Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Allain, Louis-Marie

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Notice rédigée par : Emmanuel François, J. Artarit

Fait partie de : Dictionnaire du clergé vendéen, XIIIe-milieu XXe siècle

Données identitaires

Identité

homme

Naissance, Filiation et Décès

Naissance

le 30 octobre 1751

à Bressuire (Deux-Sèvres, France)

Filiations
  • Jean, degré : Père

  • Chereau, Marie, degré : Mère

Décès

le 22 janvier 1823

à Montaigu (Vendée, France)

Qualité(s) ou fonction(s) principale(s)

Qualité principale :

Ecclésiastique

Circonstances historiques

Contexte historique
  • 1789-1799
Qualité liée à un contexte historique exceptionnel
  • Prêtre réfractaire

Notice biographique

Notice biographique

 

(° *Bressuire [Notre Dame], 30-10-1750 - + *Montaigu, 26-01-1823).

Fils de Jean Allain et de Marie Chaireau.

Vicaire de Nalliers. Curé de Saint-André-Goule-d’Oie depuis mai 1783, succède à François Chevreux, nommé chanoine de Luçon. Représenté à Poitiers, en mars 1789, par Jean Louis Guérin, curé de Mauprévoir (86). Refus du serment. Dernière signature sur le registre de la paroisse le 19 juin 1792, ensuite : le maire. Se cache avec Remaud, Brillaud et Brenugat. Ajoute des actes sur le registre de 1792, en 1793, en particulier un acte de baptême effectué le 12 avril 1793, à Saint-André-Goule-d’Oie. Tient aussi un registre clandestin de janvier 1793 à février 1794. Présent au synode du Poiré-sur-Vie, le 04-08-1795 (n° 9 de la liste). Prête le serment dit "de haine", en l'an VI, se rétracte. Le Directoire arrête qu'il sera déporté le 8 frimaire an VI (29 novembre 1797). Envoyé à Rochefort, s'évade. Desservant de Saint-Mars-la-Réorthe, prête serment, à Fontenay, le 27-04-1803. Tient le registre de catholicité de Saint-Mars-la-Réorthe de juillet 1803 au 31-12-1804. Curé de Boufféré en 1816, puis de Montaigu en 1818. Décédé curé de Montaigu, « âgé de 73 ans » [1].

Pensionné par l'état en 1817 (précision de J. Rivière).

 

Notice rédigée par Jean Artarit (mars 2011)

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Informations complémentaires :

Curé de Saint-André-Goule-d’Oie depuis mai 1783, Louis-Marie Allain fit procéder en 1784 à la réparation de la charpente de l’église paroissiale et des boiseries des autels, ainsi qu’à la construction d’un grenier au presbytère [2].

 

En 1786, il passa une transaction avec le seigneur de la Rabatelière pour mettre fin au régime seigneurial que ce dernier possédait sur la chapelle de Fondion dans la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie  [3]. Cet édifice était en ruine et le prieur de Saint-André avait cessé d’y dire des messes, malgré l’obligation qu’il en avait, ainsi que d’entretenir le bâtiment. Ces obligations étaient la contrepartie de la possession par le prieuré de Saint-André de la métairie de Fondion. Le seigneur abandonna les obligations du prieuré sur la chapelle, tout en lui laissant la jouissance de la métairie.

 

A la fin de l’année 1790, le curé Allain subit les menaces du procureur-syndic de Montaigu, Philippe Charles Aimé Goupilleau qui l’accusait de plusieurs choses : mauvaise présentation au prône de la messe du dimanche des décrets de l’assemblée nationale, immixtion sur les modalités de fonctionnement des assemblées votantes de la commune de Saint-André, intervention auprès de la municipalité qui avait demandé de ne pas vendre tous les biens du prieuré, volonté d’acquérir soi-même des biens d’église, et même mauvaise influence dans le confessionnal. A toutes ces accusations, le prieur Allain répondit dans une lettre au  procureur-syndic en date du 24 décembre 1790 pour les réfuter ou pour s’en expliquer, et en lui déniant tout droit  d’évoquer son confessionnal [4].

 

En 1795, le curé Allain était revenu vivre à la vue de tous dans son presbytère, avec l’assentiment écrit de Hoche [5]. Cette année-là, il acheta des bestiaux pour les louer à ses anciens métayers de Fondion, cette métairie ayant été vendue comme bien national. A cette occasion, il entra en conflit avec le nouveau propriétaire de la métairie de Fondion, qui avait été vendue comme bien national en 1791. Ils s’opposaient sur la propriété des bestiaux et saisirent tous les deux le juge de paix de Saint-Fulgent les 8 et 17 juillet 1796 [6].

 

Allain gageait  une bonne, Marie Gaboriau, ancienne domestique chez le notaire de Saint-Fulgent, à la date du 31 aout 1796 [7].

 

Le curé Allain prêta le serment dit "de haine", en l'an VI, pour s’assurer la liberté d’exercer le culte, tout en le regrettant. Puis il se ravisa et ne vint plus dans son église célébrer le culte, préférant la maison de François Fluzeau à la Brossière, pour éviter de voir la copie de son serment affiché à la porte de l’église paroissiale [8]. Interrogé sur la conduite à tenir par le commissaire exécutif de Saint-Fulgent, celui du département, Coyaud, envoya au ministre de la police un dossier concernant 37 prêtres de la Vendée, dont Allain, avec des informations personnelles sur chacun d’eux [9]. C’est le Directoire, Barras à sa tête, qui décida le 29 novembre 1797, de la déportation du prieur de Saint-André-Goule-d’Oie, en même temps que celle du vicaire de Saint-Fulgent [9].

 

 Notice complémentaire rédigée par Emmanuel François (17-01-2017)

[1]
Chassin P III 92-98 ; SEV, 1899  
[2]
Archives de Vendée, notaire de Saint-Fulgent, Frappier 3 E 30/10, acte d’assemblée d’habitants de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie du 12-9-1784.  
[3]
Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 66, transaction entre Montaudouin et le prieur de Saint-André sur la chapelle de Fondion du 17-9-1786.  
[4]
Médiathèque de la ville de Nantes, Fonds Dugast-Matifeux : I, volume 25, no 1.  
[5]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-I, lettre du 20 messidor an 4 de Merlet au commissaire du département, indiquant l’affirmation du curé.  
[6]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds Boisson : 7 Z 73-1, justice de paix de Saint-Fulgent du 28 messidor an 4, acte de non conciliation entre Robin et Allain concernant des bestiaux sur la métairie de Fondion.  
[7]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds Boisson : 7 Z 20, famille Frappier, transaction du 17 fructidor an 4 entre les héritiers de Claude Joseph Frappier et Marie Gaboriau.  
[8]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds Boisson : 7 Z 12-2, lettre du 1e brumaire an 6 du commissaire exécutif de Saint-Fulgent, Merlet, au commissaire du département.  
[9]
Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds Boisson : 7 Z 74-1, lettre du ministre de la police au commissaire exécutif de la Vendée du 14 frimaire an, et arrêté du directoire du même jour condamnant Allain et Brillaud à la déportation. (Voir aussi : Archives de Vendée L 274).  

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