Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Perotteau, René Vincent

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Notice rédigée par : Pascal Banliat

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 21 janvier 1790

à Saint-Vincent-sur-Graon (Vendée, France)

Filiations
  • Jacques , degré : Père, profession : Agriculteur

  • Marie Marguerite Arnaud, degré : Mère

Décès

le 23 février 1872

à Saint-Hilaire-la-Forêt (Vendée, France)

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Militaire

Notice biographique

Notice biographique

Notice biographique de René Vincent Perotteau s'appuyant sur les documents des Archives de la Vendée, le Service Historique de la Défense et autres sources.

 

Environnement familial

Né en Vendée, le 21 janvier 1790 à Saint-Vincent-sur-Graon, René Vincent Pérotteau est le dernier enfant d'une famille recomposée qui en dénombre sept, et dont les derniers sont encore en bas-âge (Marie Henriette, 1787-?, Jacques Louis Marie, 1788-1834). Il est le fils de Jacques André, né le 12 août 1754, à Saint-Jean de La Merlatière et de Marie Marguerite Arnaud, veuve de Pierre Guérineau, née le 30 août 1748, à Belleville-sur-Vie, venus s’installer, aussitôt mariés à Nesmy en 1786, au lieu-dit "La Moratière", une ferme isolée du bourg de Saint-Vincent-sur-Graon.

Les réformes (lettres patentes du roi) de la Révolution française, permettent à son père, fermier non instruit, d'accéder à un poste d'agent municipal. Louis Poislin, est nommé maire de Saint-Vincent-sur-Graon le 14 février 1790 [Délibérations municipales de Saint-Vincent-sur-Graon août 1788-frimaire an II, Vue 7/50 (page de droite)], puis réélu 19 octobre 1792 [Délibérations municipales de Saint-Vincent-sur-Graon août 1788-frimaire an II, vue 48/50],

Le 20 juin 1790, à l’issue de la messe paroissiale, la commune de Saint-Vincent-sur-Graon formera sa Garde nationale d’après la liste des citoyens « dits actifs » [Délibérations municipales de Saint-Vincent-sur-Graon août 1788-frimaire an II, vue 15/50].

Jacques André, son père, meurt à l'âge de 50 ans, à Chaillé-sous-les-Ormeaux, le 16 avril 1794, pendant la Terreur.

Sa mère, Marie Marguerite, reste encore quelques années à Saint-Vincent-sur-Graon pour y élever ses enfants (René Vincent y recevra une instruction). Elle se retire à Saint-Hilaire-la-Forêt et meurt le 2 décembre 1812, sans s'être remariée. Son gendre, Charles Chaigneau, 47 ans, époux d'Henriette Louise Guérineau, déclara son décès. À cette date, le régiment de René Vincent s'oppose aux troupes de Wellington et de ses alliés en Espagne.

 

Carrière militaire [Source : SHD, dossier militaire]

Le dossier militaire de René Vincent Pérotteau donne de lui une description physique : taille 1,73 m, visage ovale, front haut, yeux roux, nez court, bouche petite, menton rond, cheveux et sourcils châtains.

Il est incorporé comme soldat en mars 1809, sous le numéro matricule 674, dans l'une des nombreuses cohortes des régiments d'élite de la Garde impériale. En juin 1814, il achève sa carrière militaire à l’âge de 24 ans, au grade de sous-lieutenant, après avoir dirigé aux combats de jeunes recrues surnommées en la circonstance "les Marie-Louise".

Il participe aux campagnes d'Allemagne, d'Espagne, de Saxe et enfin de France :

Campagne

Grade et affectation

Date de nomination

Principales batailles auxquelles ont pris part les 3e et 8e régiments

Allemagne 1809-1810

Soldat dans les cohortes de la Garde

17 mars 1809

Fondue dans la Grande Armée, la Garde Impériale accompagne Napoléon Ier, pour combattre en Autriche la 5e coalition : *bataille d’Eckmühl 22 avril 1809, *bataille d’Aspern-Essling 21-22 mai 1809, *bataille de Wagram 6 juillet 1809

Soldat au 3e régiment de voltigeurs de la Garde

6 avril 1809

Espagne 1811-1813

Soldat au 3e régiment de fusiliers chasseurs de la Garde

1er août 1811

*Estrémadure. *Olivenza 22 janvier,*bataille de Gebora 11 février, *bataille d'Albuera 16 mai 1812

Caporal au 3e régiment de voltigeurs de la Garde

1er octobre 1811

Saxe 1813- 1814, face à la 6e coalition

Sergent au 3e régiment de voltigeurs de la Garde

24 février 1813

Les énormes pertes humaines subies dans la Grande Armée sur le chemin de retour en Russie obligent Napoléon à en recréer une seconde afin de contrer la 6e coalition à l'est de la France au 1er semestre 1813.

*bataille de Dresde, **Leipzig ou bataille des Nations du 16 au 19 octobre 1813

Sergent au 8e régiment de voltigeurs de la Garde

1er avril 1813

France 1814

Sous-Lieutenant au 8e régiment de voltigeurs de la Garde

14 septembre 1813

**Arcis-sur-Aube, du 20- 21 mars 1814

Démissionnaire

4 juin 1814

Situation du printemps 1814 (extrait de l'article de J.-M. Flonneau, 1814-1815 : le Loiret pour sauver l'Empire) :

« Les coalisés hâtent leur marche sur Paris qui est sans défense. Le 29 mars, sur décision de Napoléon, l'Impératrice régente Marie-Louise, le petit roi de Rome âgé de 3 ans, la cour et les ministres quittent la capitale pour se rendre à Blois, où ils arrivent le 2 avril. Au moment de ce départ, Napoléon donne ordre aux commandants des subdivisions militaires de la Loire moyenne de diriger les conscrits sur Orléans. Les préfets du Loiret et du Loir-et-Cher doivent assurer les subsistances et provoquer l'enrôlement des chômeurs en bataillons de volontaires. Le principe d'une résistance soutenue par un gouvernement replié sur la Loire est clairement envisagé.

Paris capitule le 30 mars et le lendemain les coalisés s’y installent. Le 3 avril, le Sénat et le Corps législatif votent la déchéance de Napoléon et de sa famille. Cependant, Napoléon ne s'avoue pas vaincu. Il est à Fontainebleau avec 60 000 hommes, compte se replier au sud de la Loire pour reconquérir ensuite Paris, et ordonne aux troupes encore fidèles de gagner Orléans, par Malesherbes et Pithiviers. Les maréchaux refusent. Napoléon abdique le 4 avril 1814 en faveur de son fils, puis le 6 sans conditions. L'abdication rend vaine toute résistance. Dès le 4 avril, des cosaques pillent Pithiviers et marchent vers la Loire. Ayant quitté Blois, l'impératrice Marie-Louise arrive le 9 avril à Orléans et en repart le 12 pour rejoindre son père, l'empereur d'Autriche à Rambouillet. Le Loiret est ainsi témoin de l'effondrement de l'Empire.»

C’est donc d'Olivet, dans le Loiret, que René Vincent, comme beaucoup d'autres, arrivé au terme de son engagement, présente sa démission au gouvernement provisoire, le 3 avril 1814. Ce courrier, rédigé apparemment en toute quiétude (écrit par un tiers, probablement son ordonnance, privilège du grade), est directement adressé au Colonel Jean Marie Varlet, baron d’Empire, commandant le 8e régiment des voltigeurs de la Garde impériale. Sans réponse de ce dernier, René Vincent le relance le 2 juin 1814, cette fois-ci, de sa propre main. Sa démobilisation est effective le 21 juin 1814 (parution de la Charte constitutionnelle de Louis XVIII le 4 juin 1814).

 

Retour en Vendée

René Vincent épouse en premières noces Marie Jeanne Robert le 25 octobre 1815, à Avrillé ; parmi les invités, Pierre René Pérotteau (1791-1858), maréchal ferrant, son cousin germain, veuf de Rose Françoise Arnaud en 1814.

Depuis son retour dans sa Vendée natale, René Vincent gagne sa vie en étant, tantôt marchand de fer, tantôt forgeron et vendra à l'occasion du vin au détail à la mairie d’Avrillé aux premiers jours de novembre 1815 (Étienne Gauducheau, maire) (Sources : Avrillé, délibérations communales sept.1792-janv. 1838), Pierre Aimé naîtra de cette union le 24 juillet 1816 à Avrillé.

Le 18 décembre 1817, René Vincent adresse d’Avrillé un courrier à l'attention du ministre secrétaire d’État à la Guerre, le sollicitant très humblement pour les sommes non perçues de ses demi-soldes, de sous-officier dans la jeune garde, depuis sa démission acceptée en juin 1814. Il appuie sa requête en stipulant au passage de son incommodité à pouvoir travailler en raison de plusieurs blessures occasionnées durant cette période. Quatre décennies plus tard, sur ce même courrier, dans l'angle supérieur gauche a été rapportée une date. Cette dernière, entourée et surmontée d'un N majuscule laisse supposer que la médaille de Sainte-Hélène lui aura été accordée administrativement le jeudi 17 octobre 1861.

 

Construction des halles d’Avrillé

Marie Jeanne est enceinte à la fin de l'année 1818. Occupe ce moment, la famille demeure sur le terrain où se dressent les actuelles halles d’Avrillé. René Vincent concède à la commune une partie du terrain qu’il occupe avec sa famille, à la condition que celle-ci y fasse construire des halles. À l’époque la commune n'avait pas le budget nécessaire pour ce type de projet, bien que jugé important pour l'intérêt général. Le maire, Jacques Arnault Grossetière (1761-1835), remplaçant le maire Étienne Gauducheau pour raison de santé, finance à ses frais lesdites halles, ce qui fait de lui le fondateur incontesté. Trois années après la construction celle-ci sera expertisée par un charpentier et par un maçon et évaluée à 5 000 Fr., sans compter la valeur du terrain. Réalisé en 1819, l’ouvrage mesure 26 m par 13 m. Le mandat de Jacques Arnault Grossetière, maire d'Avrillé à partir du 1er février 1818, est renouvelé du 19 août 1821 jusqu'au 16 août 1823. Il fit don des halles à la commune comme convenu, le 23 avril 1821. René Vincent pourrait donc en être l'instigateur. Sources : Avrillé, délibération communale : sept. 1792-janv. 1838 (vue 64/121, 80/121).

 

Installation à Saint-Hilaire-la-Forêt

La famille Pérotteau part s'installer définitivement à Saint-Hilaire-la-Forêt, commune voisine. Célestin Honoré naîtra le 7 août 1819 à Saint-Hilaire-la-Forêt.

Le 16 février 1822, Marie Jeanne et leur troisième enfant meurent. Ce dernier, de sexe masculin, jugé non viable à sa naissance ne portera aucun prénom.

René Vincent a 32 ans lorsqu'il épouse Jeanne Aimée Joussemet, le 9 octobre 1822 à Saint-Hilaire-la-Forêt. Cinq enfants naîtront de cette union :

  • Marie Jeanne Adélaïde née le 19 avril 1823 à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Florence Hortense née en 1825,
  • Jean René né le 27 février 1828, décède la même année, à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Marie Rose Alexandrine née en 1829, décède en 1839, à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Jeanne Aimée née en 1829, à Saint-Hilaire-la-Forêt.

René Vincent est maire de Saint-Hilaire-la-Forêt de 1835 à 1842.

À 45 ans, René Vincent épouse en troisièmes noces Marie Honorée Pasquier, le 30 décembre 1835 à Saint-Hilaire-la-Forêt. Elle est certainement entrée à son service pour s'occuper des enfants du couple bien avant le décès de Jeanne Aimée. Cette fille mère est dite femme de confiance, mais qui, pour son malheur, verra le plus jeune de ses deux enfants mourir l'année de son mariage. Celle-ci non plus ne survivra pas à son époux, ils eurent ensemble six enfants.

  • Jacques René né en 1836, décède en 1837, à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Marie Clémentine née le 13 avril 1839, à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Marie Constance Aglaé née le 23 novembre 1843, à Saint-Hilaire-la-Forêt, décède en 1848,
  • Louis René né le 23 février 1846, à Saint-Hilaire-la-Forêt, décède en 1853,
  • Benjamin Joseph né le 28 décembre 1848 à Saint-Hilaire-la-Forêt,
  • Henry Manuel Clément né le 11 octobre 1852 à Saint-Hilaire-la-Forêt.

Marie Honorée Pasquier meurt le 21 janvier 1870 (jour anniversaire de René Vincent) à Saint-Hilaire-la-Forêt.

Après trois mariages et trois veuvages, quatorze enfants seront nés de ces unions dont certains n'atteindront pas l'âge adulte. René Vincent fut garde champêtre de Saint-Hilaire-la-Forêt, dès le 17 juillet 1850 [Délibérations municipales de Saint-Hilaire-la-Forêt mars 1838-1868, vue 29/78].

Il s'éteint le 23 février 1872, à l'âge de 81 ans, reconnu alors rentier de l'État, inhumé près des siens dans le cimetière de sa commune. Depuis, le temps à fait son œuvre, car il ne reste plus rien désormais de sa tombe, certainement délaissée au fil du temps.

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Fonction représentative ou mandat

  • Maire

    Circonscription : Saint-Hilaire-la-Forêt, Vendée

    Date de début : 1835

    Date de fin : 1842

    Règne ou régime : Monarchie de Juillet (1830-1848)

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Références


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