Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Loynes, Jean-Baptiste

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Notice rédigée par : P. Moreau

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 1632

()

Filiations
  • Julius, degré : Père

Décès

le 1687

()

Notice biographique

Notice biographique

Jean-Baptiste de Loynes, seigneur de la Pontherie, Nalliers et l'Isleau-les-Tours. 1632-1687.

Son père, Julius de Loynes, est homme - voire « créature » - de Richelieu, intégré à de vastes réseaux relationnels structurés par des dépendances personnelles et féodales, des alliances, des associations financières dans un appareil d'État balbutiant. Il avait ainsi investi dans l'office : conseiller secrétaire du roi maison et couronne de France et de ses finances en 1636 . Il avait participé aux premières compagnies des Indes : il rachète en 1639 les parts de Thomas Morant, l'un des fondateurs, de la Compagnie des îles de l'Amérique, puis fait partie des premiers investisseurs dans celle des Indes orientales en 1642, aux côtés, par exemple de Nicolas Fouquet [1]. Il est l'un des fondateurs des dessèchements du Petit-Poitou et du Marais de "Champagné vers la mer" [2]. Mort en 1653 il avait été Secrétaire général de la marine entre 1637 et 1648.

Jean-Baptiste est né en 1632 . Il a d'abord épousé en 1657 sa cousine, Élisabeth de Loynes, fille d'un président à mortier au parlement de Metz, mais elle décède « à Loynes proche Moreilles » dès janvier 1663 [3]. Héritier de la seigneurie de la Pontherie, près de Saint-Lô en Normandie, il acquiert « 1a terre et seigneurie de Nalliers et Lisleau les Tours en Poitou par un décret du Parlement (de Paris) du 20 juillet 1660 », puis « la maison noble des Cotines et ses dépendances » après « décret et sentence » rendus à la sénéchaussée de Fontenay le 1er septembre 1667 [4]. Ces acquisitions ont été réunies en 1673. C'est à peu près à ce moment qu'il fait construire le château de l'Isleau/l'Ilôt-les-Tours [5] et y aurait abrité les collections et les livres de la « bibliothèque rurale » de Denis de Sallo [6].

Il s'est en effet remarié avec Gabrielle-Élisabeth Menardeau, veuve de Denis de Sallo, seigneur de la Coudraye, conseiller au Parlement de Paris, fondateur du Journal des savants (1665) [7] et, lui aussi, investisseur dans plusieurs dessèchements poitevins, notamment celui de la Vacherie (paroisses de Champagné et Luçon) [8], décédé en 1669. C'est alors que Jean-Baptiste de Loynes devient en 1671, et pour quelques années, directeur de la Société des marais de Taugon, sous l'autorité de fait du duc de Roannez. Au moins deux cabanes - non bâties - appartenaient à Denis de Sallo selon un partage de 1665[9]. Or Gabrielle-Élisabeth Menardeau était créancière de la succession de son premier époux, notamment en vertu de son contrat de mariage. 

À décès de Denis de Sallo, le revenu de la terre de la Coudraye est ain spécialement affecté au douaire d'Élisabeth Menardeau (3000 livres de revenu) [10] ; celle-ci verse une pension à Claude-Denis de Sallo, son fils [11]. En 1684 Jean-Baptiste arrente avec Jules, son frère [12], 2067 arpents de marais - environ 700 ha -, probablement la totalité des investissements de leur père dans les paroisses de Sainte-Radégonde, Puyravault et Champagné (Marais du Petit-Poitou et Vieux Desséché de Champagné), dont « la maison de Loynes », contre 3300 livres par an. Les héritières de François Gillois et Marie Mocquais reconnaissent en 1763 devoir payer la rente à la saint-Michel au marquis de la Coudraye, « seul représentant de Jean-Baptiste et Julius » en son domicile de Luçon (hôtel de la rue du Port), au lieu du château de l'Isleau (Nalliers) mentionné dans l'acte de 1684 [13]. En plus de la moitié de cette rente, Jean-Baptiste perçoit environ 1500 livres pour la seigneurie de la Pontherie, 1400 livres pour celle de Nalliers (sans compter le château et les terres réservées cultivées par son jardinier) : 4550 livres [14] Gabrielle-Élisabeth Menardeau décède en 1685, Jean-Baptiste en 1687 ; c'est alors que sont rédigés les deux inventaires, dans les maisons de l'Isleau et de Paris, mentionnés dans l'acte de partage de 1699.

Trois enfants lui survivent, tous issus du second mariage :

  • Jean-Baptiste-Philippe, né le 11 janvier 1671 à Paris (voir note 5), héritier pour moitié des « meubles et acquêts » de Denis-Claude de Sallo, son frère utérin, lequel après avoir renoncé à la succession de son père en 1685 avait racheté en 1689 la terre et seigneurie de la Coudraye [15]. Seigneur - après un jugement du parlement de Paris antérieur à septembre 1699 - puis premier marquis de la Coudraye.
  • Jeanne-Geneviève : née en janvier 1672 [16], religieuse professe au couvent de la Visitation de Sainte-Marie de Melun depuis janvier 1688.
  • Gabrielle : née en 1675 [17], pensionnaire puis novice (1694-1695) au couvent de Notre-Dame-de-Fontaine-en-France, diocèse de Meaux (prieuré fontevriste de Fontaines-les-Nones, commune de Douy-la-Ramée, Seine et Marne) [18]. Mais elle revient dans le monde, est héritière des meubles et acquêts de Denis-Claude de Sallo, son frère utérin, épouse Jacques-Jules Le Bel de Bussy, capitaine de vaisseau, futur seigneur de la Marzelle (de Longeville). Elle décède sans enfant survivant.
[1]
Éric Roulet, La Compagnie des îles de l’Amérique, 1635-1651, Presses universitaires de Rennes 2017 : « spécialiste des affaires coloniales et maritimes » (page 126) ; notice (page 610).  
[2]
Dit aussi « Ancien/Vieux Desséché de Champagné » (qui touche à l'Espagne, la mer entre deux). Sur Julius de Loynes et les marais poitevins : Louis-Édouard-Marie-Hippolyte de Dienne, Histoire du dessèchement des lacs et marais en France avant 1789, 1891, consultable en ligne : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6258577t.texteImage# ; Yannis Suire, Le Marais poitevin : une écohistoire du XVIème à l'aube du XXème siècle, C.V.R.H., 2006, 525 p. ; Raphaël Morera, L'assèchement des marais en France au XVIIème siècle, Presses universitaires de Rennes, 2011.  
[3]
Décédée le 13, son corps fut déposé dans l'église de Nalliers le 14 et y fut inhumé le 17 ; Arch. dép. Vendée, État civil, Nalliers B.M.S. 1617-1668, 13 janvier 1663, vue 143/164 : https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd2c6565905a/5e03a27207e73. De Dienne n'a pas retrouvé traces d'une « cabane » de Loynes ; elle était encore décrite en ces termes en 1763, probablement d'après l'acte d'arrentement de 1684 : « la maison de Loynes située proche l'abbaye de Moreilles dans le désseichement du petit Poitou avec trente arpens ou environ de terre, de laquelle dépend aussi un petit village composé de plusieurs petites maisons » ; la cabane de la Brosse est dite ensuite « située proche la maison de Loynes ». Cette cabane figure sur la carte de Cassini au couchant du chemin de La Rochelle.  
[4]
Minutier central des notaires parisiens, Jean-Antoine Caron, 07/01/1699-09/30/1699 | AN MC-ET-IV-300 ; partage entre Jean-Baptiste et Gabrielle de Loynes, 4 septembre 1699, vues 125-189/241. https://en.geneanet.org/archives/registres/view/?idcollection=357381&page=125. Sont partagés les biens de leurs père et mère et ceux de leur frère utérin, Claude-Denis de Sallo.  
[5]
Sur l'Ilôt-les-Tours : abbé Aillery, Mémoire sur cette question : quel est le meilleur plan à suivre pour la rédaction des chroniques paroissiales ? Actes de 1864, Congrès archéologique de France, XXXIème session, Paris, 1865. Pages 292-323. Après un avant-propos, il prend l'exemple de Nalliers. Sur L'Ilôt voir page 316 : (https://www.google.fr/books/edition/Congr%C3%A8s_arch%C3%A9ologique_de_France/Z8VAAQAAMAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=maison+de+loynes+pres+de+moreilles&pg=PA318&printsec=frontcover. Vers 1826 : « le château entouré de douves, les communs qui ferment une cour en fer à cheval, la Grande-Allée et, à l'opposé, le fief des Cotines » : Arch. dép. Vendée, cadastre primitif de Nalliers, section D de l'Ilôt-les-Tours, 2ème feuille : https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005eb9a87d71feb/5eb9a87d7d8d3  
[6]
Charles Dugast-Matifeux, Débuts du journalisme littéraire en France : Denis de Sallo, fondateur du Journal des savants Annuaire de la Société d'émulation de la Vendée, 1883, pp 79-85 ; Arch. dép. Vendée BIB PC 16/14. Les meubles du château de l'Isleau ont été estimés à 2738 livres et la bibliothèque -ou ce qu'il en reste- à 700 livres seulement dans un inventaire du 27 septembre 1687 « par Goupilleau et son confrère ». Les minutes de Jacques Goupilleau, en résidence à Nalliers, n'ont pas été conservées. Sur la bibliothèque parisienne de Denis de Sallo : « Les livres se donnent plutôt qu’ils ne se vendent : la bibliothèque de feu M. de Sallo avait coûté 34 000 livres, les libraires n’en ont jamais voulu offrir que 7 000 livres ; encore demandaient-ils un an de terme. Enfin, elle a été délivrée au frère du défunt pour 7 000 livres, qui est un conseiller d’Église (...) », Lettre de Guy Patin à Charles Spon du 8 décembre 1671, Correspondance complète et autres écrits de Guy Patin, édités par Loïc Capron. – Paris : Bibliothèque interuniversitaire de santé, 2018. Adresse permanente : //www.bi usante.parisdescartes.fr/patin/?do=pg&let=1011  
[7]
Jean-Pierre Vittu, notice « Denis de Sallo », Dictionnaire des journalistes, 1600-1789 ; https://dictionnaire-journalistes.gazettes18e.fr/journaliste/736-denis-de-sallo ; l'auteur utilise Dugast-Matifeux qui consacre la fin de son article à rapporter un exemplum de la Réforme catholique sur les œuvres charitables de Denis de Sallo dont le père était lié à Vincent de Paul, et tiré d'une lettre d’Edme Boursault à l'évêque de Langres. Tous ceux qui se sont intéressés à Denis de Sallo ont noté les difficultés financières dans lesquelles il se trouvait au moment de son décès (prêts, investissements dans les marais...). Dans un acte d'assemblée des habitants de Luçon de 1690 les propriétaires insistent sur les faibles revenus des terres de la Vacherie, redevenues pacages ; le curé répond qu'elles sont retournées à l'état de pacage en raison du choix des propriétaires et qu'elles avaient été fort rentables dans les dix années qui ont suivi le dessèchement. Quoi qu'il en soit, les difficultés financières de Denis de Sallo « rebondissent » sur son fils, Claude-Denis qui renonce à sa succession, et profitent aux Loynes (sur ce Marais : note 11, sur certaines des créances de Denis de Sallo : note 12). Arch. dép. Vendée, minutier de Luçon, 3 E 49 9 Simon Bourdeau 1690-1691, Acte d'assemblée au sujet des dîmes novales dans le marais de la Vacherie, 2 avril 1690, vues 88-98/623. , sinon (depuis août 2021)).  
[8]
Yannis Suire 2006, page 77. René Riou, Les marais desséchés du Bas-Poitou, Paris, 1907 ; réédition numérique, Editions des régionalismes, 2020. Sur la confusion par Cavoleau entre le Vieux Desséché de Champagné et la Vacherie : pages 61-62 ; pour un plan : pages 200-201. Alors que de Dienne, 1891, se contentait de citer Cavoleau, Riou mentionne un Acte de société du 22 août 1658 établi à l'instigation de Gabriel des Villates (seigneur de Champagné), qui concernerait environ 1900 ha. Sur les autres investissements de Denis de Sallo dans les marais poitevins : Yannis Suire, 2006, et l'acte de partage de 1699. Selon des actes notariés postérieurs (ventes ou baux), les terres des Sallo dans le marais de la Vacherie dépendaient du fief de la Coudraye ; ce qui pourrait expliquer qu'elles ne soient pas énumérées dans le partage de 1699 entre Gabrielle et Jean-Baptiste, contrairement à d'autres cabanes situées dans d'autres marais (celui de Taugon, par exemple). Cette appartenance est confirmée par l'acte d'assemblée des habitants de Luçon : « (...) Le dit sieur son père (Denis de Sallo) étant propriétaire de la terre de la Coudraye en Luçon dont les marais appelés la Vacherie en ladite paroisse de Luçon font partie, lesquels étaient en pacage qu'il affermait sans (...) aucun droit de dîme ... » avant le dessèchement. L'acte est particulièrement informé sur la situation de la succession : il mentionne le douaire de Gabrielle-Élisabeth Menardeau, la renonciation à succession de Denis de Sallo par son fils, le douaire de celui-ci... On y retrouve- l'un présent, l'autre cité- Mathurin et Etienne Landriau dans une source à peu près contemporaine du « manuscrit de la Claye ».  
[9]
[12] Yannis Suire, 2006, pages 142-143 ; et, pour les deux cabanes de Taugon : partage de 1699. Yannis Suire mentionne des créances de Denis de Sallo à l'égard de Jean de La Vallée-Corné (Marais de Vix-Maillezais) ; le partage de 1699 entre Jean-Baptiste et Gabrielle fait état des créances à l'égard de Jacques Charlet, converties en trois cabanes à Saint-Jean de Liversay, au marais de Choupeau, à Taugon-la-Ronde, qui reviennent aux Loynes; une transaction avait déjà eu lieu en 1698 entre ceux-ci et Philippe Charlet, chanoine de Saint-Pierre de Poitiers, au nom de l'ensemble des enfants de Jacques Charlet, trésorier de France à Poitiers, qui ont renoncé à sa succession; A.N., M.C., Jean-Antoine Caron | 01/01/1698 - 03/31/1698 | AN MC-ET-IV-293: , et Yannis Suire, page 76.  
[10]
Charles Dugast-Matifeux éprouve très peu de sympathie pour Gabrielle Ménardeau : elle se serait remariée « malgré (une) nombreuse progéniture » (!), puis aurait aidé « à dépouiller ses enfants du premier lit d'une portion de l'héritage paternel. », en commençant par la bibliothèque et les collections rurales. Les sœurs de Claude-Denis devinrent religieuses.  
[11]
En 1680, la somme annuelle allouée par sa mère passe de 1800 à 2000 livres, afin qu'il paie son linge, apprenne le droit suivant son inclination, suive des cours de danse et monte à cheval. Arch. Nat. Y3986B, Registre des tutelles, 30/06/1680 : https://www.geneanet.org/archives/registres/view/14369/409 ; accessible depuis Projet Familles Parisiennes.  
[12]
D'épée, chevalier, lieutenant (avant 1685) puis capitaine des gardes du corps de Monsieur, seigneur de Villefavreux, décédé à Averton (Mayenne) le 30 septembre 1703. Un autre frère, Léon, est abbé de Saint-Vincent-aux-Bois (Eure-et-Loir) depuis 1671 (Minutier central des notaires parisiens : inventaire après décès, testament olographe de Jules de Loynes, et procès-verbal rédigé à Saint-Vincent-aux-Bois ; et Arch. dép. Mayenne, état civil.  
[13]
Arch. Dép. Charente-Maritime, minutier de La Rochelle, Guillaume Delavergne, 27 avril 1763, 3 E 1674-liasse2/fol.255-259. http://www.archinoe.fr/v2/ad17/visualiseur/ir_ead_visu_lien.html?ir=16557&id=25... Le partage de 1699 entre Jean-Baptiste et Gabrielle ne mentionne que la moitié de cette rente, leur oncle Julius étant encore vivant  
[14]
D'après le contrat de vêture de Gabrielle de 1694 et le partage de 1699, actes postérieurs d'une dizaine d'années à son décès. En 1694 la terre de Nalliers était affermée à Jacques Goupilleau, notaire ; le bail est renouvelé pour 5 ans en 1697.  
[15]
L'acte d'assemblée des habitants de Luçon de 1690 n'évoque pas ce rachat ; il est signalé dans l'acte de partage de 1699.  
[16]
Arch. dép. Vendée, État civil, Nalliers B.M.S. 1669-1674, 18 janvier 1672 : ondoiement probable de la future Jeanne-Geneviève, https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd29a5077ee8/5e0780156dda3 ; et Généalogie..., 1895.  
[17]
Arch. dép. Vendée, État civil, Nalliers B.M.S.1675-1678, 21 mai 1675, baptême de Gabrielle ; https://etatcivil-archives.vendee.fr/ark:/22574/s005dd29a5077ee8/5e0780156dda3  
[18]
Contrat de vêture et pension viagère ; Minutier central des notaires parisiens, Jean-Antoine Caron, 01/05/1694 - 31/08/1694, AN ET-IV-278, 16 mars 1694 ; https://www.geneanet.org/archives/registres/view/311357/27; Jean-Baptiste -Philippe les garantit par un revenu total de 5050 livres ; les seigneuries de la Pontherie et de Nalliers, la demi-rente des Gillois (1684) et une rente sur les aides et gabelles acquise après la mort des parents des trois mineurs.  

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Références

Références et ouvrages

  • ref_4]. Robin, il fut conseiller au Parlement de M
  • ref_4]. Robin, il fut conseiller au Parlement de M

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