Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Jacobsen, Jean-Corneille

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Notice rédigée par : Archives de la Vendée

Données identitaires

Identité

homme

Autres Noms

  • Jacobs, variante patronymique
  • Jacobsen de la Crosnière, titre de noblesse

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 27 décembre 1750

à Noirmoutier-en-l'Île (Vendée, France)

Filiations
  • Jacobsen, Cornil-Guislain, degré : Père, profession : Métier du commerce

  • Cormery, Suzanne-Elisabeth, degré : Mère

Décès

le 19 septembre 1834

à Noirmoutier-en-l'Île (Vendée, France)

Inhumé à : La Crosnière

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Homme ou femme politique

Qualité secondaire :

Entrepreneur, négociant, industriel, financier

Caractéristique sociale

Groupe social d'Ancien Régime

Noblesse

Famile anoblie par lettres antidatées du 11 mars 1787, pour en faire bénéficier Cornil-Guislain, son père, décédé le 19 mars.

Armes et cachets

Blason d'azur à la fasce ondée d'or, au compas de même en chef et au cimeterre de même, posé en pal, en pointe.

Notice biographique

Notice biographique

Jean-Corneille nait à Noirmoutier-en-l’Ile en 1750, probablement le 27 décembre, jour de son baptême[1]. Il est le sixième enfant de Cornil-Guislain Jacobsen et Suzanne-Elisabeth Cormery, et seul fils après la mort d’un premier enfant de sexe masculin en 1746, Louis-Gabriel. Sa famille, bien que récemment installée sur l’île, est déjà bien implantée dans la société noirmoutrine : son père, négociant et armateur, est également syndic général et fabriqueur de la paroisse Saint-Philbert.

Dès 1765, Jean-Corneille est mis en pension à Nantes chez un associé de son père, le négociant Doré, dont il est peut-être également l’apprenti. Il se rend ensuite à Paris, où il est accueilli dans la famille Joly du Berceau, alliée aux Jacobsen par le mariage de sa sœur Suzanne-Elisabeth. C’est sans doute grâce à ce séjour à Paris et à la réputation de son père qu’il est choisi en 1775 comme député de l’île de Noirmoutier afin de défendre les privilèges noirmoutrins, remis en cause par la cession de l’île au Roi. Obtenant gain de cause, il tire de cette fonction un prestige et honneur auprès des Noirmoutrins.

Parallèlement, Jean-Corneille est associé dès les années 1770 aux activités de négoce de son père Cornil-Guislain[2]. Pourtant, il est plus enclin à habiter Nantes, où il réside quai de la Fosse, que sur l’île de Noirmoutier, et seule la mort de son père en 1787 le conduit à s’impliquer davantage dans la société noirmoutrine. C’est pour lui que Jean-Corneille demande l’anoblissement de sa famille, qu’il obtient par lettres antidatées du 11 mars 1787, afin que la mémoire de son père, décédé le 19 mars, puisse en bénéficier.

Jean-Corneille fait un mariage tardif en 1790 avec Balzamie Danguy de Vue, fille de Charles Danguy de Vue et Marie Balzamie Foyal de Donnery et du Goguier. Celle-ci lui donne sept enfants : Charles (1791-1838), Marie (1792-1794), Adolphe (1795), Adolphe (1797-1808), Auguste (1800-1873), Marie-Armand (1804-1866) et Alexandre (1809-1870).

La Révolution amène une période sombre pour Jean-Corneille. S’offrant en 1791 comme otage du Roi Louis XVI suite à la fuite de Varennes, parmi 213 autres personnes, il s’expose de fait aux représailles des révolutionnaires. Il quitte l’île de Noirmoutier en 1792 et se dirige vers Paris, où il fait peut-être partie de ceux qui défendent les Tuileries le 12 août 1792. La même année, il revient à Nantes, où il est arrêté avec sa femme le 25 mars 1793. Lui est emprisonné au château des Ducs, tandis que son épouse se trouve au couvent de la Visitation[3]. Ils sont relâchés après 55 jours de détention, le 24 mai.

Jean-Corneille et sa famille sont assignés à résidence à Blois à partir de mai 1794 et pendant 4 ans, dans une propriété des Foyal de Donnery, famille de la mère de sa femme. Il revient ponctuellement sur l’île de Noirmoutier, notamment en 1796, pour s’occuper de sa pupille et nièce Adèle Mourain de l’Herbaudière. Jean-Corneille retourne définitivement sur son île natale en 1799, bien qu'il continue à résider régulièrement à Nantes où nait son fils Auguste en 1800. Il trouve alors son hôtel particulier dévasté et ses biens pillés suite à l’occupation des Républicains[4].

Les troubles révolutionnaires n’ont également pas épargné les proches de Jean-Corneille : son beau-père, Charles Danguy de Vue, lui aussi emprisonné à Nantes dans la prison de Bouffay, est exécuté le 6 avril 1793 pour avoir participé à l’assaut royaliste de Paimboeuf, de même que sa belle-sœur Marie Danguy de Vue en 1794. Sa sœur Elisabeth-Victoire, épouse de Charles Mourain de l’Herbaudière, est également fusillée en 1794, avec Madame d'Elbée.

Peu de temps après son retour, Jean-Corneille est nommé maire de Noirmoutier, fonction qu’il occupe de 1804 à 1830. Il devient en 1805 conseiller général de la Vendée. Son engagement royaliste durant la Révolution lui vaut d’être présenté au roi Louis XVIII le 26 juillet 1814, qui lui remet l’ordre du Lys et le nomme chevalier de la légion d’honneur.

Poursuivant l’œuvre de son père, il continue le dessèchement des marais noirmoutrins, sur les terrains du Müllembourg, dont les travaux s’étalent de 1810 à 1815. C’est dans ce cadre qu’il fait construire la chaussée qui portera son nom.

Notable local, Jean-Corneille est également un homme instruit, qui possède une riche bibliothèque malheureusement pillée durant la Révolution. Il est membre de plusieurs sociétés savantes, dont la Société patriotique bretonne[5]. Passionné par Voltaire, il nomme Ferney la résidence qu’il fait construire aux Sorbets et publie en 1820 une édition de la correspondance de Voltaire qu’il rachete au cabinet de son légataire Thiérot[6].

Il meurt le 19 septembre 1834, à l’âge de 83 ans, à Noirmoutier-en-l’Ile[7] et se fait inhumer dans le cimetière de la Crosnière.

[1]
Arch. dép. Vendée, AD2E163/1b : Registre paroissial de Noirmoutier (mai 1750-avril 1752).  
[2]
Amis de l’île de Noirmoutier, AAIN 6 D 2 : Grand livre (1737-1786).  
[3]
LURET, William. Les Jacobsen, conquérants de Noirmoutier. In : Iles magazine, 2000, n° 72, p. 18. [Arch. dép. Vendée, BIB C 865-4]  
[4]
CRISTOFOLI, Vincent. L’hôtel Jacobsen, nouvelles découvertes, nouvelles recherches. In : Lettre aux Amis, 2013, p. 16-23. [Arch. dép. Vendée, BIB PC 180]  
[5]
ABENZOAR, Eliane. Le rôle de Jean Corneille Jacobsen dans les rapports entre la Société patriotique bretonne et l’Académie royale des Sciences, Belles-Lettres et Arts de Rouen au XVIIIe siècle. In : Lettre aux Amis, 2007, n° 147, p. 3-8. [Arch. dép. Vendée, BIB PC 180]  
[6]
VOLTAIRE. Pièces inédites de Voltaire, imprimées d'après les manuscrits originaux, pour faire suite aux différentes éditions publiées jusqu'à ce jour. Paris : Didot, 1820, 464 p. [BNF, Z- 27381]  
[7]
Arch. dép. Vendée, AD2E163/1b : Registre d’état-civil de Noirmoutier-en-l’Ile (1834-1835).  

Vie civile

Vie militaire

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Fonction représentative ou mandat

  • Maire

    Circonscription : Noirmoutier-en-l'Île, Vendée

    Date de début : 1804

    Date de fin : 1830

  • Conseiller général

    Date de début : 1805

    Date de fin : 11 juillet 1811

    Règne ou régime : Consulat et Premier Empire (nov. 1799-1814)

  • Conseiller général

    Date de début : 11 juillet 1811

    Règne ou régime : Consulat et Premier Empire (nov. 1799-1814)

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Ordres de chevalerie

  • Chevalier de la Légion d'honneur

    Date de réception : 30 août 1814

Relations

Relations

  • Jacobsen, Cornil-Guislain

    Nature de la relation : relation familiale

    Il s'agit du père de Jean-Corneille Jacobsen.

  • Jacobsen, Auguste

    Nature de la relation : relation familiale

    Il s'agit du second fils de Jean-Corneille.

  • Jacobsen, Marie-Armand

    Nature de la relation : relation familiale

    Il s'agit du troisième fils de Jean-Corneille.

Références


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