Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Pelletier, Alphonse Narcisse Pierre

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Notice rédigée par : C. Duranteau

Données identitaires

Identité

homme

Portraits
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Portrait de N.Pelletier à son retour, 17 ans après avoir vécu avec les aborigènes d'Australie.

[1] 

Autres Noms

  • Amglo, nom usuel

Nom donné à Narcisse par sa tribu d'adoption

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 01 janvier 1844

à Saint-Gilles-sur-Vie (Vendée, France)

[2]

Filiations
  • Pelletier Martin Helie, degré : Père, profession : Métier du commerce

    Bottier

  • Babin Alphonsine Hypolite, degré : Mère

Décès

le 28 septembre 1894

à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique, France)

Il est inhumé au cimetière de la Briandais à Saint-Nazaire (dans la tombe de sa femme et de son second mari). [3]

[1]
Archives dépt. Vendée, BIB 6230 - Narcisse Pelletier / Photog. Peigné. - 1 impression photomécanique, noir et blanc ; 11,9 × 9,1 cm. In : Le sauvage blanc : de Vendée en Australie / Joseph Rouillé. – (1980) p. 91  
[2]
Archives dépt. Vendée - Saint-Gilles-Sur-Vie - Etat civil Naissances, mariages, décès 1840-1854 - AD2E222/8  
[3]
Thomas Duranteau, Xavier Porteau, Narcisse Pelletier, la vraie histoire du sauvage blanc, éditions Elytis, 2016, 176 p.  

Notice biographique

Notice biographique

Narcisse Pelletier naît à Saint-Gilles-sur-Vie d’un père, bottier, et d’une mère dont la famille compte depuis plusieurs générations de nombreux marins. Après avoir été exclus de l'école communale pour "insubordination et insolence", il embarque dès l'âge de 11 ans pour sa première expérience de mousse sur "le Furet", dont le second n'est autre que son grand-père.

 

Le Saint Paul

Après plusieurs expériences de quelques mois en mer, Narcisse embarque pour un long voyage, le 6 août 1857 sur le "Saint-Paul", un trois-mâts commandé par le capitaine Pinard, partant pour Bombay. Après une escale à Hong Kong, ils firent voile vers Sydney.

 

Malheureusement, en arrivant en vue de l'île Rossel, le trois-mâts vient heurter un banc de corail. Le "Saint-Paul" doit être évacué et il se brise la nuit suivante. Le capitaine réussit, dans un premier temps, à sauver tous ses passagers (317 Chinois qu’il avait embarqués à Hong Kong) et son équipage.

 

Avec une dizaine de ses hommes et le mousse, Narcisse Pelletier, ils partent dans une chaloupe en direction de l’Australie à la recherche de secours. Après plusieurs jours, ils aperçoivent enfin une montagne, c’est le cap Direction où ils abordent à la recherche de nourriture et d’eau. Pendant quatre jours, ils ne mangent que des coquillages et des fruits encore verts, et l’eau leur manque.

 

Les marins se mettent donc en marche, à la recherche de cette eau douce. Narcisse Pelletier, blessé, a du mal à suivre ses camarades et arrive trop tard pour bénéficier de l’eau qu’ils viennent de découvrir. Ses compagnons lui conseillent de rester au bord du trou : « la source n’est pas tarie », « l’eau va revenir ». Pendant ce temps, ils partent à la recherche de fruits… Il ne les reverra plus.

 

Narcisse, au bord de l’épuisement, s’enfonce dans les terres. Il ne peut qu’attendre du secours ou mourir de fatigue. Son salut prend la forme de deux hommes armés de flèches auxquels il essaie de faire comprendre qu’il est abandonné, et qu’il meurt de faim et de soif.

 

La vie dans la tribu Wanthaala

Maademan, un des deux hommes ayant découvert Narcisse, l’adopte et lui donne le nom d’Amglo. Narcisse appartient désormais à la tribu Wanthaala.

 

A 15 ans, loin de chez lui, Amglo va apprendre la langue de sa nouvelle famille et partager leur manière de vivre. Il se fait un nouvel ami, Sassy,  le neveu de son père adoptif, qui lui apprend à fabriquer des flèches, à réparer les pirogues. Ils vont à la chasse et à la pêche. Il se fait peu à peu aux habitudes du clan.

 

Et il apprend à ses dépens les coutumes qu’il convient de respecter. Un jour qu’il a faim, il goûte un poisson qui est réservé aux vieillards de la tribu. Ce malentendu va lui valoir une punition qui lui causera d’horribles souffrances et une plaie à la jambe droite qui engendrera abcès et ulcères.

 

Dans les dernières années qu’Amglo passe dans sa tribu, Maademan le marie à une jeune enfant de la tribu voisine. Narcisse aurait pu être le père de cette enfant qui n’avait que sept ans.

 

Cela fait maintenant dix-sept ans qu’il vit dans sa tribu, il n’est plus français mais aborigène.

 

Le retour en France

Le 11 avril 1875, un navire anglais, le « John Bell » mouille au large des côtes, et envoie une chaloupe à la rencontre de Maademan et de sa tribu. Quelle ne fût pas leur surprise de voir un homme blanc au milieu des aborigènes ! Après avoir offert de nombreux cadeaux au père d’Amglo (biscuit, tabac, collier,…), ils réussissent à convaincre Amglo de les accompagner afin de lui offrir des cadeaux encore plus magnifiques… à bord du navire.

 

À peine est-il à bord de la chaloupe, qu’il est mis en joue. Lorsqu’ils abordent le « John Bell », Narcisse retrouve la compagnie des hommes blancs mais il lui est impossible de se faire comprendre. Pendant le voyage jusqu’à Sydney, Narcisse retrouve quelques mots de français. Mais la première lettre qu’il adresse à ses parents le 13 mai 1875 reste très approximative tant dans le style que dans l’orthographe (voir ci-dessous).

 

Après un séjour de plusieurs semaines à Sydney, Narcisse commence son voyage retour vers la France en passant par Nouméa (août 1875), le détroit de Magellan (septembre 1875), Rio de Janeiro (octobre 1875) pour arriver à Toulon le 13 décembre 1875 où l’attendait un de ses frères. De Toulon, ils partent pour Paris avant d’arriver à Saint-Gilles le 2 janvier 1876 où toute la population l’attend.

 

Un immense feu de joie illumine la liesse des amis et l’émotion de ses parents qui retrouvent leur enfant parti à l’âge de 15 ans et qui leur est revenu à 32 ans. Le lendemain, une messe en action de grâce est célébrée dans l’église de Saint-Gilles que la foule a complètement envahie.

 

La vie après une telle odyssée

Le 25 et 26 janvier 1876, Narcisse adresse une demande pour un poste de gardien de phare, au Ministre de la Marine et des Colonies. Il obtiendra ce poste à Saint-Nazaire.

 

Le 18 octobre 1880, il se marie à Saint-Nazaire avec Louise Désirée Mabileau, une couturière de 22 ans. Sur son acte de mariage, il est "garde des signaux". Il s'occupe en fait du mât des signaux qui se trouve à l'entrée du port de Saint-Nazaire.

 

Il décède à l’âge de 50 ans, à son domicile à Saint-Nazaire [1].

 

Première lettre de Narcisse à ses parents (fautes d’orthographes corrigées pour faciliter la lecture, respectant l’absence de ponctuation de la lettre originale)  :

« Somerst Cap York 13 may 1875

Papa maman je ne suis pas mort je suis vivant narcisse j’étais à bord du Saint Paul de Bordeaux qui avait fait naufrage dans sur le roc du sauvage de l’île les chinois dans l’île (sont) restés les noirs en tuent trois je suis venu dans un petit bateau dans une île des sauvages j’avais cherché de l’eau à boire le capitaine partit dans le petit bateau je cherchais de l’eau dans les bois je restais dans les bois je vois alors les sauvages trois vivaient sur cette côte venir qui m’avaient trouvé le sauvage donne à boire et à manger il m’a pas tué je donne la main il m’a pas donné du mal je suis resté dans le bois bien longtemps j’étais presque mort j’avais grand faim et grand boire j’avais beaucoup de mal »

[1]
Thomas Duranteau, Xavier Porteau, Narcisse Pelletier, la vraie histoire du sauvage blanc, éditions Elytis, 2016, 176 p.  

Vie civile

Autre activité ou profession

  • Métier de la mer et du littoral

    Date de début : 15 mai 1855

    Date de fin : septembre 1858

    • 15 mai au 17 septembre 1855 : mousse sur la chaloupe "Le Furet"
    • 12 mai au 15 octobre 1856 : mousse sur la bisquine "L'Eugénie"
    • 24 octobre 1856 au 29 juillet 1857 : mousse sur  "La Reine des Mers"
    • 6 août 1857 : embarquement comme mousse sur le "Saint Paul"
    • 11 septembre 1858 : échouage du "Saint Paul" au nord de l'île Rossel (Nouvelle-Guinée)
    • fin septembre 1858 : abandon de Narcisse Pelletier au Nord-Ouest de l'Australie (First Red Rocky Point)

    [1]

  • Métier de la mer et du littoral

    Date de début : 1876

    Date de fin : 28 septembre 1894

    Lieu : Saint-Nazaire(Loire-Atlantique, France)

    Gardien de phare, puis garde des signaux au port de Saint-Nazaire.

    [1]

[1]
Thomas Duranteau, Xavier Porteau, Narcisse Pelletier, la vraie histoire du sauvage blanc, éditions Elytis, 2016, 176 p.  

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Références


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