Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Mignen, Gustave

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Données identitaires

Identité

homme

Portraits
Gustave Mignen

Gustave Mignen


Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 08 décembre 1848

à Montaigu (Vendée, France)

Filiations
  • Mignen, Martin, degré : Père, profession : Métier de l'enseignement et de la recherche

    Né en 1817, décédé en 1865. Directeur de l'école de garçons de Montaigu de 1844 à 1865.

  • Bizière, Adèle, degré : Mère

    Née en 1830, décédée en 1882.

Décès

le 13 novembre 1921

à Montaigu (Vendée, France)

Inhumé à : Montaigu

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Médecin

Qualité secondaire :

Homme ou femme de lettres, journaliste, érudit, collectionneur

Notice biographique

Notice biographique

Le premier historien authentique de Montaigu 

Gustave Mignen est né le vendredi 8 décembre 18481, à Montaigu, où son père, Martin (1817-1865), était depuis 1844 le directeur de l’école-pensionnat de garçons2. C’était en cette année 1848 à Montaigu, une période d’opposition quasi unanime au régime politique précédemment en place : les nombreux monarchistes légitimistes du secteur se félicitaient de la chute du régime abhorré de Louis-Philippe, "roi usurpateur"3, tandis que Martin Mignen annonçait à ses amis "la naissance d’un bon petit républicain"4. Mais quatre ans plus tard, la Seconde République sera remplacée par le Second Empire de Napoléon III, auquel Armand Trastour, le très républicain maire du Montaigu d’alors, se ralliera avec empressement5. Plus tard, sous la IIIe République, Gustave Mignen marquera sa solidarité avec les municipalités républicaines successives de Montaigu, mais il ne semble pas avoir nourri beaucoup d’illusions quant au manque de conséquence de ses amis élus locaux, entre les grands principes qu’ils proclamaient et, au quotidien, leurs comportements de notables installés. 

Après le lycée de la Roche-sur-Yon, il poursuivit des études de médecine à Nantes et soutint sa thèse de doctorat le 23 décembre 1873 à Paris : Essai sur les vertiges au point de vue du diagnostic. En 1875, il revint à Montaigu où il s’installa comme médecin, rue de Tiffauges. En 1881, à une époque où la France vivait encore sur des principes sociaux issus de la Révolution et de la loi Le Chapelier aboutissant à une limitation drastique des libertés syndicales, il fut à l'origine de la création de l'Union des Syndicats médicaux de France. Après lui, ses fils, petit-fils, arrière-petit-fils, arrière-arrière-petit-fils… se sont eux aussi orientés vers la médecine4.


Président de l’Union des Syndicats médicaux de France,
Président du Syndicat des Médecins de la Vendée,
Président de la
Société d’Émulation de la Vendée,
le Docteur Gustave Mignen vers 1910, et sa thèse de doctorat.

Ses centres d’intérêt ne s’arrêtaient cependant pas à son domaine professionnel. Très tôt, il se pencha sur l’archéologie et l’histoire locales, alors domaines réservés de "l’érudit" et "homme de lettres" montacutain, Charles Dugast-Matifeux (1812-1894). En 1882, Gustave Mignen devint membre de la Société d’émulation de la Vendée, et il en sera élu président en 1909. Il le restera jusqu’à sa mort, le dimanche 13 novembre 1921. Trois jours plus tard, la cérémonie de son inhumation dans le cimetière de Montaigu sera accompagnée par de nombreux discours de ses pairs.

En 1900, il publia en tiré à part du Bulletin de la Société d’Emulation de la Vendée : Paroisses, églises et cures de Montaigu (Bas-Poitou) (200 p.), qu’il envisageait comme un élément d’un travail beaucoup plus ambitieux : une "Histoire de la baronnie de Montaigu". Son projet n’aboutira pas, cependant dans les années suivantes et toujours dans la même revue, il fera paraître plusieurs articles sur ce thème : en 1902, Les Religieuses Fontevristes de Notre-Dame de Saint-Sauveur à Montaigu (220 p.) ; en 1904, Chartes de Fondations pour l’Aumônerie-Hôpital de Montaigu (38 p.) ; en 1907, Les Maîtresses et Maîtres d’école de Montaigu avant et après 1789 (80 p.).

En 1910, les inondations qui avaient eu lieu en février dans la région parisienne, entraînèrent un mouvement de solidarité nationale qui se traduisit à Montaigu, le dimanche 13 mars, par une "Fête de Bienfaisance" à leur profit. A cette occasion Gustave Mignen donna une conférence sur "L’Ancien Montaigu" dont le manuscrit, inédit à ce jour, a été conservé et constitue pour l’histoire de Montaigu à la fois une base et un bilan. Ce sera là sa dernière œuvre historique. Après sa mort, le "Fonds Gustave Mignen", contenant les brouillons de ses recherches passées et en cours, fut légué aux Archives départementales de la Vendée. Il y est consultable sous la cote 36 J.

A Montaigu et en Vendée, parmi les férus d'histoire locale, Gustave Mignen a fait partie de la génération succédant à celle des "amateurs distingués" du XIXesiècle, tels Benjamin Fillon (1819-1881) ou Charles Dugast-Matifeux (1812-1894) dont le sérieux sinon l’honnêteté des travaux sont aujourd’hui fortement mis en doute6

En 1900, dans l’introduction de sa première publication, il rendit un hommage convenu à ce dernier, tout en soulignant et déplorant qu’il n’avait pas été possible de "[…] retirer des travaux de M. Dugast-Matifeux tout le bénéfice que nous en espérions. Bien des notes, consignées sur de petits carrés de papier, sur des bandes de journaux, et même sur du papier déjà imprimé, qui étaient, pour leur auteur, autant d'indications précieuses, autant de points de repère importants, n'ont plus eu pour nous la précision désirable".

Dans le domaine de la recherche historique, ce changement de génération se traduisit par l’adoption de démarches intellectuelles plus rigoureuses : élimination des partis pris, en particulier partisans, vérification des sources, recours systématique aux documents originaux, capacité à comprendre les individus et les évènements... Ces méthodes de travail scientifiques ont donné des résultats plus fiables que ceux de ses prédécesseurs, et ils ont fait de Gustave Mignen le premier des historiens authentiques de Montaigu.

En 2003, son souvenir a été réactivé par une exposition organisée en son hommage du 2 au 11 mai, au château des Rochettes de Montaigu, sous le titre : "l’Archéologie du XIXe siècle à nos jours à travers l’œuvre du docteur Mignen".


Vendée-Matin, 5 mai 2003.

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Sources et références :

Arch. dép. de la Vendée, état civil de Montaigu : AD 2 E 146/9 (vue 38).

Les maîtresses et maîtres d'école de Montaigu avant et depuis 1789 / docteur G. Mignen. La Roche-sur-Yon : R. Ivonnet, 1907, p. 70-72 (Arch. dép. de la Vendée : BIB 693).
En ligne sur Gallica (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5600180t/f78.image).

Ainsi pour la majorité des habitants de la commune de Saint-Hilaire-de-Loulay dont le maire de l'époque, D. Nacquard, avait accueilli à la Preuille la duchesse de Berry lors de son équipée de 1832, ou pour celle des habitants des communes des Brouzils, de la Boissière-de-Montaigu, de Saint-Georges-de-Montaigu, etc. qui abritèrent jusqu'en 1833 les "Bons enfants" de la "Bande à Depienne", des rebelles légitimistes.

Témoignage familial, rapporté en 2011 par le docteur Jean-Claude Mignen, petit-fils de Gustave Mignen, et à qui l’on doit la photo de son aïeul.

Tout au long du Second Empire, Armand Trastour (1802-1875) fut un fervent partisan de Napoléon III jusqu’à la chute de celui-ci après la défaite de Sedan le 2 septembre 1870. Il fut alors contraint de démissionner de ses fonctions de maire de Montaigu qui échurent à son cousin Olivier Fayau (1829-1900), ayant été lâché par ceux qui l’avaient toujours soutenu jusqu’alors et qui, tel Charles Dugast-Matifeux, se souvinrent opportunément qu’autrefois ils se disaient républicains (cf. les Délibérations du conseil municipal de Montaigu, 7 septembre 1870 - Arch. dép. de la Vendée : 146 D2). 

Cf. les Bulletins de la Société préhistorique française, t. 71, 1974, p. 229, et t. 77, 1980, p. 43 ; la Revue de l'Art, n°78, 1987, p. 84-85 ; ou voir encore La Vendée préhistorique, de Bertrand Poissonnier, 1997, p. 132. 

Vie civile

Autre activité ou profession

  • Métier de la santé

    Date de début : 1875

    Date de fin : 1921

    Lieu : Montaigu (Vendée, France)

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Références


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