en hommage à Albert Vauchez.

 

M. Lagarde, chevalier du Mérite agricole, à Pétré depuis 1889 comme professeur d'agriculture, zootechnie, génie rural, comptabilité, viticulture, économie et législation rurales, diplômé de l’institut nationale agronomique, assure les fonctions de directeur par intérim de l’école de novembre 1900 à juin 1901. En 1907, il sera nommé à l'école pratique d'agriculture de Berthonval (Pas-de Calais), et est remplacé à Pétré par M. Paimereau, professeur d'agriculture à l'école pratique de Crèancy (Aisne) [2].

  

Fait le 20 février 2016 par Jean-Michel MARTIN
Secrétaire Amicale des Anciennes & Anciens Élèves du L.E.G.T.A Luçon-Pétré

[1]
Archives départementales de la Vendée, E DEPOT 128 4 N 2, Etat des concessions du cimetière de Luçon  
[2]
Sources : Archives départementales de la Vendée, journaux de 1885 à 1900 « La Vendée républicaine », « Le Patriote de la Vendée » et « L’avenir et l’Indicateur de la Vendée ». Archives de l’Amicale des Anciens Élèves de l’école d’agriculture de Pétré.  

Vie civile

Autre activité ou profession

  • Métier de l'enseignement et de la recherche

    (Vendée, France)

    Ingénieur agronome, conseiller agricole départemental

  • Métier de l'enseignement et de la recherche

    Date de fin : juin 1894

    Lieu : Sainte-Gemme-la-Plaine (Vendée, France)

    Directeur du laboratoire départemental d'analyses installé à La Roche-sur-Yon puis à Sainte-Gemme-la-Plaine

  • Métier de l'enseignement et de la recherche

    Date de début : 1886

    Date de fin : 1900

    Lieu : Fontenay-le-Comte (Vendée, France)

    Directeur de la pépinière de plants de vigne américains puis de l'école de greffage

  • Métier de l'enseignement et de la recherche

    Date de début : 1887

    Date de fin : 1900

    Lieu : Sainte-Gemme-la-Plaine (Vendée, France)

    Premier Directeur-fermier de l'Ecole pratique d'agriculture et de laiterie de Pétré "Fondation Albert Laval", Sainte-Gemme-la-Plaine de 1887 à 1900

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Distinctions

  • Distinctions honorifiques françaises
    • Chevalier de l'Ordre du Mérite agricole

      Date de réception : 16 juillet 1883

    • Officier de l'ordre des Arts et des Lettres

      Date de réception : 1888

    • Officier de l'Ordre du Mérite agricole

      Date de réception : janvier 1899

Relations

Références


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