Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

Espace contributeur

Identifiez vous - Pour en savoir plus

Jean II Harpedane

imprimer la notice complète

Notice rédigée par : Maurice Mignet

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 1363

à Fontenay-le-Comte (Vendée, France)

baptisé en l'église Notre-Dame

Filiations
  • Jean Ier Harpedane, degré : Père

  • Jeanne de Clisson, degré : Mère

    Elle-même, fille d'Olivier IV de Clisson et de Jeanne de Belleville, et sœur du connétable Olivier V de Clisson.

Décès

le 09 juillet 1434

()

Décède le 9 ou 10 juillet 1434

Armes et cachets

harpedane_belleville_armoiries_3.jpg

harpedane_belleville_armoiries_3.jpg

harpedane_jean_ii_1420.jpg

harpedane_jean_ii_1420.jpg


Blason des Harpedane, seigneur de Montaigu et de Belleville :
gironné de gueules et de vair de douze pièces (reprise des armoiries des Montaigu / Belleville).

Sceau de Jean II Harpedane (cire rouge),
Lettres d’abstinence de guerre délivrées au duc Jean V de Bretagne, 6 novembre 1420 
(Arch. dép. de Loire-Atlantique).

Notice biographique

Notice biographique

Jean II Harpedane, violent et autoritaire 


Jean II Harpedane
 naquit vers 1363 du mariage de Jean 1er Harpedane et de Jeanne de Clisson et fut probablement leur seul enfant. Il devait avoir à peine 7 ans quand sa mère mourut et que son père se remaria, sensiblement avant 1372, avec la très jeune Catherine Le Sénéchal Mortemer1. Dès son enfance, il fut confié à son oncle maternel, Olivier V de Clisson, qui s’occupa de son éducation et exerça sur lui une influence qui, dans tous les domaines, se substitua à celle qu’aurait pu avoir son père. Il se maria avec Jeanne d’Apremont, puis avec Jeanne (Jovine) de Mussidan ; de ce dernier mariage il eut deux fils, le futur Jean III Harpedane et Olivier, et deux filles, Jeanne et Marguerite. Le 13 juin 1334 il faisait son testament, et il mourut le 9 ou 10 juillet suivant.




De 1361 à 1517, les Harpedane dans la généalogie des seigneurs, puis barons, de Montaigu
(dès avant 1462, ils se firent appeler Belleville plutôt qu’Harpedane)


Jean II Harpedane
fut toujours au service des Valois, alors que son père, Jean 1er Harpedane, resta toute sa vie fidèle aux Plantagenêts. Il suivit en cela son oncle maternel, Olivier de Clisson, qui autour de 1370 passa du camp du duc Jean IV de Bretagne à une allégeance au roi de France.
Dès 1383, ce changement d'allégeance valut à Jean II de pouvoir hériter des biens de son oncle Thomelin Harpedane, séquestrés en raison son appartenance au parti du roi d’Angleterre. Par le même acte, le roi lui attribuait la propriété des biens possédés par son père qui avaient été eux aussi confisqués pour les mêmes raisons, une attribution faite alors qu’à cette date Jean Ier Harpedane était encore vivant2.
Tout au long de ces années 1380, il suivit son oncle Olivier de Clisson qui venait de recevoir le titre de "connétable de France" peu après l’avènement de Charles VI et la mort de Du Guesclin. On le trouve à ses côtés à Arras, le 1er décembre 1386, dans l’armée se destinait à envahir l’Angleterre. En 1388, il est cité comme chambellan de Charles VI, et vit dans l’entourage du roi…
Il est aussi cité à plusieurs reprises par le chroniqueur Froissart selon lequel il prit part à l’expédition du duc de Bourbon en 1390 dans les États barbaresques et assista au siège avorté de Mahdia sur la côte tunisienne3.


Entre 1391 et 1396, il fut sénéchal de Saintonge où il reçut du roi la ville et la seigneurie de Montendre4. Pendant les années 1395 et 1396, il guerroya en Guyenne sous Enguerrand de Coucy. On le retrouve entre 1396 et 1399 comme sénéchal du Périgord, puis de nouveau comme sénéchal de Saintonge jusqu’en 1407. Ce fut sous son autorité que, le 19 mai 1402, se déroula le célèbre combat de Montendre opposant sept chevaliers français à sept chevaliers anglais5.


Après la mort du connétable de Clisson, en 1407, on refit le partage de la succession d’Olivier IV et de Jeanne de Belleville, entre d’une part les deux filles d’Olivier V, Béatrix de Clisson et Marguerite de Clisson, et d’autre part Jean II Harpedane son neveu, fils de Jeanne de Clisson, qui reçut les terres de Belleville, de Montaigu, de Vendrennes et de la Lande6.
La possession effective de la châtellenie de Montaigu par Jean II Harpedane commença par des relations détestables entre lui et les habitants de la ville. Plusieurs procès en témoignent. Le plus long et significatif, celui du 19 mars 14117, apporte de plus des renseignements sur la population du Montaigu d’alors, grâce auxquels on peut estimer que la ville comptait dans les 1500 habitants avec ses faubourgs (c’est-à-dire du même ordre que ce qu’elle comptera en 1789) : 



Extrait des registres du procès du 19 mars 1411,
entre Jean Harpedane et les habitants de Montaigu.


Jean Harpedenne, voulant contraindre les habitants de sa châtellenie de Montaigu à faire le guet et la garde, demanda d'abord à ses vassaux de faire exécuter ses ordres, mais ceux-ci "rendirent qu’ils ne pouvaient contraindre leurs hommes et sujets à faire le dit guet". Devant leur incapacité, il eut recours à des serviteurs "d'étrange terre", ce qui accrut encore la fureur des habitants. Au refus obstiné de ses sujets, Harpedenne opposa alors la force : les biens furent confisqués, la corvée au château fut imposée. Les habitants firent appel au Roi et obtinrent en 1408 qu'une "sauvegarde fût signifiée et publiée au dit Montagu". Le conflit redoubla de violence car Jean Harpedenne obtint aussi des lettres royales l'autorisant à commander le guet. Devant l'irruption des serviteurs d'Harpedenne dans leur demeure, les habitants firent état de la sauvegarde royale et de leur appel. Faible argument car les serviteurs passèrent aux actes en disant qu'ils "ont la fleur de lis in parte posteriori dorsi et qu'ils ne feraient rien pour le Roy ni pour appel". Au contraire, l'un d'entre eux "était allé par la ville et avait publié que Harpedenne lui avait commandé qu'il tuât jusqu’à XXV de ceux qui empêchaient le guet... et leur avait dit : Villains vous ferez le guet ou je vous ferai couper les têtes". Et, continuant leurs saccages et leurs injures envers la fleur de lys, les hommes d'Harpedenne enfonçaient les huis avec une hache "qu'ils appelaient tête de Roy et quant les bonnes gens disaient qu'ils étaient en la sauvegarde du Roy, ils répondaient qu'ils caraient la tête du Roy et en ferraient et frappaient...". Pour se défendre, les habitants s'assemblèrent en armes à plus de trois cents, guidés par un meneur et sous la direction d'un capitaine8


Durant cette nouvelle partie de sa vie, Jean II Harpedane se partage entre ses nombreuses possessions (il y avait ajouté le 10 octobre 1415 les seigneuries de Cosnac et de Mirambeau en Saintonge, en 1418 celles de Saint-Hilaire-le-Vouhis et de Mareuil, puis d’autres encore…) et l’entourage de Charles VI († 1422), dont il était de nouveau un des chambellans.
C’est une période où on le voit engagé dans un nombre considérable de procès9, sans qu’on sache si cela tient à des réflexes hérités de son passé de sénéchal, aux habitudes et aux désordres du temps, où à un caractère difficile. Parmi ces procès, celui qu’il soutint contre Jean Larchevêque, seigneur de Parthenay, commencé en 1420 n’était toujours pas fini en 1432. En 1418, un autre procès l’opposa aux La Trémoille, en 1428 ce fut contre Gilles de Rais, en 1429 contre Léonard Thévenin… Cette même année 1429, dans un procès du 14 juillet et du 16 août, on apprend qu’un différend grave l’opposant à Maurice de Volvire et ensuite à Nicolas de Volvire, son frère et héritier, seigneurs de Rocheservière et de Ruffec, avait été jusqu’à prendre l’aspect d’une véritable guerre privée : les partisans de Volvire ayant fait le siège de Montaigu et du château de Vendrennes10. Des violences qui semblent partagées et courantes à l’époque : en 1420 Jean II Harpedane fut arrêté et emprisonné au château de Parthenay par son adversaire ; en 1430, dans un autre procès c’est Jean Harpedane qui menace de prison les témoins de son adversaire afin d’empêcher qu’ils se présentent au tribunal...


Ses accords de voisinage avec le duc de Bretagne donnent une idée de l’importance et du degré d’indépendance politique que pouvaient avoir des seigneurs tels que ceux de Montaigu au début du XVe siècle. Ainsi en 1420, il délivre à Jean V des Lettres d’abstinence de guerre, suivies deux ans plus tard d’une Promesse d’observer une trêve de 3 ans, puis en 1433 d’une Promesse de ne contracter aucune alliance qui lui soit contraire.

Sceau de Jean Harpedanne, en bas des "Lettres d’abstinence de guerre" délivrées le 6 novembre 1420 au duc Jean V de Bretagne (Arch. dép. de la Loire-Atlantique).


Au moins durant les dernières années de sa vie, ses relations avec son fils cadet Olivier furent particulièrement houleuses, au point qu’il le déshérita dans son testament. Ceci parce que le dit Olivier s’estimant moins bien traité que son frère qui, en 1428 à l’occasion de son mariage avait reçu une partie des biens patrimoniaux, se conduisit en fils indigne. "S’accointant d’aucuns routiers" il aurait alors pillé, emprisonné et rançonné plusieurs habitants de la seigneurie paternelle de Nuaillé en Saintonge, se serait allié aux Chabot en guerre contre Jean Harpedane et, venu pour réconciliation à Montaigu, en serait reparti en s’étant emparé de vaisselle et de chevaux… 
Ses relations furent meilleures avec son fils aîné, le futur Jean III Harpedane. Après 1434, ce dernier prétendit, sur la foi du testament laissé par le défunt, récupérer la quasi-totalité de l’héritage familial. Ses frère, sœurs et mère l’accusèrent d’avoir manipulé leur père et époux pour son profit exclusif. Il s’en suivit une suite de procès… grâce auxquels on a pu déduire que c’est le 9 ou le 10 juillet 1434 que mourut Jean II Harpedane.

 

--------------------

Sources et références

1 Archives nationales, JJ. 139, n° 96, f° 113 : "estant en l'aage de XIIII ans ou environ, eust esté conjoincte par mariage par ses parens et amis, et mesmement du conseil et consentement de Ragond Bechete sa mere, avec Jehan Harpedanne".

2 Archives nationales, JJ. 122, n° 95, f° 49.

3 Froissart, Chroniques.

4 Archives nationales, JJ. 140, n° 293, f° 342 et JJ. 153, n° 77, f° 37.

5 Jouvenel des Ursins (Jean), Histoire de Charles VI – 1380/1422.

6 Collection de Dom Fonteneau, t. XXVI, p. 335.

7 Archives nationales, X2A 16, f° 24, f° 139-140 ; X2A 17, f° 10-17 v° ; X1A 4792, f° 82.

8 Gauvard (Claude), "L'opinion publique aux confins des états et des principautés au début du XVe siècle", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public, 1973, vol. 4, n° 1, p. 127-152.

9 Les plus importants de ces procès se retrouvent aux Archives nationales dans les registres des actes et arrêts du parlement de Paris ; pour ceux évoqués : X1a 9200, f° 36, 42, 147v° ; X1a 4792, f° 59v°, 61 ; X1a 9191, f° 95 ; X1a 9191, f° 154 ; X2a 18, f° 164, 172 ; X1a 9201, f° 46.

10 Un grave différend qui n’empêcha cependant pas le mariage, avant 1434, de Joachim (1405- ? ), fils de Nicolas de Volvire, avec Marguerite (1415- ? ), fille de Jean II Harpedane.

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Relations

  • Jean Ier Harpedane

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean II Harpedane est le fils de Jean Ier Harpedane.

  • Jean III Harpedane

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean II Harpedane est le père de Jean III Harpedane.

  • Jeanne de Belleville

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean II Harpedane est le petit-fils de Jeanne de Belleville.

Références


Nous écrire