Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Martineau, Etienne Benjamin

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Notice rédigée par : Emmanuel François

Fait partie de : Médecins du Bas-Poitou

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 16 juin 1765

à Chapelle-Thémer, La (Vendée, France)

Filiations
  • Martineau, Jean Baptiste Alexandre , degré : Père, profession : Agriculteur

    fermier

  • Martineau, Rose Thérèse, degré : Mère

Décès

le 08 novembre 1828

à Saint-Fulgent (Vendée, France)

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Homme ou femme politique

Qualité secondaire :

Médecin

Notice biographique

Notice biographique

 Martineau Etienne Benjamin (La Chapelle-Thémer, 16 juin 1765 - Saint-Fulgent, 8 nov. 1828).

 

Né à La Chapelle-Thémer le 17 juin 1765 [1] de Jean Baptiste Alexandre Martineau (de Longèves), fermier, et de Rose Thérèse Martineau (de Chassenon), sa cousine germaine, mariés à Chassenon le 3 juin 1761 [2]. Ses parents obtiennent du chapitre de Luçon, un bail à ferme de la cabane de Beauvoir à Triaize, pour 7470 livres en février 1783 [2] [3]

 

Il eut 7 frères et sœurs, dont le plus connu est Ambroise Jean Baptiste Martineau (Chassenon, 30-11-1762 - Nieul-sur-l'Autise, 1846), qui fut député suppléant à la Convention et administrateur du département de la Vendée pendant la Révolution. Un autre frère, Philippe Constant, né à La Chapelle-Thémer, le 14 mars 1768, aurait été assassiné par les insurgés en mars 1793 [2]. Un autre, Venant Joseph Grégoire Martineau, était officier d’état-major de l’armée d’Italie lorsqu’il fut tué à la bataille du Pont d’Arcole en 1796 [4]. Trois sœurs nées, deux à La Chapelle-Thémer, Louise Rose, le 16 mai 1764, et Agathe, le 8 février 1767, la troisième, Thérèse Honorée, née à Pouillé le 26 novembre 1770, épousa en 1794 Pierre Ageron, négociant à Fontenay et qui s’établira aux Herbiers, en devenant le maire de 1807 à 1814.

 

Etienne Martineau fut reçu médecin de la faculté de Montpellier, D M M [5], le 2 juillet 1787 [6]. Franc-maçon, il est membre de la Loge des Cœurs Réunis [2]. Il s’établit à Saint-Fulgent au moins dès l’année 1790. Il s’y maria le 17 mai 1791 avec Catherine Marie Sophie Guyet (Saint-Fulgent, 9 août 1770 - Saint-Fulgent, 1er janvier 1838) [7], fille ainée de Simon Charles Guyet, maître de poste à Saint-Fulgent et gros acquéreur de biens nationaux (abbaye de la Grainetière [8]), et de Catherine Couzin, mariés à Triaize le 19 juillet 1768 [2]. Etienne Martineau n’est pas dit D M M dans l’acte de mariage (une quarantaine de signatures). Trois autres médecins sont présents : Thiériot qui signe D M M, Paul Brisson et Pierre Simon Aimé Merland qui signent : D M [2].

 

En même temps, il s’engagea avec son beau-père du côté des nouvelles autorités municipales, favorables à la Révolution, qui se mettaient en place à Saint-Fulgent. En janvier 1792, il est commandant de la garde nationale de la commune [9]. Il fit aussi partie des électeurs du canton de Saint-Fulgent pour les élections départementales en septembre 1792. Un arrêté du directoire de la Vendée du 5 février 1793 le nomma commissaire pour le canton de Saint-Fulgent en vue d’y organiser la garde nationale. À ce titre, il dirigeait la petite troupe qui est venu le 6 mars 1793 dans le bourg de Saint-André-Goule-d’Oie pour arrêter Jean Aimé de Vaugiraud. Il en fut empêché par un attroupement des habitants [10].

 

Dès cette époque, il était devenu un personnage haï dans la contrée à cause de ses engagements politiques. Les documents conservés ne portent pas témoignage de faits authentiques, pour expliquer sa réputation au jour de la révolte de mars 1793. Mais la « chanson de Macé » en témoigne. Macé était le nom du général qui fut battu par les Vendéens le 19 mars 1793 à la bataille du Pont de Gravereau. La chanson égayait les paysans, sur l’air de la chanson de Malborough. Le refrain était le suivant :

« Marcé s’en va-t’en guerre
Mironton, mironton, mirontaine
Marcé s’en va-t’en guerre
En guerre à Saint-Fulgent ».

Faisant allusion à la fuite des « bleus », un des couplets concerne Martineau avec la prononciation du patois local [11] :

« Martineau sans tchulotte
Les presse vivement
Préparez au pus vite
Cercueil et monument ».

 

Quand le 13 mars 1793 les gens de Saint-André-Goule-d’Oie, menés par Christophe Cougnon, mirent en déroute aux abords du bourg de Saint-Fulgent, un détachement de gardes nationaux commandés par Rouiller, Etienne Martineau et Charles Guyet craignirent pour leur sécurité, et s’enfuirent avec ces derniers vers Fontenay-le-Comte. Le lendemain, Charles Guyet fut rattrapée et massacré par les insurgés, à Saint-Vincent-Sterlanges, à l'auberge du Chapeau rouge, et mourut le lendemain [12].

  

Etienne Martineau se trouvait à Fontenay-le-Comte en août 1793 faisant partie du comité de sûreté générale, recherchant les suspects importants, procédant aux interrogations et déférant à la cour militaire [6].

 

En janvier 1794, il est engagé au Poiré-sur-Vie, dans un combat contre des Vendéens commandés par Joly. Le général républicain Bard, dans une lettre datée de Chantonnay le 11 janvier 1794, et adressée à la société populaire de Fontenay le Comte, écrit : « Je ne dois pas vous laisser ignorer que le brave Martineau, le jeune médecin, a porté le premier coup au fameux curé de St Cécile [Jean Paul Armand Dolbecq, originaire de La Feuillie (Manche) et curé de Sainte-Cécile depuis 1781], dans l’affaire qui a eu lieu au Poiré. » [13].

 

Probablement dès cette époque Martineau habite Luçon. Le 30 mars 1794, il fut l’un des premiers signataires de la dénonciation véhémente de la société populaire de Luçon contre le général Huché, « homme atroce » [6].

 

Il est membre du comité révolutionnaire du district en octobre 1794, alors qu’il est réfugié à Pouillé-le-Fidèle [2].

 

Il revint plus tard à Saint-Fulgent, à une date que nous ignorons avec précision. Probablement dut-il attendre le dépôt des armes du côté royaliste. On sait qu’après l’arrestation de Charette, les autorités mirent en place les nouvelles municipalités cantonales à l’été 1796 dans le bocage vendéen insurgé. À la fin de l’année 1796, Etienne Martineau est président de l’administration municipale du canton de Saint-Fulgent [14]. En avril 1798, il fut nommé commissaire de son directoire exécutif, en remplacement de Louis Merlet qu’il dénonçait comme malhonnête [15].

 

Il résidait alors au logis de Linières (Chauché), à deux kilomètres du bourg de Saint-Fulgent, chez son beau-frère, Joseph Guyet. C’est là que son épouse mit au monde son quatrième enfant. Il avait eu déjà deux garçons nés à Saint-Fulgent, l’ainé en 1792, et le cadet en août 1793. Ce dernier fut baptisé par le vicaire de la paroisse, réfractaire au serment, et l’un des responsables royalistes de la paroisse fut parrain [16]. Mais le père était réfugié à Fontenay et son épouse dû se débrouiller toute seule.

 

Aux élections de mars 1799 de l’administration municipale du canton de Saint-Fulgent, le résultat risquait de tourner à l’avantage des adversaires du clan Martineau. Ce dernier organisa alors avec les électeurs minoritaires une scission de l’assemblée votante. Ces derniers purent élire ainsi, sous la protection de la gendarmerie, des candidats « purs patriotes » de son camp [17].

 

Et puis, sans donner de justification, il annonce à l’administration départementale le 13 juin 1799 son départ pour habiter Luçon [18]. Il démissionna de son poste, mais ne fut pas remplacé, ne revenant alors que rarement à Saint-Fulgent dans la suite. Son logement de Linières fut d’ailleurs mis à sac en son absence par une bande de huit royalistes le 16 septembre 1799 [19].

 

Dans une enquête demandée par le ministre de l’intérieur en 1801, concernant des citoyens vendéens, exerçant des fonctions publiques et anciens révolutionnaires, le préfet de Vendée, Merlet, indique à son sujet : « Martineau, médecin, membre du conseil général. Pendant la Révolution, et surtout pendant la guerre de Vendée, il s’est signalé par une extrême exagération. On lui reproche beaucoup d’actes répréhensibles. Il a acquis une grande fortune qui ne lui a pas coûté cher. » [20].

 

Le préfet était donc informé de la réputation « extrémiste » du personnage. Celle-ci s’amplifia semble-t-il après les évènements dans les livres d’histoire. C’est ainsi qu’on lui attribua à tort un rôle actif et vexatoire lors du refus de prestation de serment du clergé de Saint-Fulgent le 13 février 1791 [21]. On l’a aussi accusé d’avoir interrogé à Fontenay des prisonniers originaires de Saint-Fulgent, profitant de ses connaissances du pays pour les confondre. À notre connaissance la victime la plus proche est un notaire de Bazoges. De même on l’a parfois impliqué dans des tortures de prisonniers vendéens sous les charmilles de la maison de son beau-père, Charles Guyet, dans le bourg de Saint-Fulgent. Or, il était très vraisemblablement absent de la commune au moment des faits.

 

On lui reprocha aussi d’avoir acheté des biens nationaux dans des conditions très avantageuses [22]. C’est vrai dans un cas que nous avons pu étudier, mais pas dans les proportions qui ont alimenté la rumeur [23].

 

Sous l’Empire, il fut nommé maire de la commune des Herbiers du 15 avril 1804 à décembre 1807. Le 2 juillet 1808 il prêta serment comme juge de paix aux Herbiers.

 

Aux Cent-jours de retour de Napoléon, il fut élu le 12 mai 1815 par l’arrondissement de La Roche-sur-Yon représentant à la chambre [24]. On sait que le nouveau retour de Louis XVIII après la seconde abdication de Napoléon rendit cette élection inutile.

 

Grâce à la déclaration faite après le décès de Philippe-Constant (juin 1793), son frère, qui possédait un huitième des biens fonciers échus de son père, puis à la déclaration postérieure au décès de Rose-Thérèse, sa mère, on peut évaluer les biens fonciers de ses parents à leur décès, déclarés au bureau de Fontenay, à un peu plus de 168 000 livres, dont plus de 40 % proviennent d'achats de biens nationaux [25].

 

Etienne Benjamin Martineau est décédé à Saint-Fulgent le 8 novembre 1828.

[1]
Arch. dép. Vendée, La Chapelle-Thémer, BMS 1762-févr. 1766, baptême du 19-06-1765 (vue 25-29)  
[2]
Précision apportée par Jean Artarit, auteur de "Fontenay-le-Comte sous la Révolution" (CVRH, 2014)  
[3]
Les termes de "cabane de Beauvoir à Triaize" ont été substitués à ceux de "métairie de Beauvoir" sur indication de Philippe Moreau le 11-08-2019. Les successeurs de Martineau père furent Jean-Baptiste Boilleau (contre 7100 livres en avril 1790), puis Louis Charles Guyet. A l'époque où la ferme de la cabane de Beauvoir change de mains, Etienne Benjamin prend pour sa mère désormais veuve, la ferme de la cabane du marais salant contre 2260 livres, et son frère, Ambroise Martineau, prend celle de la cabane du Vignaud pour 1150 livres (Arch. dép. Vendée, Me B. Chauveau, 22 mars-30 avril 1790, 3E49-128).  
[4]
Archives de la Vendée, registre des déclarations de mutation, bureau de Montaigu, acte du 10 germinal an 5.  
[5]
D M M : 1ère inscription : Novembre 1784. Baccalauréat : 13 janvier 1787. Thèse : Animadversiones nonnullae circa influxum aeris in generationem morborum epidemicorum. Licence : 26 mai 1787. Doctorat : 2 juillet 1787. Durée du cursus : 32 mois, durée des examens : 6 mois. Précisions apportées par Jean Artarit le 11-01-2017  
[6]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 20, famille Martineau.  
[7]
Archives de la Vendée, étude notariale Frappier : 3E30/13, contrat de mariage d’Etienne Martineau et Catherine Guyet du 16-5-1791.  
[8]
D'après Jean Artarit, la famille Guyet avait acquis pour 200 000 livres de biens provenant de l’abbaye de la Grainetière.  
[9]
Archives de la Vendée, registre paroissial du Poiré sur Vie, signature de l’acte de baptême du 1-1-1792 (vue 30).  
[10]
Papiers de Mercier du Rocher, reg. I, n° 63. Voir aussi : Archives historiques du diocèse de Luçon, bibliothèque, P. Molé, François Cougnon un capitaine de paroisse dans la guerre de Vendée (mémoire de maîtrise, Paris IV Sorbonne), 1990, page 82.  
[11]
Billaud et d’Herbauges, La guerre au bocage vendéen, (1992), page 106.  
[12]
Archives de la Vendée, notaires de Luçon, Jean Claude Pilenière : 3 E 49/111, acte notarié du 7 messidor an 3 constatant la mort de Charles Simon Guyet.  
[13]
L. Brochet, Le canton de Chantonnay à travers l’histoire, Le livre d’histoire (fac-similé 2007), page 38. Chassin, V IV, p. 684.  
[14]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-1, lettre du 30 frimaire an 5 de Martineau, président de l’administration du canton de Saint-Fulgent à Coyau commissaire du pouvoir exécutif départemental à Fontenay. Archives de la Vendée : L 273.  
[15]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-2, lettre du 24 germinal an 6 de Martineau au commissaire exécutif du département (Coyaud). Archives de la Vendée : L 273  
[16]
Archives départementales de la Vendée, état-civil de Saint-Fulgent : registre clandestin, vue 10/78 du document numérisé.  
[17]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-3, procès-verbal du 22 ventôse an 7 de Martineau et lettres du même à Coyaud des 4 et 13 germinal an 7. Archives de la Vendée : L 273.  
[18]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-3, lettre de Martineau à Coyaud du 25 prairial an 7. Archives de la Vendée : L 273.  
[19]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-4, compte-rendu du 3 vendémiaire an 8 de Gérard sur les attaques de partisans à Chauché le 30 fructidor an 7. Archives de la Vendée : L 273.  
[20]
T. Heckmann, « Napoléon et la paix », Editions d’Orbestier (2004), page 85.  
[21]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 6-3, le refus de prestation de serment du curé de Saint-Fulgent en 1791.  
[22]
Archives de Vendée, bibliothèque numérisée : 4 Num 280/27, Félix Deniau, « Histoire de la Vendée », tome premier, page 45 (vue 45).  
[23]
Archives de Vendée, vente de biens nationaux : 1 Q 267 no 1414, vente des Grandes Valinières et Petites Valinières achetées par Beaulieu et Martineau le 9 messidor an 6.  
[24]
R. Robinet et Le Chaplin, Dictionnaire de la Révolution et de l’Empire.  
[25]
Arch. dép. Vendée, 2 Q 2955, Bureau de l'enregistrement de Fontenay, déclarations des mutations et successions, 28 brumaire an II (vue 68/207) et 9 prairial an III (vue 165/207).  

Vie civile

Autre activité ou profession

  • Métier de la santé

    Date de début : 02 juillet 1787

    Docteur en médecine

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Fonction représentative ou mandat

  • Conseiller général

    Règne ou régime : Consulat et Premier Empire (nov. 1799-1814)

    Nomination en l'an VIII

  • Administrateur de département ou de district révolutionnaire

    Circonscription : Vendée, Vendée

    Date de début : 1792

  • Maire

    Circonscription : Herbiers, Les, Vendée

    Date de début : 15 avril 1804

    Date de fin : décembre 1807

    Règne ou régime : Consulat et Premier Empire (nov. 1799-1814)

    Installation le 11 mai 1804
  • Député à une assemblée nationale

    Date de début : 12 mai 1815

    Règne ou régime : Cent Jours (1er mars-22 juin 1815)

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Relations

Références


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