Archives départementales de la Vendée avec le concours de la Société d'émulation de la Vendée Dictionnaire historique des Vendéens

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Adam, Marie Antoinette Pétronille

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Notice rédigée par : Jean Rigaudeau

Fait partie de : Essai

Données identitaires

Identité

femme

Autres Noms

  • Chevalier Adam, surnom

Naissance, Filiation et Décès

Filiations
  • Alexis-Samuel de Lépinay du Pally

Décès

le 21 décembre 1793

à Fontenay-le-Comte (Vendée, France)

Circonstances historiques

Contexte historique
  • 1789-1799
Qualité liée à un contexte historique exceptionnel
  • Insurgé vendéen ou considéré comme tel
  • Fusillé, guillotiné ou exécuté

Notice biographique

Notice biographique

Agée de 33 ans, fille adultérine du marquis Alexis-Samuel de Lépinay du Pally de Chantonnay, celui-ci l’avait somptueusement dotée lors de son mariage le 19 octobre 1790, à Chantonnay, avec Charles-Nicolas-Dominique Laisné, marchand au Puybelliard (Vendée). Ce dernier, soucieux de protéger ses réserves, n’évite pas cependant le pillage et l’incendie de ses magasins par des insurgés, réduits quasiment à la mendicité et au chômage depuis la guerre des Amériques et le blocus anglais des ports atlantiques. Alors qu’il prend la direction de la Rochelle et se place sous la protection des autorités républicaines, son épouse, elle, ne tarde pas à rejoindre le camp vendéen adverse installé au château de l’Oie, où son ardeur et sa témérité la transforment rapidement en égérie locale. Le passage Outre-Loire de l’essentiel des forces insurgées autorise l’administration républicaine à tenter des coups de main ou rapts des rebelles les plus notoires. Comme beaucoup d’insurgés restés au pays, elle va de métairie en métairie, en évitant d’être surprise. Revenant du Forgineau à Saint-Amant-sur-Sèvre, où Alexis Salomon de Lépinay possède une maison noble, elle est arrêtée sur la paroisse de Tillay, le 30 novembre 1793, par cinq volontaires de la garde nationale du Boupère, aux ordres du maire Henry-Radegonde Biraud et interrogée le jour-même par ce dernier. Elle déclare être restée vivre chez elle, depuis le 14 mars dernier, jusqu’au moment où l’armée patriote a incendié sa maison. Elle convient s’être habillée parfois en homme, pendant l’insurrection, pour être plus libre pour se sauver et que si on l’appelait le chevalier Adam, ce n’était pas de son initiative. Elle avoue également être allée au Pont-Charron, sans y monter la garde toutefois et être allé, une fois, au camp de l’Oie, habillée en homme, y avoir vécu quelques jours, en compagnie des chefs Beaurepaire, de Verteuil et Baudry. Elle reconnaît avoir disposé d’un sabre et de deux pistolets, lorsqu’elle allait aux attroupements, sans en avoir fait mauvais usage, avoir effectivement enlevé et fait conduire chez elle, dans l’espoir de les sauver du pillage des brigands, en ce qu’elle passait pour aristocrate, les linges, foins, grains, vins, etc, qui appartenaient à sa belle-mère. Elle convient également être allée quelques fois à Châtillon, pour y chercher son nécessaire, mais nie avoir offert 4000 livres au brigand qui lui apporterait la tête de son mari, pillé ou fait enlever plusieurs effets et linges, chez les bons citoyens du Puybelliard ou encore excité ou engagé quiconque à aller au combat. Après avoir signé son interrogatoire, sans trahir la moindre émotion, elle est conduite le 2 décembre, dans les prisons de la Châtaigneraie. Le directoire local, animé par Jean-Louis Chaigneau, commissaire départemental, la dirige sur Fontenay deux jours plus tard. Interrogée, le 5, à son arrivée à Fontenay, elle dit avoir quitté sa maison, lorsque celle-ci fut incendiée et depuis cette époque, s’être caché de métairie, en métairie, s’être habillée en homme, pour voyager plus commodément. Elle convient être allée trois jours, à l’Oie, y attendre Verteuil pour lui demander permission de vendre les marchandises de son mari, réfugié à la Rochelle et qu’elle se faisait passer pour aristocrate, pour tâcher de sauver les marchandises, qu’elle continuait à commercialiser, car Charles Chalouineau, de la Flocellière, dans son interrogatoire du 7 décembre, avoue être aller chez elle, au Puybelliard, se ravitailler en huile. Elle convient également, avoir porté, un sabre, un jour seulement et sans en faire usage, uniquement pour sa sûreté, ayant une valise pleine d’assignats et ajoute qu’elle avait trouvé, aussi, deux pistolets, mais ne sachant pas manier les armes, elle les avait jetés au-dessus d’un buisson. Si elle a fait transporter les effets de sa belle-mère, c’est seulement pour les sauver, comptant bien lui rendre. Elle nie absolument avoir offert 4000 livres, à qui lui apporterait la tête de son mari, qui lui doit une rente de 450 livres, provenant de la dot que la famille de Lépinay, lui avait faite. Elle se refuse à signer cet interrogatoire. Dans une lettre à la commission militaire, le 11 décembre, le maire de Chantonnay, Guicheteau et l’officier municipal, Rouillon, dressent un véritable réquisitoire, en écrivant qu’elle est convaincue d’avoir participé aux révoltes et brigandages, qui ont eu lieu dans la Vendée, d’avoir monté la garde au Pont-Charron- frontière symbolique du pays insurgé- habillée en homme, ayant une ceinture blanche autour d’elle et d’y avoir commandé, différentes fois, d’avoir été à l’Oie, avec Verteuil et autres chefs, à cheval, d’avoir porté la cocarde blanche, d’avoir obligé tout particulier, à l’appeler, le chevalier Adam, d’avoir voyagé, à Châtillon, Mortagne et autres lieux, occupés par les rebelles, pour annoncer aux chefs, que son mari et sa famille, étaient des scélérats de patriotes et qu’elle allait prendre possession de tous leurs biens, d’avoir pillé, fait piller et vendu, à vil prix, toutes les marchandises qui étaient dans les boutiques et magasins de sa belle-mère, d’avoir enlevé, tous les meubles, linges et autres effets, sans exception, d’en avoir fait transporter, ainsi que des bestiaux, dans les paroisses de Saint-Paul, Treize-Vents et la Petite Boissière et autres lieux, d’avoir vendu et donné les foins, grains, vins et autres denrées, d’avoir offert une somme de 4000 livres, aux brigands, pour couper la tête à son mari, d’avoir, en un mot porté les armes, contre la république et de s’être toujours comportée comme une brigande. La commission militaire, présidée par Jean-Jacques Baussay, capitaine de l’artillerie légère, assisté des juges Lasalle et Faurès, capitaine, commandant le bataillon de Saintes, le 21 décembre, se contente de reprendre la déclaration de sa commune, pour la condamner à la peine de mort. Ses biens sont confisqués et elle est fusillée le soir-même, derrière le minerval, avec un huissier de Fontenay. [Sources : Délibérations municipales Fontenay-le-Comte]

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