Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Robin des Baraudières, Louis Alexandre David

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Notice rédigée par : P. Moreau

Fait partie de : Dictionnaire des contemporains de la guerre de Vendée

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 11 janvier 1775

à Chaix (Vendée, France)

Filiations
  • Françoise-Charlotte Cormasson , degré : Mère

  • Louis-Isaac, degré : Père

Décès

le 09 août 1825

à Champ-Saint-Père, Le (Vendée, France)

Circonstances historiques

Contexte historique
  • 1789-1799
Qualité liée à un contexte historique exceptionnel
  • Insurgé vendéen ou considéré comme tel

Notice biographique

Notice biographique

Louis-Alexandre-David Robin, né à Chaix le 11 janvier 1775, fils de Louis-Isaac, licencié ès lois, « bourgeois » [1] et de Françoise-Charlotte Cormasson mariés à Chaix en 1762.

« A fait la première guerre de la Vendée » [2], puis la deuxième. Il épouse en 1806 Christiane Bardin (Curzon, 1787 - La Roche-sur-Yon, 1857) [3] fille de Frédéric, médecin [4]. Bien qu'un de ses fils soit prénommé Pierre-Alexandre-Napoléon (1809) [5] ; il reprend les armes en 1815. Le 5 décembre, le conseil municipal de Luçon donne son avis sur les bons de réquisition de l'Armée vendéenne [6] donnés après le 20 mars dont deux signés par David Robin, « chef de division » pour du tabac à fumer, des chandelles, de l'huile et de l'eau-de-vie. La municipalité menée par de Surineau, premier adjoint alors que le maire a été démis par le nouveau préfet, est d'avis que les bons soient acceptés en dépit d'un petit vice de forme, « connaissant la probité de Monsieur Robin [7]. Il figure en effet dans l'état des troupes de Suzannet comme adjudant-major, commandant la 6ème Compagnie sous Charles de La Lézardière, celle du Champ-Saint-Père. Cependant, La Lézardière ajoute à propos de cette unité qu’elle marcha quelques jours sous ses ordres puis n'obéit plus à ses demandes de rassemblement [8]. Bien qu'il ne mentionne pas Robin, le registre des délibérations municipales de Triaize est peut-être la source locale la plus complète pour décrire les forces en présence en 1815 dans le sud du département et en « pays bleu ». Il retranscrit dans le désordre et sur deux pages [9] la lettre du sous-préfet de Fontenay, Alexis-François Bernard [10], datée du 26 mai, demandant au maire : « en raison des circonstances dans lesquelles nous vivons », de suivre l'exemple des communes de Luçon, Sainte-Hermine, Mareuil et autres [11], et de réorganiser la garde nationale afin de la faire patrouiller toutes les nuits ; craignant les attaques contre les personnes et les biens, les vols de bestiaux et chevaux, la maraude, voire le passage de « chauffeurs ». En 1815, les camps en présence ont l'expérience et la mémoire des deux guerres précédentes [12].

Les bons de réquisition signés par Charles Caillaud, chef de la division de Luçon, qui ont été exclusivement donnés à Louis-Charles Guyet, fermier de Beauvoir depuis plus de 20 ans, probable premier racheteur « local » (thermidor an XI) d'une cabane d'abord acquise par un négociant nantais, maire de la commune depuis le Consulat jusqu'en août 1815. Le certificat de Charles Caillaud, reconnaissant qu'Auguste Guyet, ex-chasseur de la Vendée, cousin du maire et devenu son gendre en 1813, lui a remis son cheval et ses armes vers le 21 juillet, et qu'il peut (ou doit) « rester tranquille chez lui » [13]. Il est patent ici que les réquisitions sont faites auprès du parti adverse et sont « ciblées » : les fermiers ou les familles des négociants de 1791, propriétaires lointains de Nantes ou l'Ile de Ré, n'ont pas été mis à contribution. C'est bien le beau-père d'un « Chasseur de la Vendée » qui a été choisi. La datation de certains bons, signés par Robin, montre la poursuite de la mobilisation de ses hommes bien après qu’ils ont fini de répondre « aux ordres de rassemblement », bien après la rentrée du roi à Paris (8 juillet) et l'installation d'un nouveau préfet vers le 24 juillet. A la différence des bons présentés à Luçon, ceux de Saint-Benoît-sur-Mer : cheval, selle, froment, barriques de vin, tous signés de Robin « commandant de la division du Champ-Saint-Père », sont datés : du 29 juin au 8 septembre [14]. La démobilisation des troupes vendéennes semble difficile à obtenir et les hommes de Robin – ou Robin et ses hommes – ne font pas exception [15].

Dans un autre état nominatif du 4 septembre il est mentionné comme « 2eme adjudant major rétabli en vertu d'une lettre du comte de Mornac », auteur du document ; il a fait des offres de service au roi et souhaite « une place dans la gendarmerie » [16]. Il semble presque impossible d'établir à l'échelle locale, une chronologie précise du passage de L'Armée royale, devenue irrégulière depuis juillet, à la Légion de Vendée, forme nouvelle de l'armée, officiellement créée dès le mois d’août. Néanmoins à la fin de septembre 1815, le bureau du collège de Bourbon-Vendée recommande Louis-Isaac-Benjamin Robin des Baraudières au préfet afin de lui obtenir une bourse ; son père est alors dit « chef de bataillon de la légion vendéenne et qui depuis le commencement de la (R)évolution a fait éclater un dévouement généreux et même héroïque » [17].

Les états nominatifs mentionnent aussi son neveu, Joseph Robin des Baraudières (fils de Louis-François) lieutenant de cavalerie le 15 mai 1815 puis « placé comme lieutenant dans la légion de la Vendée le 9 octobre » [18].
A l'issue de la « Troisième Guerre », Louis-Alexandre David Robin des Baraudières est donc versé dans la légion de Vendée, fait chevalier de Saint-Louis puis nommé maire du Champ-Saint-Père en janvier 1818 par arrêté du préfet de Kerespertz [19]. À partir du 20 janvier 1818 il signe le registre d'état civil : « le chevalier David R. des Baraudières, maire » jusqu'au 23 décembre 1824 : il vient alors d'être nommé juge de paix du canton des Moutiers-les-Mauxfaits. En 1816 Pierre Nicollon des Abbayes est témoin lors de déclaration de naissance de Pierre-Martial-Edmond [20] et son dernier fils est même prénommé Henri (1824) [21]. Il décède peu après, le 9 août 1825, à la Brochetrie du Champ-Saint-Père dit en effet « ancien chef de division des armées royales de la Vendée », sans mention de son passage dans la légion de Vendée [22].

Au nom de ses enfants mineurs, sa veuve déclare la moitié des meubles pour un peu moins de 4900 francs, la maison de la Brochetrie et ses dépendances pour 14000 francs, d'autres immeubles pour 1500 francs[23] parmi ses frères : Louis-Isaac-Fidèle né au Champ-Saint-Père en 1768 décédé en 1819, d’abord époux de Suzanne-Victoire Besse, décédée à Saintes puis de Rose Charlotte Richard, fille et sœur de fermier des marais et belle-soeur de Louis-Gabriel-Benesteau, notaire de Sainte-Cécile, acheteur de biens nationaux réfugié à Triaize dès 1793 [24]. Déclaration de succession par sa veuve : Les Moutiers-les-Mauxfaits, 11 février 1820 [25].

[1]
mais le terme n'est employé que lors de la naissance posthume d'un denier fils : Fontenay-le Comte 1779, d'après la base de données Noms de Vendée.  
[2]
Arch. dép. Vendée, Guerre de Vendée, Insurrections royalistes, Cent-Jours, documents relatifs au 3e corps de l'Armée catholique et royale, état nominatif des officiers de la division de Saint-Vincent, 1 NUM 273/12 https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e2116e0a2b92/5e2116e0a3932  
[3]
Arch. dép. Vendée, état civil, Le Champ-Saint-Père, NMD an XII-1806, 22 janvier 1806, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd27a62b3308/5dfe5478a7271  
[4]
D.M.M. ; Dictionnaire des Vendéens, Bardin Frédéric.  
[5]
déclaration de naissance au Champ-Saint-Père. Le prénom, de Napoléon pourrait être une « concession » à la famille de son épouse. « Pierre-Alexandre-Napoléon » est devenu « Pierre-Alexandre-David » lors de sa déclaration de décès, âgé de 23 ans, en mars 1833 : d'après la base de données Noms de Vendée.  
[6]
pour l'arrêté du préfet concernant les fournitures ; Arch. dép. Vendée, Arrêtés du préfet, affaires générales, 4 K 55, 30 octobre, vues 28-30, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e209e0c4ce03/5e209e0c6711b ; le maire de Saint-Michel-en-l'Herm a même fait registrer le tarif des fournitures joint à l'arrêté : céréales, viande, foin, paille, pain de munition; le prix des chevaux et du vin est laissé à l'appréciation des conseils en fonction de la qualité fournie. Archives des communes, Saint-Michel-en-l'Herm, délibérations 1808-1815, novembre 1815, vue 112/114, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e5aa883594ed/5e5aa883abe87 Les bons doivent être contrôlés par les conseils municipaux et transformés en bordereaux ; sont-ils examinés par la commission pour la subsistance et la remonte des troupes ? Elle a été créée le 19 août 1814, composée de cinq membres : deux membres du conseil général, un du collège électoral, un conseiller de préfecture et le maire du chef-lieu départemental. Elle est réorganisée le 23 octobre 1815 par le nouveau préfet après le décès de Guerry de Beauregard à Aizenay et les changements politiques : entrent notamment dans la commission : Tortat, maire de Bourbon et Isidore-Armand Auvynet, nouveau conseiller de préfecture (22 août) en remplacement de Louis-François Coyaud qui vient de démissionner. 4 K 55, 23 octobre 1815, vue 26/214, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e209e0c4ce03/5e209e0c665fa  
[7]
trois bons pour du froment sont signés par Charles Caillaud, chef de la division dite « de Luçon » : Marie-Suzanne-Jacquette Chevallereau, veuve Desayvre et sœur du maire des Cent-Jours, a été la principale « cible ». Arch. dép. Vendée, portail des communes, Luçon, Délibérations et arrêtés municipaux, délibérations de décembre 1811 à novembre 1830, 5 décembre 1815, vues 42-43/190, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e8615ea7d80c/5e8615ea9ed7f  
[8]
le soulèvement ayant été programmé pour le 15 mai, on ne peut raisonnablement imaginer qu'il ait suivi les ordres au-delà de la fin du même mois ; 1 NUM 273/12, déjà cité.  
[9]
Arch. dép. Vendée, Archives des communes, Triaize, Délibérations et arrêtés municipaux, délibérations 1791-1838, 27 septembre 1815 puis enregistrement non daté (mais très tardif, eu égard à la date du texte) pour la lettre du sous-préfet, vue 80/137, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e091d5b73d03/5e091d5ba6db9  
[10]
ancien acheteur de biens nationaux à l'Hermenault et Saint-Martin-des-Fontaines ; Bernard Alexis-François dans le Dictionnaire des Vendéens.  
[11]
par exemple, à Fontenay le 12 mai avant que son commandant, Parenteau de La Voute, soit chargé d'aller chercher des fusils à La Rochelle ; d'après le registre des délibérations municipales de Fontenay-le-Comte.  
[12]
d'après Aurélien Lignereux, Chouans et Vendéens contre l'Empire 1815. L'autre Guerre des Cent-Jours, éd. Vendémiaire, 2015.  
[13]
Jacques-Auguste Guyet est le fils de Simon-Charles Guyet, gros acheteur vendéen de biens nationaux, notamment venant de l'abbaye de la Grainetière mais aussi à Luçon ; il est mortellement blessé dans une auberge dès les premiers jours du soulèvement de mars 1793 ; Jacques-Auguste est âgé d'environ 10 ans ; sa mère se réfugie alors à Champagné-les-Marais, sa paroisse/commune d’origine.  
[14]
l'une des barriques a été réquisitionnée chez Pillenière, peut-être celui qui, maire depuis le Consulat, l'est resté pendant les Cent Jours avant d'être remplacé en septembre ou octobre 1815 ; le cheval et son équipement viennent de chez Mady, peut-être conseiller municipal : les saisies en échange des bons pourraient avoir un sens politique. Arch. dép. Vendée, Archives des communes, Saint-Benoît-sur-Mer, délibérations municipales 1802-1838, simple énumération ni datée, ni signée, date probable : 27 décembre 1815, vue 8/47, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e4d986d327c9/5e4d986d38a47 . Les bons présentés aux Moutiers-les-Mauxfaits ne mentionnent pas leurs signataires ; à Saint-Michel-en-l'Herm toutes les réquisitions semblent avoir été faites au nom de Pierre Nicollon des Abbayes, chef de la Division des Sables ; à Sainte-Hermine le seul signataire mentionné est le « chevalier de Landreau, commandant la Cavalerie » : à L a Roche-sur-Yon, il s'agit de « M. de Menard », un des chefs de l'Armée : 75 kilos de tabac pris à l'entrepôt de cette ville . A la Chaize-le-Vicomte les bons, signés par Charles Caillaud, sont présentés par Jean Billaud, notaire à Saint-Fulgent. ; Aurélien Lignereux, à partir de sources des Archives Nationales, affirme que Billaud se met sous les ordres de Travot et qu'il sera une victime sociale de ce choix ; A. Lignereux, 2015, déjà cité, page 255. Arch. dép. Vendée, Archives communales, divers registres de délibérations municipales conservés.  
[15]
« Bien que dénoncé par des administrateurs comme un obstacle au rétablissement de la paix civile et comme une source de ruine pour les communes sommées de ravitailler de tels rassemblements, ce maintien sous les drapeaux a diminué les occasions de friction. Aurélien Lignereux, « La Terreur blanche n’aura pas lieu : les départements de l’Ouest en 1814-1815 », Revue d'histoire du XIXe siècle, 49-2014, mis en ligne le 01 décembre 2014. URL : http://journals.openedition.org/rh19/4744 ; DOI : https://doi.org/10.4000/rh19.4744  
[16]
Archives militaires de la Guerre de Vendée conservées au Service historique de la Défense, 3e corps de l'Armée royale de l'Ouest, XU 16-33, 4 septembre 1815, vue 8/12, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005df8aa47cc6c4/5df8aa49c64e9 La conférence de l'Aiguillon-sur-Vie du 7 août 1815 permet, sous certaines conditions, l'entrée de combattants de l'Armée royale dans la Gendarmerie ou les Douanes ; d'après Aurélien Lignereux, 2015, déjà cité, page 261  
[17]
Arch. dép. Vendée, Archives de la Pélissonnière, « Paul Frotier de Bagneux et les mouvements royalistes », liste datée du 27 septembre, 1 NUM 529-76, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s00624ebc52100a9/624ebc52112c3 . Louis-Isaac-Benjamin, élève au collège de Bourbon-Vendée, y décède le 31 mars 1818 ; d'après la base de données Noms de Vendée.  
[18]
état nominatif, S.H.D. XU 16-54, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005df8aa47cc6c4/5df8aa4a88036 . Capitaine, Joseph est fait officier de la Légion d'honneur sous la Monarchie de Juillet (1839) ; voir les bases de données Noms de Vendée (Robin des Baraudières Joseph-Louis) et Léonore.  
[19]
Arch. dép. Vendée, Arrêtés du préfet de la Vendée, Affaires générales 4K 55, 7 janvier 1818, vues 158-159/214 ; https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005e209e0c4ce03/5e209e0cea44b  
[20]
ce que semble indiquer le prénom de l'enfant ; il demeure à la Rochette de Landeronde et est âgé de 55 ans mais il n'a pas signé l'acte rédigé le 20 mai alors que l'enfant serait né le 25 avril. Arch. dép. Vendée, état civil, Le Champ-Saint-Père N.M.D.1807-1819, 20 mai 1816 ; vues290-291/430, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd2bd5e6bd08/5dfdcae12e01d  
[21]
d'après Henri d'Artois, duc de Bordeaux, « Enfant du miracle » né en 1820 ?  
[22]
décès déclaré par son beau-frère, Jean Rousse, notaire et son neveu par alliance, Jean-Baptiste-Flavien Martineau ; acte enregistré par de Gyvès, son successeur à la mairie, Le Champ-Saint-Père N.M.D.1820-1831, vue 187/385, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd29b81ede63/5dfdc04a0e245  
[23]
Arch. dép. Vendée, Enregistrement, Les-Moutiers-les-Mauxfaits, successions, 2 Q 8386 déclarations des mutations par décès ou absence nov.1822-nov.1827, 6 février 1826, vue 144/210, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s00622cb879e584b/622cb87a348d5  
[24]
Benesteau Gabriel-Jean-Louis, dictionnaire des Vendéens  
[25]
Arch. dép. Vendée, Enregistrement Moutiers-les-Mauxfaits, vues 48-49/207, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s00622cb8609b45a/622cb8610d7a3  

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Fonction représentative ou mandat

  • Maire

    Circonscription : Champ-Saint-Père, Le, Vendée

    Date de début : janvier 1818

    Règne ou régime : Restauration (1814-1830)

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Ordres de chevalerie

  • Ordre royal et militaire de Saint-Louis

Relations

Relations

Références


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