Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Royrand, Charles Aimé de

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Notice rédigée par : Emmanuel François

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 14 mars 1726

à Saint-Fulgent (Vendée, France)

Filiations
  • Charles Samuel , degré : Père

  • Sajot, Louise Jacquette, degré : Mère

Décès

le décembre 1793

()

Caractéristique sociale

Groupe social d'Ancien Régime

Noblesse

Circonstances historiques

Contexte historique
  • 1789-1799
Qualité liée à un contexte historique exceptionnel
  • Insurgé vendéen

Notice biographique

Notice biographique

Charles Aimé de Royrand est né à Saint-Fulgent en 1726 [1] dans une famille autrefois protestante. Son grand-père, Charles Elie abjura le protestantisme le 7 décembre 1685 [2], tandis que d’autres membres de la famille choisirent d’émigrer en Angleterre par fidélité à leur religion [3].

 

Comme ses trois autres frères il fit une carrière de militaire, et dans le même régiment qu’eux : Navarre-infanterie, où s'étaient retrouvés auparavant surtout des protestants. A 20 ans, il fut blessé à la bataille de Rocourt (près de Liège) le 11 octobre 1746 [4], lors de la guerre de succession d’Autriche. Il atteint le grade de chef de bataillon[5] et obtint la distinction de chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis. En 1775, le 4e bataillon du régiment, dont il faisait partie, s’embarqua pour la Guadeloupe, afin de surveiller les entreprises des Anglais dans la région. Les 4e et 2e bataillons formèrent le nouveau régiment d’Armagnac qui dura 20 ans [6]. Charles Aimé de Royrand prit sa retraite au retour de la Guadeloupe en 1778 ; il avait 52 ans et était resté célibataire [7].

 

A la mort de son frère aîné en 1785, Charles Louis, Charles Aimé de Royrand s’occupa des enfants de celui-ci ainsi que de sa propriété. Il fut désigné par un conseil de famille curateur de son neveu Charles César, âgé de 18 ans et jeune engagé dans la marine. Il vint alors habiter à la Brunière de Chavagnes-en-Paillers, où son frère aîné faisait construire un nouveau château. Il y continua les travaux.

 

Son frère Charles Augustin, né en 1731 et célibataire lui aussi, prit sa retraite de capitaine commandant (lieutenant-colonel) à la Petite Roussière de Saint-Fulgent au début des années 1790. Il émigra pour combattre dans l’armée des princes en 1792. Le dernier de ses frères, Joseph, né en 1734 et célibataire lui aussi, était toujours capitaine de grenadiers et tenait garnison à Rouen en 1789. Il émigra dans l’armée des princes et revint combattre en Vendée en 1793.

 

Ce sont les insurgés du canton de Saint-Fulgent, après leur premier engagement victorieux contre des gardes nationaux à Saint-Fulgent le 13 mars 1793, qui sont venus lui demander de diriger les combats à venir. Bien connu dans les environs, il était pour eux le " bouhomme Rouérand ", qui inspirait confiance avec son tempérament semble-t-il peu loquace.

 

Les chefs de bandes des cantons alentours se joignirent à lui et il fut désigné par eux comme leur général en chef. Le 16 mars il constitua son état-major : Sapinaud du Bois Huguet (La Verrie) qui fut son second, Sapinaud du Sourdy (ou de la Rairie, La Gaubretière, parent du précédent), Jean Aimé de Vaugiraud (Saint-André-Goule-d’Oie), Gabriel de Baudry d’Asson (La Forêt-sur-Sèvre), Mathieu de Verteuil, Jean Félix de Clabat du Chillou [8].

 

Le 19 mars 1793 il remporta la première victoire des insurgés contre les soldats de métiers du général Marcé. En Vendée, l'Armée du Centre qu’il commandait, occupait la partie du bocage vendéen située dans un triangle qui au sud allait de La Châtaigneraie à Mareuil en passant par Chantonnay. A l’ouest sa limite allait de Mareuil à Tiffauges en passant par la Roche-sur-Yon, et à l’est, elle suivait la limite du département.

 

Le 4 avril suivant il fit adopter par son conseil de guerre le règlement, dit " du camp de l’Oie ", qui organisait dans toutes les paroisses la défense du pays conquis.

 

Son rôle le plus important était de déterminer une stratégie. A l’ouest de sa zone, plusieurs bandes, dont celles du général Charette, occupaient une partie de la côte atlantique d’où pouvaient venir des renforts, et un prince qui mènerait la reconquête du pays. Mais dans le bocage vendéen il n’y avait d’issue à la révolte que dans la consolidation et l’extension de la zone libérée, et l’union avec les autres armées d’insurgés, celles du Choletais et du Bressuirais notamment. C’est ainsi qu’il donna de la poudre au jeune La Rochejaquelein le 11 avril.

 

Charles Aimé de Royrand s’établit à Saint-Fulgent, se déplaçant parfois à Montaigu, pour mettre en œuvre sa stratégie, déléguant à ses adjoints le commandement du camp de l’Oie et des postes avancés, ainsi que la conduite des combats. Dans cette délégation, le rôle de son second, Sapinaud du Bois-Huguet, fut important et décisif à partir de son poste de Chantonnay.

 

Circonvenu par une manœuvre malveillante, le général de Royrand refusa aux hommes de Charette le 5 mai 1793, le repos dans ses cantonnements de Montaigu. Trois jours plus tard, après un coup de main audacieux de Charette, il changea d’avis et s’expliqua avec ce dernier, devenant pour lui un allié loyal [9], mais sans qu’on puisse imaginer désormais un commandement unique entre leurs deux zones d’influence.

 

Les armées des Mauges et du Bressuirais ne firent pas appel à lui pour s’emparer de Fontenay-le-Comte le 25 mai, mais il envoya néanmoins 4 000 hommes qui arrivèrent en retard et furent privés du partage des armes pris à l’ennemi. Quelques-uns de ses officiers rejoignirent les rangs de l’armée de Cathelineau, élu généralissime le 12 juin sans la participation de Royrand [10]. A la demande du généralissime, qui voulait faire diversion lors de l’attaque de Nantes du 29 juin, Royrand organisa une attaque de Luçon. Commandée par Sapinaud de la Verrie, elle échoua le 28 juin. En juin, Royrand envoya des renforts vers Châtillon, mais les chefs de la " Grande Armée " tinrent à expulser le général républicain Westermann eux-mêmes de la ville, ce qu’ils firent avec succès. Il demanda de l’aide pour tenir Fontenay-le-Comte, qu’il n’obtint pas et qui retomba aux mains des républicains le 11 juillet.

 

Après la mort de Cathelineau le 14 juillet, blessé à l’attaque de Nantes, Royrand désigna de Vaugiraud et Sapinaud pour l’accompagner à Châtillon, le 19 juillet, afin de participer au conseil de guerre chargé de choisir un nouveau général en chef. Lui-même était trop âgé[11] et à la tête d’une armée du Centre peu considérée, pour emporter les suffrages. C’est d’Elbée qui fut élu. Le général de Royrand fut nommé par le conseil, général divisionnaire et se vit confirmé dans son commandement de l’armée du Centre, toujours autonome.

 

Sapinaud de la Verrie fut tué lors d’un raid des républicains à Pont-Charron le 25 juillet [12]. Après quoi Royrand ne parvint pas à renforcer l’armée du Centre qui perdit alors son autonomie. A la tête de 5 000 hommes, il s’agrégea aux Angevins de d’Elbée et aux Poitevins de Lescure pour attaquer Luçon le 30 juillet. Ce fut un échec, renouvelé le 14 août suivant, malgré l’appui de Charette. Il participa ensuite aux victoires de Chantonnay, le 5 septembre, de Torfou le 19 septembre, de Saint-Fulgent le 22 septembre en compagnie de Charette, puis aux défaites de Châtillon le 11 octobre, et de Cholet le 17 octobre.

 

Avec La Rochejaquelein, il s’opposa au projet de traverser la Loire, mais il se rangea à contre cœur à la décision prise, par discipline militaire. Avec 4 000 hommes, il constitua l’avant-garde de l’armée en marche vers le nord dans la Virée de galerne. Il mourut en décembre 1793 des suites d’une blessure dans cette expédition.

 

Sur la date et le lieu de sa mort, les récits des historiens ne concordent pas. Un acte de notoriété de sa mort fut délivré par le notaire Bouron de Chavagnes-en-Paillers, le 12 pluviôse an 11 (01-02-1803). Il n’a pas été retrouvé mais figure au répertoire de ce notaire, et les témoins cités sont de Vaugiraud, Mandin et Fonteneau, tous trois habitants de Saint-André-Goule-d’Oie. Ce document nous renseignerait sur cette mort avec précision [13].

 

Son frère Charles Augustin, qui avait émigré dès 1792, participa ensuite au débarquement de Quiberon avec son neveu Charles César. Ils furent fusillés, le 2 août 1795 pour le premier, et le 30 juillet précédent pour le second. Son plus jeune frère, Joseph, est décédé le 23 novembre 1800 en Westphalie, de la tuberculose.

[1]
Archives de Vendée, registre paroissial de St Fulgent, le 14-3-1726, vue 36  
[2]
Dr. Mignen, La Fortescuyère, Société d’Emulation de la Vendée (1909), page 74.  
[3]
Romane Musculus, Revue du Bas-Poitou (1961-3), page 225.  
[4]
J. F. d’Hozier, L’impôt du sang, H. Champion-Paris (1881), T3, 2e partie, page 88.  
[5]
Ancien chef de bataillon, précise l'acte de mariage de son neveu à Chavagnes, le 1er septembre 1789. Ou, ce qui revient au même, "capitaine-commandant" du régiment d'Armagnac pour l’ « Etat nominatif des pensions sur le trésor royal imprimé par ordre de l’Assemblée nationale, 1790 » tome 2, p. 145  
[6]
Suzanne, Histoire de l’infanterie française, J. Dumaine-Paris (1876), T2, pages 290 et s.  
[7]
A. de Guerry, MM. De Royrand, Revue du Bas-Poitou (1961-2), page 109 et s.  
[8]
L. de la Boutetière, Le chevalier de Sapinaud et les chefs vendéens du centre, Salmon (1982), page 48.  
[9]
G. Lenotre, Monsieur de Charette, Hachette (1924), page 31.  
[10]
A. Billaud et J. d’Herbauges, 1793 La guerre au bocage vendéen, Edition du Choletais (1992), page 197.  
[11]
D'après Joseph Roirand, il serait le doyen des généraux vendéens (signalé le 22-04-2013)  
[12]
L. de la Boutetière, Le chevalier de Sapinaud et les chefs vendéens du centre, Salmon (1982), page 138.  
[13]
A. de Guerry, MM. De Royrand, Revue du Bas-Poitou (1961-2), page 120.  

Vie civile

Vie militaire

Service

Date de fin : 1793

Entré au régiment de Navarre-Infanterie, puis passé au régiment d'Armagnac, constitué en 1775. En retraite en 1778, avec le grade de chef de bataillon, il reprend les armes en mars 1793 à la demande des insurgés vendéens. Leur conseil de guerre le nomma général divisionnaire. Il mourut au cours de l'expédition d'outre-Loire (virée de Galerne).

Type de combattant

  • Armée catholique et royale de Vendée

Dernier grade

Général de division

nommé le 19 juillet 1793

Conflits et campagnes

Conflits
  • 1740-1748 : Guerre de Succession d'Autriche
Campagnes et batailles
  • 1793-1796 : Guerre de Vendée
Faits d'armes

Blessé à la bataille de Rocourt, près de Liège, le 11 octobre 1746.

Reconnu comme général en chef de l'Armée du Centre en mars 1793, par ses principaux chefs, il en établit le chef-lieu au camp de l'Oie

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Ordres de chevalerie

  • Ordre royal et militaire de Saint-Louis

Relations

Références


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