Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Bégo

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Notice rédigée par : Maurice Mignet

Données identitaires

Identité

homme

Nationalité : franque ou aquitaine (empire carolingien)

Autres Noms

  • Bégon, variante patronymique
  • duc d'Aquitaine, titre de noblesse

Naissance, Filiation et Décès

Décès

le décembre 0844

à Saint-Georges-de-Montaigu (Vendée, France)

Mort sur Saint-Hilaire-de-Loulay en décembre 844 (ou décembre 843, selon René Merlet).

Autres Illustrations

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Notice biographique

Notice biographique

Rivalités entre Bretons et Francs au Haut Moyen Âge près de Montaigu

 

En décembre 844, Bégo (ou Bégon), duc d’Aquitaine, mourut sur la limite des actuelles communes de Vieillevigne et de Saint-Hilaire-de-Loulay, qui est aussi celle de la Loire-Atlantique et de la Vendée, et depuis un millénaire celle de la Bretagne et du Poitou.


Cet événement, lointain dans le temps mais proche dans l’espace, est connu par une source unique, la Chronique de Nantes1, qui porte sur les années 570 à 1049, et fut rédigée probablement peu après 1050. Tous les écrits postérieurs l’évoquant se basent sur elle. Le texte original n’est pas parvenu jusqu’à nous, mais il a été reconstitué en 1896, par l’archiviste paléographe René Merlet2, principalement à partir de Cronicques et Ystoires des Bretons (1480) de Pierre Le Baud3, de la Chronique de Saint-Brieuc (v. 1415), d’un Recueil manuscrit de l’église de Nantes (disparu) et de quelques autres sources fragmentaires. Ce sont elles aussi qui, par Pierre Le Baud interposé, ont été pour cette période une des sources d’Histoire de Bretagne d’Arthur de La Borderie4, qui fait encore référence aujourd’hui, et dont il ressort...


Autour de l’année 843, Nominoë s’efforçait de faire reconnaître le retour de l’indépendance de la Bretagne par Charles le Chauve, petit-fils de l’empereur Charlemagne. Son lieutenant, Lambert, ayant battu et tué le comte de Poitiers, Renaud, venu le mettre à raison, prit le comté de Nantes et attribua à titre héréditaire le pays d’Herbauge à son neveu Geoffroy, le pays des Mauges à Rénier, le pays de Tiffauges à Girard.
Pour reconquérir ces territoires perdus, Charles le Chauve nomma alors un nouveau duc d’Aquitaine, Bégo. Celui-ci se dirigea vers Nantes et fit construire, à proximité de la Loire, un château-fort auquel il donna son nom, mais il ne put affronter ses adversaires qui, ayant été prévenus, s’étaient dérobés. Cependant quand Bégo prit le chemin du retour, son arrière-garde fut rattrapée et mise en fuite par ceux-ci alors qu’elle passait les "gués du Bléson" (ou Blaison), et il fut lui-même tué dans cette affaire, puis inhumé à Durinum, en pays de Tiffauges.
Geoffroy s’empara alors de son château, mais une expédition de Normands, venus piller les rives de la Loire et leurs villes, l’en chassa peu après.




Localisation des "gués du Bléson" sur une carte des "Pays" ("pagi") du nord du royaume d’Aquitaine, à l’époque du démembrement de l’empire de Charlemagne lors du traité de Verdun en août 843, selon A. Longnon, Atlas historique de la  France depuis César jusqu'à nos jours.


La localisation précise de cet événement, c’est-à-dire celle des "gués du Bléson", présente une certaine incertitude. Une première hypothèse localiserait naturellement ces gués le long de l’ancienne voie romaine qui joignait Saintes (Mediolanum Santonum) à Rezé (Ratiatum), à l’endroit où elle traversait le Blaison, près de la Guérinière de Vieillevigne, et où se trouve une "planche" faite de longues pierres plates et qualifiée de "pont gallo-romain" par les érudits locaux du XIXe siècle. Une seconde hypothèse, la localiserait dans le bas de la Guittonnière de Vieillevigne et de la Petite Roulière de Saint-Hilaire-de-Loulay, où existe aussi une autre "planche" du même type et que les mêmes érudits qualifièrent de "pont gaulois"5.




Sur la limite entre Vieillevigne et Saint-Hilaire-de-Loulay,
les deux lieux ayant pu voir la fin de Bégo, duc d’Aquitaine :
- à gauche, en bas de la Guittonnière avec la planche dite
"le pont gaulois",
- à droite, en bas de la Guérinière sur le tracé de l’ancienne voie romaine
de Saintes à Rezé (janvier 2016).


Pour ce qui est du "château de Bégo", édifié près de Nantes et de la Loire, il a laissé son nom à Bouguenais et à Château-Bougon, tandis que "Durinum" (ou "Durivum", ou "Durin"), correspond au Saint-Georges-de-Montaigu d’aujourd’hui. Quant aux limites des pays d’Herbauge, de Tiffauges et des Mauges, "pagi" carolingiens réputés héritiers des circonscriptions administratives de l’empire romain, elles sont d’un tracé très incertain.


La relation dans la Chronique de Nantes de la triste fin sur les bords du Blaison de Bégo, duc d’Aquitaine, bien qu’elle ait été rédigée deux siècles plus tard et qu’elle soit à lire avec le recul qui s’impose, renseigne indirectement sur le contexte de l’époque :
- les expéditions des Normands qui, remontant les fleuves telle la Loire, ravageaient la région, et étaient à l’occasion utilisés comme alliés par les chefs locaux, y sont confirmées ;
- on y voit que la France n’existait pas encore, mais que le petit-fils de Charlemagne, Charles le Chauve, était devenu suite au traité de Verdun d’août 843, le chef de la partie ouest de l’empire franc, appelée Francie occidentale ;
- on y voit aussi que la Loire marquait la limite nord du royaume d’Aquitaine, tandis qu’au-delà s’étendait le royaume de Neustrie, constituants l’un et l’autre de cet empire carolingien désormais tripartite ;
- elle témoigne enfin du début de l’expansion bretonne au sud de la Loire, expansion qui, de façon fluctuante de ce milieu du IXe siècle à la fin du siècle suivant, inclura les pays d’Herbauge, de Tiffauges et des Mauges au "royaume" breton d’alors, et qui se stabilisera vers l’an 1000 autour de  "Marches séparantes de Bretagne et du Poitou".

 

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Sources et références

1 Merlet (René), Chronique de Nantes, 1896, chapitre VIII, p. 22-25.

2 Sorti en 1891 de l’École nationale des chartes, René Merlet (1866-1933) a été pour la période médiévale un spécialiste de l’histoire de l’Eure-et-Loir et de Chartres, où il fut archiviste départemental, et sur lesquels il a écrit une douzaine d’ouvrages. En 1891, il avait aussi fait publier : Guerres d’indépendance de la Bretagne sous Nominoë et Érispoë, 841-851. Pour la mort de Bégo, duc d’Aquitaine, il donne l’année 843 et non 844.

3 Le Baud (Pierre), Cronicques et Ystoires des Bretons, 1480, édition 1911, tome 3, p. 97.

4 La Borderie (Arthur de), Histoire de Bretagne, 1898, tome 2, p. 44.

5 Cf. pour ces localisations : Prévoteau (Raoul), Atlas cantonal de la Vendée, 1/50 000, 1887, sur la carte du canton de Montaigu, le tracé présumé avec un fort degré de certitude de la voie romaine de Saintes à Rezé-lès-Nantes (Arch. dép. de la Vendée : BIB ATLAS 45, canton de Montaigu, vue 6/10), ainsi que le cadastre de 1818 de Saint-Hilaire-de-Loulay, section K, 2e division (Arch. dép. de la Vendée : 3 P 224), et le cadastre de 1822 de Vieillevigne, section F, 1re division (Arch. dép. de la Loire-Atlantique).

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