Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Jean Ier Harpedane

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Données identitaires

Identité

homme

Nationalité : française et anglaise

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 1330

(Grande-Bretagne)

probablement dans un comté proche de Londres, la date étant approximative.

Filiations
  • Harpedene, Guillaume (William), degré : Père

    ...ou grand-père de Jean Ier Harpedane.

Décès

le 1389

(Grande-Bretagne)

en Angleterre, durant l'été 1389.

Armes et cachets

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Blason des Harpedane, seigneurs anglais, en 1312 : 
d’argent à une molette [d'éperon] de gueules.

Blason des Harpedane, seigneur de Montaigu et de Belleville : 
gironné de gueules et de vair de douze pièces (reprise des armoiries des Montaigu / Belleville).

Notice biographique

Notice biographique

Jean Ier Harpedane, dernier seigneur pro-Plantagenêts de Montaigu 


On est peu renseigné sur la vie de Jean Ier Harpedane, comme sur celles de ses descendants et, à plus forte raison, de ses ascendants. Elle nous est surtout connue par des citations fugitives de chroniqueurs de l’époque et au hasard d’archives juridiques diverses (actes royaux, minutes de procès, testaments, actes matrimoniaux). De plus, pour les années 1380 à 1406, les dictionnaires nobiliaires et les ouvrages généalogiques confondent souvent ce qui le concerne avec ce qui concerne son fils Jean II.


Les Harpedane sont originaires d’Angleterre. Un bourg (Harpenden) situé à quelques dizaines de kilomètres au nord de Londres porte leur nom qui pourrait être d’origine scandinave : le suffixe "dan" pouvant venir de "danois". A la toute fin du XIIIe siècle, un Guillaume (William) de Harpedene se trouve dans les registres du parlement de Londres1, et un peu plus tard comme grand bailli (high sheriff) du comté d’Essex. En 1312, son blason ("d’argent à une molette de gueules") est parmi les armoiries2 des trente-six bannerets (seigneurs dont le nombre de vassaux était suffisant pour constituer une "bannière", unité de combat dans une troupe de l’époque) du comté proche de Berks (Berk-shire). Il est soit le père soit le grand-père de Jean (John) Harpedane et de son frère Thomelin.



Né vers 1330, Jean Ier Harpedane se maria vers 1361 avec Jeanne de Clisson, fille de Jeanne de Belleville, ce qui fit de lui le seigneur de Montaigu quand son épouse retrouva les possessions familiales saisies en 1343 par Philippe VI de Valois. Il en eu un fils, le futur Jean II Harpedane. Devenu veuf, il se remaria avant 1372 avec Catherine Le Sénéchal Mortemer. C’est par le remariage de celle-ci en juin 1390, que l’on sait qu’au début de l’été 1389, Jean Harpedane quitta Bordeaux et mourut peu après en Angleterre3.




De 1361 à 1517, les Harpedane dans la généalogie des seigneurs, puis barons, de Montaigu
(dès avant 1462, ils se firent appeler Belleville plutôt qu’Harpedane)


Pendant une grande partie de sa vie il guerroya aux côtés de Jean Chandos dont le rôle fut décisif dans les succès anglais des débuts de la guerre de Cent Ans. Il participa en particulier à la "chevauchée" du Prince noir de 1355, puis à celle de 1356 qui conduisit ce dernier à vaincre et à capturer le roi de France Jean II le Bon à Poitiers. En 1360, le traité de Brétigny rendit à Edouard III des territoires que ses ancêtres, ducs d’Aquitaine, avaient dû abandonner un siècle et demi plus tôt, et le 1er octobre 1361, Jean Harpedane devint pour lui châtelain et gouverneur de Fontenay-le-Comte puis, plus tard, en même temps sénéchal de Saintonge où il avait reçu un certain nombre de fiefs.

Quand il devint roi en 1364, Charles V s’efforça de rallier les grands féodaux à lui ; ainsi autour de 1370, Olivier V de Clisson, beau-frère de Jean Harpedane, quitta le camp du duc de Bretagne Jean IV de Montfort pour rejoindre celui du roi de France. A partir de 1369, profitant des difficultés financières du Prince noir, Charles V pratiqua une habile politique de reconquête4 faite de tractations, d’escarmouches, de trêves, de sièges de petites villes et de châteaux… Après le Rouergue, le Quercy, l’Armagnac, le Périgord et le Limousin, elle s’étendit au Poitou et à la Saintonge dont les seigneurs s’étaient majoritairement ralliés à Edouard III. Pour Jean Harpedane, ce fut une période de combats et de déplacements incessants.



1372 fut pour lui une année particulièrement noire. Sénéchal de Saintonge et homme de guerre de son suzerain Edouard III, il était en juin de cette année-là dans La Rochelle qui était investie par le connétable Bertrand Du Guesclin. Une flotte anglaise, commandée par Jean de Hastings, comte de Pembroke, fut envoyée à son secours, tandis qu’arrivait devant la ville une flotte castillane, alliée au roi de France. Jean Harpedane se porta auprès de ses renforts, sans réussir à s’adjoindre le soutien des Rochelais qui voulurent se limiter à garder la ville. Profitant du jeu des marées, des hauts fonds et des tirants d’eau plus faibles de leurs bateaux, les Espagnols détruisirent la flotte adverse et firent de nombreux et illustres prisonniers qu’ils envoyèrent en Espagne5. Jean Harpedane faisait partie du nombre, et il n’en reviendra qu’au début de l’année 1375
.

La Rochelle s'étant rendue le 23 août 1372, Du Guesclin se porta devant Fontenay qui, selon Froissart fut vaillamment défendue par Catherine Le Sénéchal. Mais ne pouvant espérer être secourus, la ville et son château se rendirent les 9 et 10 octobre6, leurs défenseurs obtenant de se replier avec leurs armes sur Thouars où se tenaient tous les chevaliers de Poitou servant le roi d'Angleterre7


De retour de captivité Jean Harpedane, avec son épouse, se retira en Angleterre où il possédait à Raine dans le Devon un manoir dont on n’a pas de traces. A cette époque, tous ses biens sur le continent, en Poitou, en Saintonge et ailleurs, avaient été confisqués par le roi de France, y compris ceux que sa première épouse avait retrouvés en 1360.
Le 1er mars 1384 ou 1385, il arrivait à Bordeaux suite à sa nomination comme sénéchal de Gascogne, une fonction qui faisait de lui le représentant direct du roi d’Angleterre dans son duché de Guyenne, et qui était considérée comme le point d’orgue d’une carrière8. Il y fut amené à soutenir l’oncle de celui-ci, Jean de Gand duc de Lancastre, dans ses ambitions royales en Espagne. Il exerça cette haute et lourde charge judiciaire, politique et militaire jusqu’au 25 juin 1389, c’est-à-dire jusqu’à seulement quelques semaines avant la date présumée de sa mort.


Par ses mariages, par ses possessions et, comme la plupart des nobles anglais de ce temps, par sa culture, Jean Ier Harpedane bien que né en Angleterre eut une vie essentiellement française. Cependant, sa fidélité, durant toute son existence, à ses suzerains Edouard III puis Richard II a été d’une remarquable constance à une époque où les allégeances étaient très changeantes. Aussi, peut-on s’interroger sur ce que furent ses relations avec son fils, le futur Jean II Harpedane, qui très tôt suivit son oncle maternel Olivier V de Clisson dans son ralliement aux Valois. Enfin, que Jean Ier Harpedane ait séjourné, ne fût-ce que brièvement, à Montaigu dont il ne pût être véritablement possesseur du fait de son épouse au mieux que de 1361 à 1372, parait très incertain

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Sources et références

1 The Parliamentary Writs and Writs of Millitary Summons, éd. 1827, vol. 1, p. 345.

2 Le "Rôle du Parlement" ou "Rôle des Bannerets", recense les noms et armoiries des 1110 principaux vassaux anglais du roi d’Angleterre aux environs de 1312. Il est composé de 19 feuilles de vélin, mesurant 15,25 sur 21 cm. (The Great, Parliamentary, or Bannerets' Roll, British Museum's manuscript collection : MS. Cotton, Caligula A. XVIII, ff. 3-21b, blason n°342).

3 Actes royaux du Poitou, t. 5 (1377-1390), DCLXI (février 1383), p. 203, note (bibl. num. de l’Ecole nationale des chartes).

4 Cf. les Grandes Chroniques de France, t.5, de Jean (II) le Bon à Charles (V) le Sage (1350/1380).

5 Froissart (Jean), Chroniques, chap. DCLIX et suivants.

6 En 1890, Jean de Martrin-Donos fit paraître un mélodrame historique en 3 actes et 7 tableaux, intitulée Jehan de Harpedanne ou la prise de Fontenay par du Guesclin le 9 octobre 1372, musique de Paul Grouanne (Arch. dép. de la Vendée : BIB A 27/7).

7 Froissart (Jean), Chroniques.

8 Bériac-Lainé (Françoise) et Challet (Philippe), "les Sénéchaux de Gascogne : des hommes de guerre ? (1248-1453)", in : Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur, 29e congrès, Pau, 1998, p. 207-227.

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Relations

  • Jean II Harpedane

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean Ier Harpedane est le père de Jean II Harpedane.

  • Jean III Harpedane

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean Ier Harpedane est le grand-père de Jean III Harpedane.

  • Jeanne de Belleville

    Nature de la relation : relation familiale

    Jean Ier Harpedane est le gendre de Jeanne de Belleville.

Références


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