Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Pété, Alcime Léandre Victor

imprimer la notice complète

Notice rédigée par : Jean Vimpère

Fait partie de : Dictionnaire des combattants vendéens de la Grande Guerre

Données identitaires

Identité

homme

Portraits
image2.jpg

image2.jpg


Photographie d'Alcime Pété (au manche) et de son mécanicien (caporal Robert Pezel, né le 18-02-1894 à Epernay, Marne) prise le 5 août 1915, à l'aérodrome de Banjica, Belgrade, Serbie.

 

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 23 décembre 1886

à Sérigné (Vendée, France)

Filiations
  • Pété, Théophile, degré : Père, profession : Agriculteur

  • Louis, Marie, degré : Mère, profession : Agriculteur

Décès

le 01 décembre 1968

à Bobigny (Seine-Saint-Denis, France)

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Militaire

Autres Illustrations

image4.jpg

image4.jpg

image3.jpg

image3.jpg


- Extrait de Le Miroir, n° 83. Rare hommage de la presse à l’escadrille FM 99S. On retrouve en haut de page une belle vue du camp d’aviation installé près de Belgrade, cliché édité aussi en carte postale. L’image du bas montre l’arrivée du commandement en gare de Nich (sud-est de la Serbie). Parmi ces militaires il est probable que figure Alcime Pété auquel cas, mais rien est sûr, ce pourrait être le personnage en médaillon. 

- Un biplan de l’escadrille MF 99 S, un avion de reconnaissance léger et rapide employé pour le réglage du tir d’artillerie et la photographie

Notice biographique

Notice biographique

 

Alcime Léandre Victor Pété est né le 23 décembre 1886 dans un milieu de fermiers modestes au lieu-dit le Barail (Sérigné). Ses parents, Théophile et Marie, née Louis, ainsi que sa grand-mère maternelle Marie Seigneurin, veuve Louis, sont métayers et cultivateurs au Barail.

 

Alcime est le premier d’une fratrie de neuf enfants. Suivent Gabriel (1888), Séraphine (1890), Eugène (1891), Félicie (1893), Georgette (1894), Marie-Louise (1896), Aline (1897) et Maurice (1900).

 

En 1895, la famille se déplace de quelques centaines de mètres et s’installe dans le village voisin, le Beugnon. Au décès de la grand-mère Marie Seigneurin, la famille Pété quitte Sérigné. Après 1898, elle habite à Fontenay-le-Comte, impasse de Mouillebert. Ainsi, en 1901, on retrouve Théophile, le père d’Alcime, en qualité d’employé jardinier chez l’horticulteur paysagiste François Picherit (1846-?), rue du Puits Saint-Martin, à Gros Noyers près de Fontenay. Cette année-là, Alcime, 15 ans, a déjà quitté le foyer familial. À Fontenay, sa mère exerce le métier de couturière, ses sœurs sont lingères et son frère Gabriel est d’abord petit clerc chez Henri Rocheteau, avoué, rue Turgot, avant d’être, en 1906, employé de banque chez Émile Amédée. Cette même année, Alcime exerce le métier de chauffeur autour de Fontenay. En novembre sa mère décède. 

 

SERVICE AUX ARMÉES (1907-1919)

Le 9 août 1907, Alcime Pété est incorporé au 137e régiment d'infanterie. Il est nommé caporal le 29 octobre 1908. À la fin de sa période militaire, le 5 juillet 1909, il se réengage. Il entre à l’École militaire préparatoire (EPM) d’infanterie des Andelys de Montreuil-sur-Mer (Pas-de-Calais) sous le numéro 126. Il est caporal instructeur auprès des enfants de troupes âgés de 13 à 18 ans, dans cette école qui forme à l’instruction militaire et à l’éducation morale environ 380 élèves par an. Chaque contingent d’écoliers se divise en trois compagnies, chacune commandée par un lieutenant, assisté d’un sergent et de deux caporaux ; l’un d’eux est Alcime. Le 7 juillet 1911, nommé sergent, il devient sergent instructeur à l’EMP des Andelys. Le 17 septembre 1912, Alcime Pété épouse à Fontenay-le-Comte Lucie Pellerin, couturière, née le 29 mai 1887 à Fontenay, fille d’Honoré Pellerin, forgeron à Fontenay, rue Goupilleau. Son engagement aux armées est reconduit à compter du 9 octobre 1912, puis le 9 juillet 1913, il est affecté au 27e RI en garnison à Dijon. Le 20  février 1914, Alcime Pété intègre le 2e groupe d’aviation, 6e compagnie, portion centrale à Reims (Journal officiel du 29 novembre 1913).

 

Dès lors, Alcime Pété prépare son brevet civil de pilote aviateur. À cette époque, aux épreuves pratiques de vol, s’ajoute un examen théorique d’aptitude à la lecture de carte, connaissance en météorologie, en mécanique, etc. En avril 1914, il demande au comité de l’Aéro-Club de France (ACF) à Paris, l’homologation de son brevet civil de pilote aviateur. Le 21 avril, la Commission d’aviation de l’ACF admet l’homologation de son brevet et lui remet officiellement le 1er mai 1914. Il devient le 1625e breveté depuis le 7 janvier 1909, date du premier brevet délivré par l’association. Aux armées, il obtient ensuite la conversion de son brevet civil pour celui de pilote militaire, n° 592.

 

1914-1918

Comme bien d’autres, le 2 août 1914, Alcime est entrainé dans la Première Guerre mondiale. Le 10 octobre 1914, il renouvelle son engagement pour deux ans. Devenu pilote aviateur à la division Maurice Farman, on sait que le 17 janvier 1915 il est en mission à Bordeaux. C’est au cours du retour de cette mission, dont il ramène de Bordeaux un appareil blindé neuf, le biplan Maurice Farman n° 132, qu’il connaît, le 19 janvier, une panne de moteur en pénétrant dans l’espace aérien de Benet dans le sud Vendée. Le 20 janvier à 11h, probablement pour bénéficier du soutien logistique de la caserne, Alcime et son mécanicien parviennent à poser leur appareil dans la prairie du champ de courses de Fontenay-le-Comte. Dans la journée les deux hommes remettent l’avion en état de vol. Le lendemain, 21 janvier, une météo exécrable cloue au sol le MF 132 et son équipage. Le 22 janvier à 9h30 la machine de guerre et ses occupants reprennent les airs en direction de l’aérodrome de Chartres [1].

 

La guerre européenne a pris son triste essor et la Serbie, fin 1914, voit son aviation anéantie par l’Autriche. En soutient à ce pays ami, le gouvernement français ordonne la formation et l’envoi d’une escadrille tricolore aux Serbes. Ce sera l’escadrille MF 99 S. Dotée de six biplans Maurice Farman MF 11 elle est commandée par le capitaine Roger Vitrat. Les sept pilotes aviateurs de l’escadrille sont : Les lieutenants Paulhan, Martinet, Lareinty-Tholosan, l’adjudant Thirouin et les sergents Pété, Selaquet et Seret. Elle est également composée de quatre officiers observateurs, un médecin, des mécaniciens, des personnels administratifs, des conducteurs de véhicules. L’escadrille MF 99 S dispose d’un effectif de 120 hommes. Alcime Pété est porté à l’escadrille pour la Serbie le 11 février 1915. Rassemblée à Lyon-Bron, le 3 mars elle embarque à Marseille pour la Grèce. Les biplans démontés et conditionnés dans de grandes caisses sont chargés dans le Mossoul, paquebot de la Compagnie des Messageries maritimes affrété par l’État. L’escadrille débarque à Salonique et entre en Serbie.

 

Le 18 avril la MF 99 S est opérationnelle sur le terrain d’aviation de Banjica, près de Belgrade. Le 23 avril 1915 elle commence ses premières missions de guerre qui consistent, chaque jour, à reconnaître les mouvements militaires de la ligne de front contenue sur les berges du Danube et de la Save. Le 28 avril l’escadrille MF 99 S engage son premier combat de mitrailleuses contre les aéroplanes autrichiens [2].

 

Le 27 juillet 1915 Alcime Pété est nommé adjudant. L’escadrille MF 99 S n’a abattu qu’un seul avion ennemi à l’occasion de cette première campagne. Cependant, elle est citée à l’ordre de l’armée, ordre du 31 juillet 1915, pour l’audace de ses vols de reconnaissance aérienne et la qualité de ses renseignements militaires apportés à l’armée serbe.

 

Mais en décembre 1915, les forces coalisées austro-allemande et bulgare envahissent la Serbie. Le pays est anéanti, ce qui entraine entre autres, la retraite des missions militaires françaises en Serbie septentrionale. Durant ce mois, Alcime crashe, semble-t-il, son biplan Maurice Farman à Shkodër (Scutari) en Albanie, pays dont le peuple est hostile aux Français. Le 25 décembre 1915 l’escadrille MF 99S évacue la région dans des conditions terribles.

 

Après avoir évité tous les dangers ainsi que la redoutable épidémie serbe de typhus exanthématique, le 1er janvier 1916 Alcime rentre en France. Il vient de participer à l’une des plus grandes odyssées de l’aviation française de la Grande Guerre !

 

Le 25 février 1916, le pilote vendéen est à Lyon-Bron et le 26 il part au Plessis-Belleville (Oise), où se trouve le camp aérodrome du Groupe des Divisions d’Entrainement (GDE). C’est là que se concentrent les nouveaux pilotes aviateurs brevetés en général depuis deux mois. Le GDE est pour eux l’étape définitive d’instruction avant leur départ pour le front. Ils sont soumis à des exercices de bombardement, de photographie, d’expérience de TSF et de reconnaissance aérienne jusqu’à leur ordre de mise en route. Dès lors, le pilote prend en charge, au Bourget, un appareil neuf et l’équipement qui lui est destiné. On peut penser qu’au cours des mois suivant Alcime Pété fut instructeur dans ce camp.

 

En mai, l’escadrille MF 99 S est dissoute et dès le 9 juin elle est reconstituée sous l’appellation Escadrille MF 99. Commandée par le capitaine Perrin de Brichambault, elle rejoint l’aviation de l’armée d’Orient. Dans cette nouvelle version la MF 99 ne compte que deux vétérans de la première : l’adjudant pilote Pété et le capitaine observateur Navet. Le 11 juin Alcime est affecté au dépôt du 2e groupe d’aviation et le 16 il arrive en Orient.

 

Très rapidement rebaptisée escadrille F 399, elle est dotée de Farman 40, cantonne à Mikra près de Salonique où elle est mise à la disposition de l’armée serbe. Pour sa témérité à conduire ses missions au-dessus des territoires hostiles, le 25 décembre 1916,  Alcime Pété est cité à l’ordre de l’armée et inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire sous l’énoncé : « Adjudant, pilote attaché à l’aéronautique de l’armée serbe. Pilote adroit, très courageux et plein d’entrain. S’est distingué au cours de nombreuses reconnaissances, en particulier dans un raid de plus de 280km en territoire ennemi. Continue à se faire remarquer dans une escadrille attachée à l’armée serbe. (Croix de guerre avec palmes). » Puis de nouveau, par ordre daté du 16 janvier 1917, Alcime Pété est une seconde fois cité à l’ordre de l’armée en ces termes : « Adjudant pilote aviateur détaché à l’armée serbe. Pilote ancien, a exécuté pendant la première campagne serbe un raid périlleux de plus de 150km à l’intérieur des lignes ennemies. A continué à se signaler dans plusieurs reconnaissances particulièrement périlleuses. Au cours de deux d’entre elles a pu, grâce à son habileté et à son sang-froid sauver son observateur et ramener son avion intact. »

 

Seule la maladie va faire ployer son courage. Atteint de paludisme en mai 1917 Alcime est rapatrié à l’hôpital de Salonique jusqu’au 22 juillet puis il est évacué vers la France, à l’hôpital d’Hyères (Var). Rétabli, en octobre 1917 il rejoint le front français.

 

Séparé de son épouse Lucie, il se remarie avec Marie Leclercq le 7 février 1918 à Paris dans le XIe arrondissement. Rentré au dépôt le 1er mars 1918, le 6 janvier 1919 il est affecté au 1er Groupe d’aviation. 

 

APRÈS LA GRANDE GUERRE (1919-1945)

Le 23 avril 1919 Alcime renouvelle son engagement pour trois ans et le 1er octobre il est muté à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (Morbihan). Engagé de nouveau le 29 juin 1922 pour six mois, puis le 23 décembre. Dès lors il est affecté à l’intendance militaire de Versailles en qualité de professeur d’éducation physique. Le 17 avril 1924 Alcime est nommé adjudant-chef. Le 1er décembre 1925, il est renvoyé dans ses foyers, rayé des contrôles de l’École mais maintenu au service armée. Il se retire à Saint-Cyr-l’École, impasse Carnot, Seine-et-Oise. Sur cette base on effectue des réparations aéronautiques. En juin 1928, il est réaffecté au 137e RI. Le 5 avril 1935 il est classé dans l’affectation spéciale au titre de la Direction des constructions aériennes, comme agent récepteur, dans la Seine. Enfin, le 11 octobre 1945 il est dégagé de toute obligation militaire. Le 23 juin 1962, à l’âge de 76 ans, il se marie pour la troisième fois dans le XXe arrondissement de Paris avec Eugénie Reusse.

 

Alcime Pété meurt le 1er décembre 1968 à Bobigny (Seine-Saint-Denis).

 

Une main anonyme du bureau militaire de la subdivision de Fontenay-le-Comte a inscrit au crayon de bois, au bas de la fiche militaire d’incorporation du matricule 593 : « As » ! 

 

Bien sûr cette mention prestigieuse ne relève pas de l’officielle, réservée aux pilotes de combat pour avoir au moins abattu cinq avions ennemis. Mais je crois telle qu’elle est portée ici qu’elle rend hommage aux héros de l’observation aérienne française au cours de la Première Guerre mondiale [3].

  

Septembre 2016

[1]
Arch. dép. Vendée, 59 J 437 - "Journal d'un fontenaisien pendant la guerre européenne, août 1914-juillet 1917" : notes de guerre d'Eugène Waïtzenegger. - L’étoile de la Vendée du 28 février 1915, page 3  
[2]
L’Illustration, témoigne dans le numéro du 29 mai 1915 de l’ambiance du camp d’aviation  
[3]
Sources : www.memoiredeshommes – http://albindenis.free http://archives.vendee.fr http://pages 14-18.mes discussions.net (Guy François et al.) – http://www.vieillestiges.com/ http://gallica.bnf.fr  

Vie civile

Vie militaire

Service

Date de début : 09 août 1907

Date de fin : 11 octobre 1945

Campagnes d’Orient : du 3 mars 1915 au 1er janvier 1916 et du 16 juin 1916 au 22 juillet 1917.

Classe : 1906

N° matricule : Fontenay-le-Comte, n° 593

Armes et services des armées

  • Aéronautique militaire puis Armée de l'air (1922)

Dernier grade

Adjudant-chef

nommé le 17 avril 1924

Conflits et campagnes

Conflits
  • 1914-1918 : Première Guerre mondiale
Faits d'armes

Cité à l'ordre de l'armée du 25-12-1916 et inscrit au tableau spécial de la médaille militaire à compter de cette date : "Pilote adroit, très courageux et plein d'entrain. S'est distingué au cours de nombreuses reconnaissances à longues portées, en particulier dans un raid de plus de 224 kms en territoire ennemi. Continue à se faire remarquer dans une escadrille attachée à l'armée serbe".

Cité à l'ordre de l'armée, ordre du général n°17 du 16-01-1917 : "Pilote ancien. A executé pendant la première campagne serbe un raid périlleux de plus de 150 kms à l'intérieur des lignes ennemies, a continué à se signaler dans plusieus reconnaissance particulièrement périlleuses. Au cours de deux d'entre elles a pu, grâce à son habileté et à son sang-froid, sauver son observateur et ramener son avion intact".

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Distinctions

  • Distinctions honorifiques françaises
    • Croix de guerre 1914-1918

      Croix de guerre avec palmes

    • Médaille militaire

      Date de réception : 04 janvier 1917

      J.O, n° 3, du 4 janvier 1917

  • Distinctions honorifiques étrangères
    • Médaille d’or du courage (Serbie)

    • Médaille d’or pour services rendus (Serbie)

Relations

Relations

Références


Nous écrire