Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Dadoune, Henri Elie

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Notice rédigée par : Philyppe-Bernard Jaunet

Données identitaires

Identité

homme

Nationalité : française

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 24 novembre 1881

à Alger (Algérie)

Filiations
  • Dadoune David, degré : Père, profession : Métier du commerce

  • Maman Sultana, degré : Mère

Décès

le 23 juillet 1943

à Auschwitz (Pologne)

Inhumé à : Auschwitz

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Haut fonctionnaire

Circonstances historiques

Contexte historique
  • Seconde Guerre mondiale
Qualité liée à un contexte historique exceptionnel
  • Déporté (2nde Guerre mondiale)

Notice biographique

Notice biographique

 

Élie-Henri Dadoune, secrétaire général de la Préfecture de la Vendée

 

Élie-Henri Dadoune fut le dernier secrétaire général de la Préfecture de la Vendée avant que l'État français n'imposât ses lois scélérates.

 

Élie-Henri Dadoune avait vu le jour au cœur d'Alger le 24 novembre 1881. Sa sœur cadette, prénommée Mathilde-Dibora, y était née le 3 février 1884, précisément au 56 de la rue Revigo. Leur père, David Dadoune, commis-négociant puis employé de commerce, s'installa bientôt comme négociant en cuirs. Il était né de l'union de Reine Cohen et d'Abraham Dadoune, qualifié de "rabbin de la Nation israélite". Leur mère, qui répondait au joli nom de Sultana Maman, était la fille de Camir Zemour et d'Élie Maman, successivement qualifié de cordonnier et de commerçant. Tous semblent appartenir à d'anciennes familles de la communauté juive algéroise. Le patronyme Dadoun(e), d'origine arabe et à la fois porté par des juifs et des musulmans, semble pourtant venir d'une tribu berbère installée dans le sud du Maroc, les Oulad Dadoun. Rappelons que le décret Crémieux avait accordé en 1870 la nationalité française aux 35 000 juifs d'Algérie.

 

Nous ignorons à quelle époque la famille Dadoune gagna la métropole, quelles furent les premières activités civiles d'Élie-Henri. Alors veuve, Sultana Maman-Dadoune vivait en 1925 à Marseille. Élie-Henri fut appelé sous les drapeaux en 1901, semble-t-il en cette ville. C'est en tous cas au bureau de recrutement établi dans la cité phocéenne qu'il se présenta en 1914, lors de la mobilisation générale. Soldat de deuxième classe, il fut blessé et, frappé de 45 % d'invalidité, réformé à titre définitif et dégagé de toute obligation militaire[1].

 

Engageant ou poursuivant une carrière dans la haute administration, il est qualifié en 1920 d'attaché du cabinet du ministre du Commerce, sans que nous sachions de quel titulaire de cette fonction il était le collaborateur : le radical Étienne Clémentin ou les républicains conservateurs Louis Dubois et Auguste Isaac[2] ?

 

Élie-Henri Dadoune intégra bientôt l'administration préfectorale, connaissant le parcours classique de cinq affectations en près de vingt ans. Quatre villes de province l'accueillirent ainsi en qualité de sous-préfet. Il fut nommé à Florac (Lozère) le 24 août 1921, à Briançon (Hautes-Alpes) le 8 septembre 1924, à Bonneville (Haute-Savoie) le 21 décembre 1927 et à Mauriac (Cantal) le 22 juin 1930. Les neuf années vécues à Mauriac faillirent être interrompues par la nomination d'Élie-Henri Dadoune à la direction des Assurances sociales du Rhône, mais le décret du 21 mai 1932 fut rapporté dès le 25 juin[3].

 

Âgé de 41 ans, sous-préfet de Florac et pourtant domicilié à Paris, au 19 de l'avenue de l'Opéra, Élie-Henri Dadoune fondait une famille en épousant, le 1er février 1923 à Fontainebleau, une divorcée de confession catholique de cinq ans sa cadette, qui résidait en cette ville. Albertine Provot, qui était née le 11 octobre 1886 à Prunay-Cassereau dans le Loir-et-Cher, était la fille de Philomène Le Clech et du terrassier Émile-André Provot. Suivant ses parents à Villeneuve-le-Roi dans le Val-de-Marne et y exerçant le métier d'employée de commerce, elle y avait épousé, le 5 mars 1908, Florimond-Édouard Troullet, qui était employé à l'Assistance publique et résidait à Paris. Leur mariage fut dissous par jugement du tribunal de première instance de la Seine rendu le 8 mars 1922. Ses frère et sœur Alphonse et Alice Provot étaient respectivement ingénieur et couturière à Paris.

 

À Mauriac, le sous-préfet et sa famille étaient logés rue Guillaume-Duprat. C'est là qu'Albertine Provot-Dadoune fut atteinte d'une grave maladie qui devait bientôt l'emporter. C'est dans ces circonstances que son époux apprit sa nouvelle affectation : le décret présidentiel du 6 juin 1939 le nommait en effet secrétaire général de la Préfecture de la Vendée, en remplacement de Foulquié, appelé à devenir sous-préfet de Cholet. La lettre adressée le 3 juillet au préfet de la Vendée par le ministre de l'Intérieur Albert Sarraut annonçait l'installation du nouveau titulaire le 18 de ce mois. Élie-Henri Dadoune avait en effet obtenu un délai pour rejoindre sa nouvelle affectation, dont il informait le préfet dès le 16 juin : "J'ai l'honneur de vous faire connaître qu'en raison de la gravité de la maladie de ma femme, opérée de la vésicule biliaire, des complications sont survenues. Actuellement, elle n'est pas transportable, sa température varie entre 39° et 40. En accord avec M. Berthoin, secrétaire général, ce dernier a bien voulu m'accorder un délai pour rejoindre." Une nouvelle lettre, adressée au préfet de la Vendée par le ministre de l'Intérieur le 2 août 1939, l'informait qu'il accordait à son secrétaire général "le congé de 16 jours qu'il a demandé pour se rendre à Vichy, à compter du 5 août 1939[4]".

 

Albertine Provot s'éteignit dans sa 54e année à l'hôpital de Clermont-Ferrand, rue du docteur Chibret, le 17 août 1940. Son époux demeurait seul avec leur fille unique. L'arrivée de l'enfant d'Alger en Vendée intervenait de surcroît sous de bien sombres auspices. Bientôt vaincue par l'armée allemande, la France s'enfonçait dans une des périodes les plus abominables de son histoire.

 

Pendant sa courte carrière dans le département, Élie-Henri Dadoune connut trois supérieurs hiérarchiques, conséquence de l'instabilité qui régnait en ces temps difficiles : Stéphane Moreau, présent de juillet 1934 à février 1940 ; Raoul Catusse, de février à septembre 1940, admis à faire valoir ses droits à la retraite, mais en réalité limogé ; Gaston Jammet. Ce dernier, nommé préfet de la Vendée par le gouvernement de Vichy le 17, prit ses fonctions le 25 septembre 1940.

 

Les époux Gouin, de La Roche-sur-Yon, vouèrent jusqu'à leur décès une reconnaissance sans borne au secrétaire général de la préfecture, qui les avait sauvés d'une arrestation certaine et d'un sort funeste. C'est que, dans les tout premiers mois de l'Occupation, alors que Élie-Henri Dadoune était encore en poste à la préfecture, il put apprendre que les Allemands allaient procéder à la perquisition du commerce d'armurerie de Paul Gouin, situé rue des Halles. Ce dernier, prévenu la veille, le 20 septembre 1940, parvint à cacher à temps les armes qu'il avait conservé en dépit des interdictions. Son épouse et sa belle-sœur furent néanmoins brutalisées[5].

 

Édicté par l'État français le 3 octobre 1940, le statut des Juifs leur interdisait certaines activités, parmi lesquelles les fonctions publiques, mais c'est pour satisfaire aux termes des lois des 17 juillet et 30 août visant à épurer l'administration que le secrétaire général fut frappé par les mesures discriminatoires qui allaient notamment caractériser la période de l'occupation. Christophe Dubois précise que la loi du 17 juillet, "unique dans l'histoire de l'administration française, permet d'éliminer de la fonction publique toute personne qui ne serait pas en phase avec les mesures de redressement édictées par le nouveau pouvoir".

 

Écrivant dès le 1er octobre au ministre de l'Intérieur que le secrétaire général de la Préfecture, âgé de 59 ans, ne lui paraissait "pas devoir être maintenu dans des cadres administratifs", le préfet mettait en cause sa compétence professionnelle et ajoutait "que M. Dadoune a dépassé la nouvelle limite d'âge fixée par la loi du 12 septembre 1940 pour les secrétaires généraux et sous-préfets et qu'il doit normalement être admis à faire valoir ses droits à une pension de retraite[6]".

 

L'État français, en écartant le préfet Catusse et Élie-Henri Dadoune, exprimait la volonté de changer de manière profonde la mission des préfets, et donc leur profil, mais également des secrétaires généraux et des chefs de cabinet, mesures passant pour être nécessaires pour faire entrer en acte la Révolution nationale[7]. Ce qui fut rendu effectif par un arrêté ministériel du 30 octobre 1940, qui s'accompagnait d'un second, remplaçant Élie-Henri Dadoune par Robert Vignon, chef de cabinet du préfet de la Haute-Vienne.

 

L'ancien secrétaire général était le seul fonctionnaire juif de Vendée. Sa présence est attestée jusqu'à l'été 1942 à La Roche-sur-Yon, où il résida successivement rue Gouvion, au 4 de la rue Magenta, boulevard d'Italie et peut-être boulevard des États-Unis[8]. Il était proche de la "communauté" juive yonnaise et notamment de la famille Masliah, qui habitait la rue Guiné et fut déportée[9].

 

Le préfet informe que son ancien secrétaire général avait "souscrit la déclaration d'israélite", conformément à l'exigence exprimée par l'occupant dès le 27 septembre 1940 de recenser "toute personne de religion juive". Le nombre restreint de juifs présents dans le département – 82 selon le recensement de septembre 1942 – ne justifiant pas la création d'un bureau qui leur serait exclusivement consacré, les services de la préfecture dressaient de simples listes à partir des déclarations qui y étaient faites, en sous-préfecture et en mairie. Ce qui ne présageait pas une surveillance moins étroite des populations ostracisées.

 

L'édiction du second "statut des Juifs", en juin 1941, allait les stigmatiser davantage encore, en imposant notamment la mention de leur religion sur leurs pièces d'identité. Écrivant à son ancien supérieur hiérarchique, le 28 août 1941, Élie-Henri Dadoune lui adressait une demande pour obtenir l’honorariat le priant de bien vouloir la transmettre au ministère de l’Intérieur avec avis favorable. Le préfet de la Vendée transmit la demande le 9 septembre, mais ajouta que "le court laps de temps pendant lequel M. Dadoune fut [son] collaborateur ne [lui] permet pas d'émettre un avis sur sa requête[10]".

 

Cette demande d’honorariat pouvait-elle aboutir ? De nouvelles mesures, prescrites en décembre 1941, contraignaient les juifs à ne pas changer de domicile et à déclarer leur présence de manière régulière au commissariat. C'est essentiellement dans ce cadre qu'intervinrent en Vendée, en mai 1942, au moment où le port de l'étoile jaune devenait obligatoire, les toutes premières arrestations dans une "communauté" majoritairement française et dont les membres qui n'étaient pas encore naturalisés s'apprêtaient à le devenir lorsque s'installa l'État français. Plusieurs personnes furent ainsi interpelées pour "infraction aux lois juives" : originaires de l'ancien Empire ottoman, elles étaient pourtant théoriquement temporairement protégées par l'accord de neutralité signé entre la Turquie et l'Allemagne.

 

Nous n'avons pas l'absolue certitude que ces raisons présidèrent à l'arrestation de l'ancien secrétaire général, mais un faisceau d'indices et de présomptions permet de l'envisager. Le 22 mai 1942, le commissaire de police de La Roche-sur-Yon écrivait en ces termes au préfet de la Vendée : "Malgré divers avertissements, M. Dadoune, ancien secrétaire général de la Préfecture de la Vendée, demeurant boulevard d'Italie à La Roche-sur-Yon, persiste à ne pas se présenter au pointage des sujets israélites. Par égard à son ancienne fonction, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir me faire connaître si je dois sanctionner les manquements de M. Dadoune"[11].

 

Le préfet Gaston Jammet écrivait dès le 29 mai à la feldkommandantur de Poitiers une lettre dont copie était adressée le 18 juin à la kommandantur établie à La Roche-sur-Yon : "J'ai l'honneur d'attirer votre attention sur la situation de M. Dadoune, israélite, ancien secrétaire général de la Préfecture de la Vendée, qui a sollicité l'autorisation de se rendre en zone inoccupée. Nommé en Vendée secrétaire général à la date du 6 juin 1939, il a cessé ses fonctions en novembre 1940. En raison de la situation qu'il a occupée autrefois, je vous serais très reconnaissant s'il vous était possible, à titre exceptionnel, de l'autoriser à transférer son domicile définitivement en zone inoccupée, où il a toute sa famille et tous ses intérêts. Par ailleurs son état de santé seul justifie cette mesure de bienveillance[12]".

 

Une missive est annotée par Aline Rollin, qui était à la fois responsable du bureau des "Relations avec les troupes d'occupation", interprète de la préfecture de la Vendée et de la feldkommandantur établie à La Roche-sur-Yon : "Téléphoner au Dr Merdsche feldk. 677 pour demander l'autorisation d'accepter le laissez-passer. Colonie de vacances[13]". Merdsche était conseiller de l'administration de guerre à la feldkommandantur de Poitiers, dont dépendait la Vendée. Sans doute celui-ci ne répondit-il pas favorablement à la requête qui lui était présentée.

 

Christophe Dubois évoque ainsi Aline Rollin : "Les témoins de l'époque s'accordent à dire que cette femme de caractère [...] est intervenue à de nombreuses reprises auprès des Allemands pour atténuer des sanctions infligées aux populations civiles. Les archives en gardent le témoignage [...] Mais les témoignages lui accordent également des liens avec la Résistance[14]". L'ancien secrétaire général fut-il prévenu par les services de la préfecture, directement par Aline Rollin, que sa situation devenait très délicate ? Sa requête tendant à rejoindre la zone libre est-elle consécutive à la lettre du commissaire de police ? Souhaitait-il simplement faire une cure thermale à Vichy ? Toujours est-il que les événements vont s'enchaîner de façon irrémédiable...

 

La réponse ne se fit guère attendre, puisque le commandant de la Police de Sûreté allemande de Poitiers s'adressait au préfet le 1er juillet en ces termes : "Les motifs indiqués par les demandeurs ne sont pas suffisants. Les demandes ne peuvent par conséquent être acceptées. Vous êtes invité à en informer les demandeurs. L'exécution est à me signaler au plus tard jusqu'au 10 juillet 1942". Le préfet transmettait le 8 juillet à Élie-Henri Dadoune le refus exprimé par les autorités d'occupation et en informait celles-ci le lendemain[15].

 

L'ancien secrétaire général de la préfecture résidait boulevard d'Italie avec sa fille, qui fêtait son anniversaire en ce 20 juillet 1942 : ces moments de joie devaient être les derniers partagés avec son père. Elle l'accompagnait à Nantes deux jours plus tard, où il se rendait chez un médecin spécialiste. À leur retour en fin d'après-midi, la police allemande les attendait à leur domicile. Etait-ce une dénonciation ? Élie-Henri Dadoune fut contraint de quitter sa fille et dirigé sur la prison située boulevard d'Angleterre. Mademoiselle Dadoune se vit remettre cinquante francs, prélevés dans le coffre de son père, où étaient déposés une somme importante, des bijoux et des papiers, par la suite détournés par l'occupant[16].

 

C'est le lendemain 23 que, par une matinée ensoleillée, Gilberte Roy-Andrieu, traversant la ville pour se rendre chez le juge de paix afin de faire légaliser des papiers, empruntant le boulevard Aristide-Briand et longeant la banque de France, entendit une traction freiner, ses portières s'ouvrir et des ordres échangés par des officiers et des civils, en chapeaux et vêtements de cuir noirs. Ils se précipitaient à l'arrière du véhicule pour en extraire un homme tenant un journal à la main et dont le visage était blême, défait... Il franchit immédiatement la porte du siège du SD, qui était installé dans la belle bâtisse dessinée par l'architecte Libaudière, à l'actuel 40 du boulevard.

 

Bouleversée, Gilberte Roy-Andrieu reconnut Élie-Henri Dadoune, son ancien voisin, "discret et réservé" et pensa tout de suite à sa fille, qu'elle connaissait bien. La jeune fille habitait en effet avec ses parents le 1 bis de la rue Magenta et la famille Dadoune avait résidé au 4, situé juste en face et aujourd'hui disparu.

 

Après le départ de son père pour le camp de Drancy, Mademoiselle Dadoune fut aidée par des amis et se réfugia chez son oncle maternel, qui résidait à Nemours, puis à Marseille. Après le déchirement de la séparation d'avec son père survenue à La Roche-sur-Yon, elle ne put lui rendre visite qu'une seule fois, accompagnée de son oncle, à Drancy, avant son départ pour une destination d'où peu de femmes et d'hommes devaient revenir.

 

L'administration française suivait son cours inexorable... Pour satisfaire à la demande de renseignements émanant du ministre secrétaire d'État à l'Intérieur, qui concernait plusieurs anciens hauts membres de l'administration préfectorale parmi lesquels Élie-Henri Dadoune, le préfet de la Vendée demandait le 25 juillet au commissaire principal aux renseignements généraux de La Roche-sur-Yon de remplir d'urgence une notice jointe à sa lettre. Ce dernier ne répondit que le 12 août, mentionnant que l'ancien secrétaire général résidait boulevard des États-Unis et précisant qu'il avait quitté ses fonctions le 16 novembre 1940. La rubrique "observations" était ainsi renseignée : "De race juive – arrêté le 24 juillet 1942 par les autorités allemandes pour infraction à l'ordonnance concernant les mesures contre les juifs[17]".

 

Le préfet de la Vendée, répondant le 27 juillet à une lettre que lui avait envoyée le préfet régional de Poitiers dès le 6, rappelait qu'il lui avait téléphoné le 25 et lui fournissait les renseignements qui lui étaient demandés sur l'ancien secrétaire général, "arrêté par les autorités allemandes, pour s'être absenté de La Roche-sur-Yon sans autorisation". Il précisait sur la fiche que son lieu de détention était La Roche-sur-Yon, ce qui laisse penser qu'il y fut interné au moins du 22 au soir jusqu'au 27. Sa date d'arrestation, plusieurs fois surchargée, demeure illisible[18].

 

Une enquête diligentée par le directeur interdépartemental des Anciens combattants et victimes de la guerre de Paris donna lieu à une réponse du commissaire de police chef de service des renseignements généraux de La Roche-sur-Yon, le 18 février 1955. Celui-ci précisait qu'Élie-Henri Dadoune avait "été arrêté par la Gestapo le 24 juillet 1942, boulevard des États-Unis à La Roche-sur-Yon, alors qu'il était domicilié chez M. Crabeil, chef de bataillon, à l'époque prisonnier de guerre [...] pour infraction à l'ordonnance concernant les mesures prises à l'égard des israélites[19]".

 

Très vraisemblablement transféré au camp de Drancy dans les derniers jours de juillet 1942, l'ancien secrétaire général de la Préfecture de la Vendée y fut interné pendant près d'une année. Le 18 juillet 1943 est en effet le jour de son départ pour Auschwitz, par le convoi n° 57. La date officielle de son décès en ce lieu de sinistre mémoire est le 23 juillet suivant[20]

 

En novembre 2014, une plaque commémorative a été installée à la préfecture en hommage à Henri Dadoune[21].

[1]
Archives de la Vendée, 2 M 14.  
[2]
Ministère du Commerce. Personnel entré avant 1945. Inventaire par Chr. Douyère-Demeulenaere, D. Fève et M.-P. Schmitt (ressource en ligne).  
[3]
Le personnel de l'administration préfectorale. 1881-1926. Répertoire nominatif par Christiane Lamoussière et Patrick Laharie, p. 152.  
[4]
Archives de la Vendée, 2 M 14.  
[5]
Témoignage de Françoise Gouin-Grousset, fille de Paul Gouin.  
[6]
Archives de la Vendée,  1 W 12.  
[7]
Voir Marc-Olvier Baruch : Servir l'État français. L'administration en France de 1940 à 1944.  
[8]
Témoignages de Jeannine Dadoune et de Gilberte Roy-Andrieu. Archives de la Vendée,  1 W 107.  
[9]
Témoignages de Jeannine Dadoune et de Gilberte Roy-Andrieu.  
[10]
Archives de la Vendée,  1 W 12.  
[11]
Archives de la Vendée,  1 W 107.  
[12]
Archives de la Vendée, 1 W 56.  
[13]
Archives de la Vendée,  1 W 107.  
[14]
« Aline Rollin », notice de Christophe Dubois, in Dictionnaire des Vendéens (ressource en ligne sur le site des Archives de la Vendée).  
[15]
Archives de la Vendée,  1 W 57.  
[16]
Témoignages de Jeannine Dadoune et de Gilberte Roy-Andrieu. Archives de la Vendée,  1 W 107.  
[17]
Archives de la Vendée, 1488 W 14.  
[18]
Archives de la Vendée, 1 W 74.  
[19]
Archives de la Vendée, 1488 W 14.  
[20]
Journal officiel du 30 août 2007. Arrêté du 2 août 2007 portant apposition de la mention "Mort en déportation" sur les actes et jugements déclaratifs de décès. Dans la base du mémorial de la Shoah, Henri Dadoune est enregistré comme déporté par le convoi n° 57 du 18.07.1943  
[21]
Sources générales Le train de Drancy, par Christophe Dubois et Thierry Heckmann (ressource en ligne sur le site des archives de la Vendée). Christophe Dubois : « 1940. Une communauté juive en Vendée ? », in Recherches vendéennes, 2012, pp. 171-185. Notice biographique d'Élie-Henri Dadoune, par Christophe Dubois. Notice biographique d'Élie-Henri Dadoune, par Yves Hello. Essai biographique d'Élie-Henri Dadoune, par Philippe Jaunet, lu en introduction à la deuxième Veillée ligneronnaise, le 26 février 2011 à Saint-Christophe-du-Ligneron. http://www.memorialdelashoah.org http://memorial-genweb.org  

Vie civile

Emploi public

  • Collaborateur de cabinet

    Date de début : 1920

    Date de fin : 1920

    Lieu : Paris(Paris, France)

    Règne ou régime : Troisième République (1870-1940)

    Attaché du cabinet du ministre du Commerce

  • Sous-préfet

    Date de début : 24 août 1921

    Date de fin : 08 septembre 1924

    Lieu : Florac(Lozère, France)

  • Sous-préfet

    Date de début : 08 septembre 1924

    Date de fin : 21 décembre 1927

    Lieu : Briançon(Hautes-Alpes, France)

  • Sous-préfet

    Date de début : 21 décembre 1927

    Date de fin : 22 juin 1930

    Lieu : Bonneville(Haute-Savoie, France)

  • Sous-préfet

    Date de début : 22 juin 1930

    Date de fin : 06 juin 1939

    Lieu : Mauriac(Cantal, France)

  • Secrétaire général de préfecture

    Date de début : 06 juin 1939

    Date de fin : 30 octobre 1940

    Lieu : Roche-sur-Yon, La (Vendée, France)

    (Vendée, France)

Vie militaire

Service

Date de début : 1901

Date de fin : 1918

Classe de recrutement de mobilisation : 1901.

Soldat de deuxième classe.

Guerre de 1914-1918. Lieu de recrutement : Marseille. Mobilisé et blessé. Réformé à titre définitif : 45 % d'invalidité. Dégagé de toute obligation militaire.

Carrière ecclésiastique

Vie politique

Vie artistique et littéraire

Vie sociale

Relations

Relations

Références


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