Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Jacobsen, Cornil-Guislain

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Notice rédigée par : Archives de la Vendée

Données identitaires

Identité

homme

Autres Noms

  • Jacobs, variante patronymique

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 10 septembre 1709

à Bourbourg (Nord, France)

Filiations
  • Jacobsen, Cornil, degré : Père

  • Le Tellier de Beaulieu, Louise, degré : Mère

Décès

le 25 mars 1787

à Crosnière, La (Vendée, France)

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Entrepreneur, négociant, industriel, financier

Caractéristique sociale

Groupe social d'Ancien Régime

Noblesse

Anobli par lettres antidatées du 11 mars 1787, Cornil-Guislain étant décédé le 19 mars.

Armes et cachets

Blason d'azur à la fasce ondée d'or, au compas de même en chef et au cimeterre de même, posé en pal, en pointe.

Notice biographique

Notice biographique

Cornil-Guislain Jacobsen nait le 10 septembre 1709 à Bourbourg (Nord), ville flamande à quelques kilomètres de Dunkerque[1]. Il est issu du second mariage de Cornil Jacobsen avec Louise Le Tellier de Beaulieu en 1705. À la naissance de Cornil-Guislain, son père est déjà âgé (il est né vers 1644) et fait partie des notables de la ville : il est lui-même ancien échevin et donne pour parrain à son fils un échevin et trésorier de la ville. Il meurt le 3 juin 1711, âgé de 67 ans, alors que Cornil-Guislain n’a pas encore deux ans. Sa mère se remarie avec Pierre Lawrens, maître-chirurgien à Bourbourg en 1713, puis contracte un nouveau mariage en 1724 avec Jean-Baptiste de la Fosse, greffier du présidial de Millam, près de Bourbourg[2]. Ces deux mariages donnent plusieurs demi-frères et sœurs à Cornil-Guislain, en plus de ceux nés du premier mariage de Cornil Jacobsen avec Marie Goetluck en 1669.

 

Cornil-Guislain, étudiant à l’université de Louvain, se destine un temps à une carrière ecclésiastique, avant de choisir la voie du commerce[3]. Après une période probable d’apprentissage, il choisit de s’installer sur l’île de Noirmoutier dans les années 1730 : l’un de ses livres de compte le situe à Noirmoutier au moins à partir de 1739, et peut-être dès 1737[4]. Il établit alors un commerce de divers produits (sel, blé, tabac, bois, vin, etc.) et profite de la situation privilégiée de l’île de Noirmoutier, exonérée de plusieurs impositions. Parallèlement, il acquiert des terres et se met à produire lui-même les marchandises qu’il vend.

 

Cornil-Guislain s’impose progressivement comme un notable respecté de l'île, comme le montre son mariage en 1743 avec Suzanne-Elisabeth Cormery, fille d’Elisabeth Joly du Berceau et de Gabriel Germain Cormery, major de la capitainerie et garde-côtes de l’île de Noirmoutier. La même année, il est nommé aide-major de la capitainerie et également garde-côtes. Cela n’empêche pas quelques frictions avec certains noirmoutrins, comme en témoigne une plainte anonyme de 1741 dirigée contre le gouverneur de Noirmoutier et faisant allusion au trafic de tabac mis en place par Cornil-Guislain.

 

De son mariage avec Suzanne-Elisabeth Cormery naissent sept enfants : Suzanne-Elisabeth (1744-1773), Marie-Jeanne (1745-1816), Louis-Gabriel (1746, décédé à un mois environ), Gabrielle-Angélique (1747-1819), Elisabeth-Victoire (1749-1794), Jean-Corneille (1750-1834) et Anne (1752). Celle-ci meurt en couches à 32 ans, en 1752.

 

Cornil-Guislain continue son ascension sur l’île, devenant fabriqueur et syndic général de la paroisse de Saint-Philbert[5], aide-major d’une compagnie d’infanterie en 1757. Il poursuit ses relations avec des négociants de Dunkerque, Amsterdam et Rotterdam dans les années 1750-1760, puis se concentre sur la façade atlantique en commerçant avec les ports de Nantes, Bordeaux, Bayonne. De par ses activités de négoce, il est aussi armateur de plusieurs navires (le Prince de Condé, le Noirmoutrin, le Patriarche Jacob, la Paix). Pendant la Guerre de Sept ans, il arme le Duc de Bourbon, qui fera trois campagnes entre 1760 et 1761, durant lesquelles seront capturés deux bateaux ennemis, le Duc de Bedford et le Charles. Cette implication permet à Cornil-Guislain d’accroître sa fortune, mais surtout son prestige sur l’île de Noirmoutier.

 

À partir des années 1760, il s’adonne au grand projet de sa vie : accroître le territoire de l’île de Noirmoutier par l’assèchement de terrains. S’inspirant de la technique des polders employée en Flandres, il a pour projet de continuer les dessèchements initiés dès le XVIIe siècle. Il commence d’abord par assécher un terrain au sud de l’île, la Lyde, puis s’associe à Jacques-Augustin Joly du Berceau pour parvenir à dessécher la Crosnière, un territoire situé près de Beauvoir-sur-Mer, mais rattaché à la seigneurie du Prince de Condé. Concédé en 1766, le terrain de plus de 200 hectares sera rapidement desséché et fera l’objet de toutes les attentions de Cornil-Guislain : il y fait ériger une paroisse, Notre-Dame-de-Pé, en 1772.

 

Les mariages de ses filles permettent de sceller des alliances avec ses propres associés et plusieurs familles en vue : Suzanne-Elisabeth se marie avec Jacques-Augustin Joly du Berceau (1770) ; Marie-Jeanne avec le négociant nantais Jean-François Salomon Doré du Perron (1765) ; Gabrielle-Angélique avec François-Laurent Lamandé, ingénieur des Pont-et-Chaussées et architecte reconnu (1773) ; Elisabeth-Victoire avec Charles Mourain de l’Herbaudière, avocat, sénéchal et maire de Noirmoutier (1771).

 

Au faîte de sa popularité, Cornil-Guislain s’applique à construire sur la place d’armes de Noirmoutier-en-l’Ile son hôtel particulier, dont les travaux s’étaleront de 1767 à 1774. Il s’impose également comme un exemple de charité, de par son implication dans la Confrérie du Pot et Bouillon, ancêtre du bureau de bienfaisance, dont il est le « Père des pauvres » depuis 1767.

 

Vieillissant, il confie la gestion des biens de la famille à son fils unique Jean-Corneille, qui poursuit ses projets de dessèchements. Il meurt le 25 mars 1787 et est enterré dans le cimetière de la paroisse qu’il a fondée, à la Crosnière.

[1]
Arch. dép. Nord, 5 Mi 026 R 003 : Registre paroissial de Bourbourg, paroisse Saint-Jean-Baptiste (1691-1716).  
[2]
Arch. dép. Nord, 5 Mi 026 R 041: Registre paroissial de Millam (1614-1736).  
[3]
LURET, William. Les Jacobsen, conquérants de Noirmoutier. In : Iles magazine, 2000, n°72, p. 14. [Arch. dép. Vendée, BIB C 865-4]  
[4]
Arch. dép. Vendée, AAIN 6 D 2 : Grand livre (1737-1786).  
[5]
BOUHIER, Claude. Les syndics de paroisse à Noirmoutier aux XVIIe et XVIIIe siècles. In : Lettre aux Amis, 2006, n° 142, p. 18. [Arch. dép. Vendée, BIB PC 180]  

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